La Broderie Ruban vue par les Japonaises Michiko Nomura et Yukiko Ogura

 

Ma rencontre avec Michiko Nomura

Je ne pouvais pas parler du Japon sans vous raconter ma rencontre inoubliable avec l’artiste textile japonaise Michiko Nomura.

Fleurs en broderie ruban par Michiko Nomura 2

Cette rencontre date de plus de 10 ans, mais elle m’a tellement impactée que j’ai l’impression que c’était hier ! A l’époque, j’intéressais énormément à la peinture japonaise et je commençais à découvrir l’art textile. Quand je suis allée à cette exposition où Michiko Nomura exposait avec son amie Ina Statescu, je ne m’attendais pas à vivre ce que j’allais vivre. L’exposition avait lieu à Paris et j’y allais par pure curiosité, pour me détendre après le travail.

Ce jour là, j’ai reçu une véritable claque visuelle en découvrant l’œuvre de Madame Nomura. Je ne pensais pas que c’était possible de faire de la poésie avec une aiguille ! Et pourtant … c’est le cas ! La technique utilisée par l’artiste est la broderie au ruban de soie. Elle intègre également la feuille d’or dans ces œuvres. Sur ce dernier point, on sent l’influence de sa culture japonaise car utilisation de l’or dans l’art japonais est assez courante et permet de jouer avec la lumière. 

Sa rencontre avec Ina Statescu a commencé autour d’un peintre que j’aime énormément : Claude Monet, lors de l’exposition “Dans la lumière de Giverny” qui rendait hommage au peintre français. Je reconnais d’ailleurs le jardin de Claude Monet à Giverny dans cette magnifique broderie ci-dessous. 

Jardin de Giverny en broderie ruban Michiko Nomura

A partir de là, s’est créée une véritable amitié entre les deux femmes.   

Quand j’ai rencontré Michiko Nomura, je me suis sentie tout de suite à l’aise. Ce qui est assez facile quand quelqu’un vous accueille avec un immense sourire chaleureux. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui incarne autant la gentillesse qu’elle ! Nous avons discuté en anglais, j’ai tenté de dire quelques mots en japonais, mais visiblement la prononciation était trop mauvaise pour qu’elle puisse comprendre … Mais ça l’a fait beaucoup rire ! Elle m’a donné sa carte de visite, ce qui m’a fait un peu paniquer car je savais qu’il y a tout un protocole à respecter quand on reçoit une carte de visite japonaise mais je ne me rappelais plus de ce qu’il fallait faire. Donc j’ai reçu cette carte de façon probablement très maladroite, mais étant une femme intelligente, elle ne m’en a pas tenue rigueur. Elle m’a dit de venir la voir au Japon. Hélas, je n’ai pas eu le temps de le faire car depuis l’artiste s’en est allée. Elle a quitté notre planète bleue et je l’imagine maintenant enchanter d’autres mondes. 

Oiseau en broderie ruban par Michiko Nomura

Ina Statescu lui a rendu hommage dans son livre “La Cinquième Saison” dont sont tirées les photos des œuvres de Michiko, et je remercie beaucoup Ina de m’avoir donné l’autorisation de les utiliser pour écrire cet article.

 

Faire ses premiers pas en Broderie Ruban grâce à Yukiko Ogura

En voyant les magnifiques créations de Michiko, j’ai eu envie de pratiquer la broderie au ruban. C’est en cherchant un livre permettant d’apprendre les bases de cette technique que j’ai découvert une autre brodeuse japonaise : Yukiko Ogura. Grand maitre de broderie au Japon, Yukiko Ogura est très connue dans son pays.

Yukiko Ogura a également une belle histoire d’amitié avec la France, en effet elle a entretenu une correspondance textile avec l’artiste plasticienne Fanny Viollet. Cette correspondance a donné lieu par la suite à une exposition “De Fil en Aiguille, au Fil de la Plume”.  

Elle a écrit de nombreux livres. Celui que j’ai acheté s’appelle : “Broderie Ruban, les points de base”.  Son livre m’a l’air très clair et est très beau.

D’après mes petits essais en broderie ruban, je retiens que le matériel joue un rôle considérable. Il faut vraiment utiliser des rubans “spécial broderie” (et non pas les rubans ordinaires) et une aiguille spécialement conçue pour ce type d’ouvrage. Sinon beaucoup de points sont semblables à la broderie traditionnelle sauf que le rendu est plus spectaculaire car le ruban est plus volumineux que le fil.

Après je vous avoue que pour l’instant je n’ai pas encore utilisé ce livre très sérieusement, par manque de temps. Ce sera probablement mon prochain défi : utiliser réellement les livres que j’ai achetés Sourire et il y en a … !  

