Coup de projecteur sur l’artiste textile : Malin Lager

Cela fait un moment que je voulais vous parler de l’artiste suédoise Malin Lager qui fait des œuvres incroyables !

Malin Lager

Quand j’ai vu ses tableaux, je ne pensais pas qu’il était possible de faire cela avec du textile mais pourtant elle l’a fait !

tableau textile punk Malin Lager

Car contre toute attente, ces tableaux sont faits sans une goutte de peinture… Sur certaines photos, j’ai zoomé pour que vous puissiez mieux voir.

tableau textile punk détail

Elle m’a expliqué sa façon de travailler, car forcément j’ai eu envie d’en savoir plus !

tableau textile tatouage

Elle m’a dit qu’elle travaillait d’après photo. Elle dessine le motif, puis ajoute de petits morceaux de tissus de différentes couleurs sur une toile canvas en coton.

tableau textile tatouage zoom

Elle les relie par une piqure machine.  Elle fait ensuite différentes couches de piqué libre pour créer des nuances. Elle développe et utilise cette technique depuis 35 ans.

tableau textile dame mure Malin Lager

Elle utilise une machine à coudre très simple qu’elle possède depuis de nombreuses années. Elle aime beaucoup ce côté vieille machine minimaliste.

Dans ces œuvres elle a envie de “capturer un moment”.

tableau textile Malin Lager

Certains portraits lui sont particulièrement chers car ils sont ceux de ses filles dont elle est très fière et qui sont elles même artistes (une peintre et l’autre photographe).

tableau textile fille de Malin Lager

Peut-être que vous vous demandez ce qu’apporte son travail dans un monde où la photographie existe.

zoom tableau textile fille

Pour avoir vu son travail de près, je trouve que ses tableaux ont beaucoup plus de profondeur que les photos d’un point de vue visuel et aussi émotionnel. Le regard des portraits semble vivant. Et puis je trouve formidable de voir ce qu’un être humain peut faire avec des ressources assez basiques.

Je vous remercie d’avoir lu cet article et je vous invite à le partager avec vos amis Sourire !

A Bientôt !

Sophie

J’ai testé : l’atelier de broderie créative “Nature Brodée” d’Ina Statescu

En ce moment ma machine est en panne Triste ! Comme mes chères petites mains ont une addiction pour le textile, il faut bien que je leur trouve une occupation… Justement j’ai trouvé une activité qui ne nécessite pas de machine à coudre : la bonne vieille broderie à la main !!!

J’avais suivi un atelier avec Ina Statescu en début d’année, c’est le deuxième cour que j’ai eu avec elle.

Mais par manque de temps, je n’ai pas fini l’ouvrage réalisé pendant le cour et je l’avais mis dans la fameuse “boite d’ouvrages à finir quand je pourrais” … Et enfin ce moment est arrivé ! C’