A Bientôt !

Le Tissage Japonais

 

Le tissage est une activité qui accompagne la quasi totalité de l’humanité et cela depuis les prémices des civilisations. Je me suis donc intéressée au tissage Japonais en espérant découvrir des choses particulières et je n’ai pas été déçue Sourire

Tissage Japonais Contemporain

Ma découverte du tissage japonais commence par ma rencontre avec Yukiko Yokoyama, créatrice et enseignante Japonaise, qui en 1977 a fondé un atelier de teinture et de tissage Yumeoribito (ce qui signifie : tisseurs de rêve). Dans cet atelier, les fils sont teints à la main avant d’être tissés. Le tissage réalisé est vraiment extraordinaire car il est en forme de vagues ! 

Yukiko Yokoyama tisseuse japonaise

Lors de mon initiation au tissage, j’ai appris que les fils constituant les tissus se croisent de façon perpendiculaires. Mis à part les tissus en maille, la majorité des tissus de notre vie quotidienne sont fabriqués comme j’ai appris à le faire avec Olivia Lopez. Je me demandais comment cela était possible de réaliser ce type de vagues en tissant.

métier à tisser de Yukiko Yokoyama

En fait, Yukiko a développé sa propre technique de tissage afin d’obtenir ces fameuses vagues. Elle a inventé des armures différentes dont le très singulier Yorokeori (ori signifiant tisser) . Pour obtenir une ondulation des fils de chaine, elle utilise un peigne spécial : le Yoroke.

Je vous invite à voir cela dans une courte vidéo.

tissage japonais

Face à ses tissus faits à la main aux rayures verticales dansantes, j’ai l’impression d’être face à des œuvres d’art contemporaines.

tissage japonais contemporain

 

Sakiori 

Mon exploration du tissage japonaise se poursuit par la découverte du Sakiori. Il s’agit d’une technique de tissage qui permet de recycler de vieux vêtements.

Les paysans japonais ont inventé cette technique à l’époque Edo où le coton était très cher. Cela leur permettait de faire des couvertures ou des vêtements de travail chauds et résistants.

Le vêtement à recycler est déchiré sous forme de bandes (comme des rubans fins, d’environ 3 mm), puis il est enroulé en pelotes (appelées nuki).

Les nukis vont être utilisés comme fils de trame, les fils de chaines sont constitués de fils de chanvre ou de coton. Ensuite, le tissage se fait de façon classique comme j’ai appris à le faire avec Olivia.

Le tissu obtenu par cette méthode est normalement d’aspect imparfait avec des épaisseurs, des bosses, des couleurs passées… Mais la créatrice Hana Mitsui a utilisé le sakiori pour fabriquer des tissus dignes de la haute couture !

 

Kumihimo

photo de sayo ts tissage

Le kumihimo n’est pas vraiment du tissage au sens strict, car il s’agit d’une technique de tressage. Le principe est de tresser 3 fils ou plus qui se croisent alternativement en oblique. Cet art japonais est extrêmement ancien : il date de 10 000 ans avant JC ! Il est utilisé pour faire des rosaires bouddhiques, pour orner des sculptures et il sert également de cordon pour les obis (ceintures des kimonos). 

Kumihimo

Pour réaliser ce type de tressage il faut un disque central. En DIY, cette technique permet de fabriquer des bijoux comme des bracelets. Si vous habitez proche de Paris, vous pouvez apprendre le kumihimo à l’Atelier Soleil Tissant (www.lesoleiltissant.com).  

Pour Finir …

Voilà cette petite exploration textile au Japon est finie pour aujourd’hui ! A bientôt pour de nouvelles aventures Sourire !

Comment pratiquer le Shibori ?

 

Dans mon précédent article, je vous ai expliqué ce qu’était le Shibori. Maintenant, voyons comment le pratiquer soi-même, grâce à Magali Bontoux, spécialiste des teintures végétales, qui m’a enseigné quelques techniques.

Bien sûr, il ne sera pas possible d’aborder la cinquantaine de techniques de Shibori ! Mais cela vous donnera quelques pistes pour décorer vos tissus grâce à la teinture. 

LE MATERIEL

La teinture

Pour pouvoir teindre vos tissus, il faut tout d’abord une cuve de teinture. Le pigment phare du Shibori est l’indigo ! Mais d’autres couleurs sont possibles. Si vous êtes un puriste et que avez du temps devant vous, vous pouvez faire votre propre cuve d’indigo naturelle, pour vous aider, je vous renvoie à mon article Comment faire un bain de teinture d’indigo naturel.

Autrement, vous avez d’autres possibilités comme par exemple les teintures en machine prête à l’emploi ou les teintures au procion (c’est une teinture à faire soi-même à partir de pigments en poudre, ça demande du temps aussi mais c’est un peu moins long que les cuves naturelles). 

Les outils pour réaliser les dessins sont multiples :

Shibori matériel

des formes en bois  : Vous pouvez détourner celles destinées au scrapbooking. Pour créer un style japonais, vous choisirez des éléments qui rappellent leurs dessins traditionnels comme par exemple des papillons de forme épurée… 

des grosses pinces

de la ficelle

des élastiques

des morceaux de tube de PVC

des pinces à linges en bois

 

QUELQUES TECHNIQUES DE SHIBORI

Une fois que la cuve de teinture est prête, il est temps de préparer les tissus grâce aux techniques de Shibori.

La première chose à faire est de mouiller le tissu à teindre avec de l’eau claire. Ensuite, plusieurs techniques sont possibles en fonction de ce que l’on souhaite faire. 

Pour créer des effets de vagues :

On roule le tissu mouillé autour du tube de PVC. On entoure l’ensemble avec des élastiques, ce qui permet de maintenir le tissu sur le tube. Puis on fait glisser le tissu sur le tube (de l’extérieur vers l’intérieur) de façon à créer des plis. Au moment de la teinture, les élastiques et les plis protègeront certaines zones du tissu qui garderont leur couleur initiale. A la fin du processus de teinture, des motifs en forme de vagues apparaitront.

Faire du shibori avec un tube de PVC

 

Pour créer des dessins symétriques :

On plie le tissu de façon symétrique. Une fois qu’il est plié, on applique des pièces en bois de différentes formes (papillons, fleurs ect…). On maintient fermement les formes en bois grâce à de grosses pinces. Cela va empêcher la teinture d’atteindre le tissu en dessous du bois et après la teinture le dessin va apparaitre, en négatif.

Les pinces à linge en bois vont non seulement maintenir les plis mais en plus créer des motifs à l’endroit où ils sont en contact avec le tissu. Il est important de prendre du bois car le bois absorbe la teinture, ce qui n’est pas le cas du plastique.  

Shibori préparation

 

Pour créer des dessins en forme de toile d’araignée :

On coiffe une tige en bois (de type pique à brochette en bois) d’un petit carré de tissu, en faisant correspondre la pointe de la tige au milieu du carré. On enroule la tige avec le tissu en le tordant bien et on enlève cette tige. En maintenant la tension du tissu, on l’enroule avec de la ficelle en commençant par la pointe. Il s’agit de la technique du Kumo Shibori typique d’Arimatsu où l’on crée un dessin régulier en forme de toile d’araignée (kumo signifiant toile d’araignée en japonais) qui se révèle après la teinture. 

Les étapes finales :

Une fois que le tissu a été préparé par la technique de votre choix, on le met dans la cuve de teinture ou à la machine à laver en fonction de la méthode de teinture choisie. Je déconseillerais la teinture à la machine avec les formes en bois, par contre.

Une fois que la teinture est faite et fixée, on le remet le tissu à plat. On le rince à l’eau claire et on le laisse sécher. Ce qui est génial c’est le résultat sera toujours unique et plein de surprises …

tissu teint avec la technique du Shibori

 

Pour conclure …

Je trouve génial de pouvoir rendre unique le plus humble morceau de tissu. Dommage que je manque de temps actuellement car j’ai très envie de faire toute sortes d’expérimentations avec la teinture.

Je voudrais adresser un immense MERCI à Magali Bontoux pour tout ce qu’elle m’a appris, pour sa gentillesse et sa générosité Sourire ! Si cela vous intéresse, elle réalise des stages et des ateliers de teinture végétales. Elle vend également ses tissus teints à la main. Vous pouvez retrouver toutes les informations sur son site www.lherbieracouleur.com.

De notre côté, on se dit à bientôt !

Le Shibori : de la teinture à la sculpture

 

Teindre le tissu en faisant des réserves est une pratique très ancienne qui existe sur l’ensemble du globe. Les techniques varient en fonction de l’environnement et des sociétés (avec quand même des similitudes) et portent différents noms : Tye and Dye en Europe, Banda en Afrique …

Au Japon, la technique de teinture à réserve s’appelle le Shibori. Les villes nipponnes associées au Shibori sont : Arimatsu, où traditionnellement on travaille le coton et le lin et Kyoto, célèbre pour ses somptueuses soies teintes. Ces étoffes étaient utilisées pour confectionner les kimonos et les habits des samouraïs.

Shibori kimono

Kimono teint au Shibori à Arimatsu (photo de Bong Grit)

Le principe du Shibori

Le mot Shibori vient du verbe japonais Shiboru qui signifie “réduire le volume au maximum, tordre, serrer, presser …”

L’objectif du Shibori est de préserver certaines zones du tissu afin qu’elles ne soient pas touchées par la teinture et gardent leur couleur originelle. Pour cela, il existe environ une cinquantaine de techniques qui consistent : à nouer le tissu avec du fil, à faire des boucles, des ligatures, des coutures, des drapés, à le presser contre des morceaux de bois …

Ce qui me fascine dans la Shibori c’est la possibilité de faire des dessins très précis (comme sur la photo du noren en dessous) d’ailleurs l’objectif est de donner l’impression que le tissu a été peint à la main et non pas teint.

Shibori Arimatsu

Noren teint avec la technique du Shibori à Arimatsu (photo de Bong Grit)

Le Shibori : un art en voie de disparition ?

Artisan pratiquant le shibori

Artisan Japonais à Arimatsu (photo de Naukhel)

Hélas, ces techniques ont tendance à disparaitre avec les artisans, qui sont maintenant pour la plupart âgés. En effet, les Japonais portent de moins en moins de kimonos et par conséquent les fabricants d’étoffes traditionnelles ont peu de débouchés économiques.

Comment faire pour que cet art ancestral ne se perde pas ? A cette question, plusieurs réponses émergent : l’art, la mode, le DIY…

En effet, quelques artistes ont décidé de se battre pour promouvoir ces techniques pour éviter qu’elles ne disparaissent. Dans cet objectif, ils ont créé en 1992 le Symposium international de Shibori ce qui donne lieu à des expositions textiles internationales et crée une émulation autour de cette technique.

Le grand styliste japonais Yohji Yamamoto a rendu hommage à cette technique dans les magnifiques collections automne hiver 1994-1995 et printemps été 1995.

Nous aussi, si nous le voulons, nous pouvons contribuer à sauvegarder de l’art de Shibori ! Pour cela c’est très simple : en l’apprenant et en le pratiquant Sourire !

 Une autre façon de pratiquer le Shibori …

J’ai été très surprise de voir que le Shibori pouvait être détourné de sa fonction de teinture afin d’exploiter le coté tridimensionnel qu’il donne aux tissus.

J’ai découvert cela grâce à ma rencontre avec Sabine Hautefeuille, illustratrice et designer textile. Inspirée par ses voyages, elle a exploité l’aspect 3D du Shibori pour en faire de magnifiques sculptures textiles. Elle a eu également la gentillesse de se laisser filmer pour parler elle-même de son travail ! Je vous invite également à voir ses illustrations sur son site www.sabine-hautefeuille.fr.

Shibori par Sabine Hautefeuille

Voile de Chine et Etoiles création textile en Shibori de Sabine Hautefeuille

Le hasard d’internet m’a fait découvrir le travail de l’artiste anglaise Michelle Griffiths. Elle explore les différentes possibilités du Shibori pour créer des sculptures textiles contemporaines. Je vous invite à voir ses œuvres sur le site www.shibori.co.uk.

 

shibori Griffiths

Mantra Griffths

Sculptures en Shibori de Michelle Griffiths

 

Cette utilisation inhabituelle du Shibori n’est pas seulement réservée à l’art mais peut être également appliquée à la décoration. D’ailleurs, l’entreprise Suzusan utilise les propriétés tridimensionnelles du tissu pour créer des luminaires originaux. Le revêtement textile des lampes est en polyester, qui suite à un traitement thermique au cour du “processus Shibori”, garde sa forme même après lavage. Vous pouvez voir leur travail sur leur site www.suzusan.com. Dans la rubrique “download” vous pouvez télécharger leurs catalogues, ils sont intéressants car ils montrent les extraordinaires possibilités décoratives offertes par le Shibori.

Le mot de la fin

Je ne sais pas pour vous, mais tout ça me donne envie d’expérimenter cette technique !  Plusieurs pistes sont à explorer : la couleur, les dessins, la sculpture…. De façon très prosaïque, j’aimerais bien utiliser cette technique pour embellir mon linge de maison ou fabriquer mes propres lampes !  Promis, dès que j’ai le temps de m’y mettre je vous montre ce que cela donne Clignement d'œil

A Bientôt !

ARTEXTURES

Aujourd’hui, je m’écarte un peu de mon défi mais je reste dans la thématique de l’exploration.

Marie Wolf Eclat de Corail

Qu’est qu’il y a derrière le mot étrange d’Artextures ? En fait, il s’agit d’une association qui a pour but de promouvoir l’innovation et l’évolution dans de domaine de l’art textile. Elle est une sorte de filiale de France Patchwork, et s’adresse plus particulièrement aux personnes qui aiment transgresser les règles des techniques textiles traditionnelles. 

Que fait cette association ? Elle organise tous les deux ans un concours international sans thème imposé qui permet à chaque artiste d’exprimer, comme il le souhaite, son propre univers. Toutes les techniques et matières sont autorisées à condition bien sûr qu’il y ait un lien avec le textile.

Par exemple, l’artiste Ezster Bornemisza a choisi du papier de murier, du papier journal déchiré, des câbles et de la peinture pour s’exprimer.

Ezster Bornemisza 

Anne Guibert Lassale a réalisé un portait à l’huile sur des bandes de tissus tricoté, et le résultat est impressionnant !  

Anne Guibert Lassale Portrait de Pierre

Dans son œuvre “Crossing times”, l’artiste Chiaki Dosho a utilisé des kimonos anciens en soie pour créer une œuvre à l’aspect très végétal, pour moi.

Chiaki Dosho Crossing times 7

Les œuvres en 3D sont également possibles ! C’est la piste suivie par Diane Bonan pour réaliser sa sculpture “Tatouage” en fil de fer et en fil à coudre.

Diane Bonan Tatouage

J’aime beaucoup ces approches axées sur la liberté et la créativité !

Jusqu’au 31 mars il est possible de participer à la neuvième édition de leur concours. Pour avoir plus d’information sur les modalités, je vous invite à aller sur leur site de France Patchwork.

J’espère que cet article vous a donné envie d’explorer de nouvelles pistes textiles !

A Bientôt !

Zoom sur l’artiste textile américain Jason Pollen

Jason Pollen, originaire de New York, vit depuis trois décennies à Kansas City où il a enseigné l’art, notamment dans le département textile. La première fois qu’il a utilisé le textile dans son travail c’était à Paris en 1966. Il n’avait pas assez d’argent pour acheter suffisamment de peinture pour peindre sur une grande toile. En se promenant dans un parc, il a trouvé des brindilles et a eu l’idée de les fixer sur un immense tissu. C’est ainsi qu’il fit la première version de son œuvre “Ancêtres”. En 2014, il reprend ces mêmes brindilles parisiennes stockées depuis plus de quarante ans pour créer la nouvelle version d’“Ancêtres”. 

Jason Pollen Ancêtres

“Ancêtres” de Jason Pollen

Lors d’une séance de Tai Chi en extérieur au milieu de trembles, quelqu’un dit à l’artiste que son énergie ressemblait aux arbres qui les entouraient. Cette réflexion fut comme un déclic. De retour chez lui, l’artiste décida de mettre du mouvement dans son travail. Aussi son œuvre est inspiré par le vacillement des feuilles de trembles et les mobiles d’Alexander Calder.  

Jason Pollen Descendants

“Descendants” de Jason Pollen

Les mobiles réalisés avec du tissu, des graines et des brindilles recouvertes de fils colorés sont accrochés suffisamment loin du mur pour créer des ombres qui font partie elles aussi de l’œuvre.

J Pollen détail

Jason Pollen détail 2

L’artiste est un danseur de tango, qui est une danse qui exprime la connexion entre deux êtres. En regardant les deux œuvres “Ancêtres” et “Descendants” placées à côté, on ressent leur connexion, leur dialogue silencieux. L’absence de mouvement dans “Ancêtres”, les traces blanches des brindilles sur la toile donne l’impression de quelque chose de figé dans le temps, de passé. On a presque l’impression qu’il s’agit du résultat d’une fouille archéologique. Alors que “Descendants”, par son mouvement, exprime la vie. Les couleurs gaies et le côté ludique évoquent l’enfance. Les ombres créées parlent de l’instant présent car elles dépendent du mouvement des mobiles et de la lumière de la pièce ici et maintenant.

Je trouve intéressant de voir comment avec un peu de tissu et des éléments de récupération comme des brindilles, on peut créer une œuvre mystérieuse, comme un code secret, qui mène vers une réflexion sur la vie.

Si vous êtes intéressé par l’œuvre de cet artiste vous pouvez aller visiter son site www.jasonpollen.com, il est vraiment très intéressant.

J’espère que cet article vous aide à stimuler votre créativité et à porter un regard différent sur les petits bouts de tissus qu’il vous reste si vous faites de la couture : pourquoi ne pas en faire une œuvre artistique ?

A bientôt !

Le Tissage Maya avec Olivia Lopez

 

Je vous propose une escale en Amérique Centrale plus particulièrement chez les Mayas. Cela fait 3000 ans que les femmes mayas tissent de superbes étoffes à l’aide d’un métier à tisser qui s’attache à la taille et à un poteau. Le tissage est pour ce peuple un acte sacré.

Tisseuses Mayas Tisseuses Mayas photo de Miquel Dewever

Je me suis donc initiée au tissage maya avec l’artiste textile Olivia Lopez.

Tissage avec Olivia Lopez

Olivia Lopez

Mon objectif était de mieux comprendre comment on fabrique un tissu et aussi de gouter un peu à la culture maya qui m’a toujours fascinée.

Le Matériel :

– Dans le cadre de l’atelier, nous avons utilisé un petit métier à tisser en bois plus facile à transporter (et à trouver) que les métiers traditionnels mayas

métier à tisser en bois

– de la laine d’Espagne est utilisée comme fil de trame (fils horizontaux)

laine d'espagne

– du fil qui va être le fil de chaine (fils verticaux).

Fils pour tissage

Ce type de fil peut être également utilisé comme fil de trame en début et fin d’ouvrage.

Le principe du tissage : est d’entrecroiser perpendiculairement les fils de chaine et les fils de trame.

Etape 1 : Installation des fils de chaine

 tissage installation des fils de chaine

Pour installer les fils de chaines, nous coupons deux lots de 14 fils de même longueurs que nous attachons aux extrémités du métier.

fils de chaine attachés

Voici comment sont organisés les deux séries de fils : les fils supérieurs sont dans les grandes encoches et les fils inférieurs dans les petites.

organisation des fils de chaine

Etape 2 : Réglage de la tension des fils

Avant de tisser il est important que les fils de chaine soient bien tendus. On peut jouer sur la tension de ces fils grâce au cadre, en le tournant légèrement. 

réglage de la tension du fil

Etape 3 : Le tissage

Nous commençons à tisser avec du fil, puis nous le faisons avec de la laine. C’est donc l’étape cruciale du choix des couleurs !

début du tissage   

L’aiguille à tisser sert faire passer le fil de trame facilement. La navette permet de bien séparer les fils. Nous faisons des lignes de fil de gauche à droite puis de droite à gauche. A chaque changement de sens, nous abaissons ou remontons la partie en bois organisant les fils de chaine.

changement de sens de tissage

Le petit peigne permet de tasser les fils de trame.

Etape 4 : La réalisation des dessins

Une des caractéristiques du tissage Maya est d’intégrer des dessins inspirés de leur vie quotidienne ou de leur mythologie dans la trame du tissu.

Patron dessin tissage maya

Patron du dessin de tissage maya

Pour cela, on s’aide d’un patron pour savoir où on va mettre le fil permettant de faire le dessin.

réaliser un dessin en tissage

Avec la navette, on va soulever uniquement les fils de chaine derrière lesquels on va passer le fil de trame aux endroits définis par la patron. 

Comme j’étais un peu lente, je n’ai pas fait le dessin en entier…

Etape 5 : Finition

Lors que le tissage est fini, il faut alors enlever l’ouvrage obtenu du métier et nouer les fils de chaine.

Voici ce que nous avons obtenu à la fin de l’atelier mes voisines et moi :

Tissage Maya à la fin de l'atelier

Pour ma part, même si j’ai été la moins productive, cette activité m’a demandé énormément de concentration. C’est peut-être parce que c’était la première fois que je tissais. En tout cas, je tire mon chapeau aux tisseurs !

J’ai beaucoup aimé ce cour avec Olivia Lopez qui est très chaleureuse et pédagogue. Si vous voulez prendre des cours avec elle, vous pouvez la retrouver à Paris dans la maison artistique Rrose Sélavy qui propose différentes activités artistiques pour les enfants et les adultes, et se trouve au 5 rue Fromentin 75009 Paris.

Elle sera présente également au prochain Salon de l’aiguille en fête pour animer des ateliers et le tissage d’un tapis sur un métier à tisser de plus de 2 m, auquel tout le monde peut participer ! Et comme les passionnés du fil ont en général un grand cœur : ce tapis sera offert à une association.

J’espère que cet article vous a inspiré et vous a donné envie d’activer vos dix doigts ! Si c’est le cas, partagez cet article avec vos amis Sourire !

A bientôt !

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Ma participation au Projet Patch “Voyage dans le Grand Nord”

 

Dans un précédent article, je disais que je voulais participer à l’exposition collective d’art textile organisée par Sylvie et Marion Breton : mission accomplie ! Je viens de recevoir un message de Sylvie disant que mon petit carré était bien arrivé et qu’il sera exposé au salon de l’Aiguille en Fête en février prochain.

Je vous le dévoile en avant-première ! Je me suis inspirée du Grand Nord canadien car (ça y est !…) l’exploration du contient américain a commencé …

Voyage dans le Grand Nord Projet Patch Art textile 2017

Tout est parti d’une de mes aquarelles où j’imagine l’être humain faisant la paix avec la nature, en ces temps où de trop nombreuses espèces (dont l’ours polaire) sont menacées d’extinction.

Voyage Grand Nord aquarelle

J’ai imprimé mon aquarelle sur du lutradur qui est du non-tissé 100 % polyester, utilisé à la base dans l’industrie automobile. Je me suis trompée dans le paramétrage de l’imprimante ce qui fait l’image était trop grande… Mais (contre tout attente) j’ai trouvé le résultat de mon erreur harmonieux, donc j’ai utilisé l’image comme ça ! De plus en me centrant sur l’ourson je pourrais faire un clin d’œil à la constellation de la Petite Ourse qui indique le nord …

J’ai cousu des chutes de dentelle blanches sur du feutre gris sombre, car parfois le givre me fait penser à de la dentelle. J’ai embelli le tout avec des plumes blanches, des paillettes argentées et des pierres naturelles (cristal de roche et labradorite), car je voulais exprimer la magie des paysages enneigés.

Au moment où je cousais les pierres sur mon petit carré, j’ai pensé à toutes personnes qui allaient voir mon travail, aux ours polaires, à la nature … J’ai eu alors le cœur rempli d’amour universel, compassion et de gratitude ! Cela guidait mes mains et me donnait envie de faire de mon mieux.

Voici les liens pour pouvoir suivre le projet Patch, et (pourquoi pas) y participer également :

www.festivaltextile.blogspot.fr
www.facebook.com/festivaltextile
http://instagram.com/patch_festival_textile

Je suis très heureuse de partager cela avec vous !

A bientôt ! 

Recherches utilisées pour trouver cet article :PATCH 2017 avec Sylvie Breton

Mon intention : croire en l’Humanité

 

Pour commencer cette année 2017, je vais écrire un article un peu différent pour marquer le coup !

Depuis quelques années, j’ai l’impression que tout porte à ne plus croire en l’humanité : entre les guerres, les attentats, le réchauffement climatique, les extinctions d’espèces, les attaques contre la liberté, l’immense inquiétude pour le sort des générations futures…

Et malgré tout, si on se mettait envers et contre tout à croire en l’humanité ? C’est à dire : si on avait l’intention de croire que nous pouvions évoluer, élever notre niveau de conscience, réparer les erreurs et construire quelque chose de positif pour le bien de toutes les espèces habitant sur cette planète ? Peut-être que de cette nouvelle croyance, à contre-pied de ce que nous servent les médias, pourraient naitre des actions …

C’est en ayant cela en tête que j’ai créé le tableau textile : “Les Rêves sont les Germes de l’Action”. L’idée est de s’inspirer de personnes d’horizons divers et variés.

tableau textile les Rêves sont les germes de l'action

J’ai peint les portraits de Martin Luther King, de Jane Goodall, Maggy Barankitse, Valentin Gruener, Théodore Monod, Malala Yousafzai et Davide Martello car ils ont d’une façon ou d’une autre cru en leur rêves, ce qui les a poussé à agir. Pour moi, la clé de leur rêve est l’Amour, dans le sens spirituel du terme.

Quand je pense à Martin Luther King, je me dis que finalement l’humanité a progressé entre son époque où il y avait la ségrégation raciale aux Etats Unis et maintenant où seulement l’idée est choquante… Quand je pense à Jane Goodall et Valentin Gruener, je me réjouis à l’idée qu’au lieu de partir en Afrique pour ramener des trophées de chasse, certains européens y vont pour mieux comprendre les animaux et les aider. Ce qui à une époque aurait été inimaginable ! Maggy Barankitse et Davide Martello, pour moi, symbolisent la lueur d’espoir au cœur de l’enfer. Malala Yousafzai me fait penser à tous les progrès qui ont été faits concernant les droits des femmes et à tout ce qui doit être encore fait partout dans le monde.

détail tableau textile les rêves sont les germes de l'action

Nous avons encore d’énormes progrès à faire, j’aime la phrase de Théodore Monod : “L’Utopie n’a jamais été essayée !”. En grand pacifiste, il jeunait tous les ans pour protester comme la bombe nucléaire et écrivait tous les ans au président de la République pour avoir un hymne national français pacifique. Effectivement, il y a encore un bon bout de chemin à parcourir …

J’imagine l’intelligence collective humaine comme un immense réseau de neurones plus particulièrement les neurones miroirs qui sont activées lorsque nous imaginons des actions. Ce sont les réseaux de neurones qui m’ont inspirée ce “tissage perlé”.

Peut-être par effet miroir, nous pourrions nous aussi avoir envie d’impacter positivement cette planète ?

Pour finir, voici une vidéo montrant Valentin Gruener : l’utopie est peut-être déjà en marche après tout Sourire

Tout est possible !

Passez une merveilleuse année inspirante et partager avec vos amis !

A bientôt !

Mes premiers pas en Art textile avec Ina Georgeta Statescu

 

résultat cour art textile d'Ina Statescu

Mon premier tableau d’art textile réalisé lors d’un cour avec Ina Statescu

Dernièrement, je vous avais dit que je ne voulais pas “quitter” l’Europe avant de vous parler de certains créateurs qui m’ont beaucoup impactée. Ina Georgeta Statescu fait partie de ces personnes qui ont probablement changé ma vie, ça a l’air exagéré comme propos, pourtant c’est vrai ! La découverte de son travail ont fait qu’après je n’étais plus la même personne ! Déjà l’émerveillement que me procure ses tableaux textiles m’a permis de prendre conscience qu’il était possible de faire des choses extraordinaires avec du simple tissu. Derrière l’artiste, il y aussi la femme de cœur. Il se dégage d’Ina beaucoup de douceur, de chaleur et de générosité. Elle m’a mise en confiance et m’a donné envie de m’y mettre… Avant j’osais à peine toucher à une aiguille et si je le faisais c’était dans un but purement utilitaire.

Tableau textile réalisé lors d'un cour avec Ina Statescu (détail)

En quelques mots, je vous parle un peu d’elle. Ina est née en Roumanie, pays aux grands traditions de broderie, et c’est à Bucarest qu’elle a étudié l’art textile orienté vers la mode. Puis elle est venue vivre en France et a notamment collaboré avec la Maison Azzaro. Je trouve touchant qu’elle cite un dicton de son pays lorsqu’elle parle de son expatriation : “Le premier amour, on ne l’oublie jamais; le deuxième est toujours plus fort que le premier.” Quel honneur pour la France, en tout cas ! En réalité, il y a quelque chose d’universel dans le travail d’Ina, d’ailleurs lors d’une exposition dans les salons de l’UNESCO à Paris les visiteurs étrangers (venant d’Inde, de Turquie, du Japon, de Grèce …) croyaient reconnaitre une vision moderne de la broderie traditionnelle de leur pays.

J’ai donc pris un cour avec elle et c’est là que j’ai réalisé le tableau textile dont vous pouvez voir les photos dans cet article. Le principe technique est simple : il s’agit de superposer différentes couches de tissus, puis de décorer avec de la broderie machine ou main. Sur une base en coton, j’ai mis un morceau de brocard brillant et recouvert le tout d’organza.J’ai assemblé le tout à la machine à coudre (avec des points avant). Ensuite, j’ai appliqué de la dentelle et réalisé de la broderie figurant des branchages avec la machine à coudre. La dernière partie laisse véritablement place à la créativité car chacun décore en fonction de sa fantaisie et je me suis bien lâchée ! J’ai utilisé des fleurs artificielles, de la dentelle vintage, des perles de toutes sortes … J’ai feutré un bout de dentelle avec de la laine cardée et j’ai fait de la broderie ruban de façon pas du tout conventionnelle car je voulais un maximum de volume ! Au final, j’ai peut-être un poil exagéré… J’aurais voulu faire quelque chose de plus épuré. Mais souvent prise dans mon élan j’ai du mal à m’arrêter, je rencontre la même difficulté quand je peins.      

résultat cour art textile d'Ina Statescu détail

La bonne nouvelle c’est qu’Ina donne à nouveau des cours lors du salon de l’Aiguille en Fête qui aura lieu en février 2017. Comme vous pouvez l’imaginer, j’ai déjà pris mon billet et j’ai hâte de réaliser un jardin brodé avec elle !

Si vous voulez voir les créations d’Ina je vous invite à aller sur son site, pour le plus grand plaisir de vos yeux !

Très inspirée par ces fleurs, je montrais la prochaine fois comme faire un collier qui semble s’être échappé d’un jardin d’hiver…

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A bientôt !

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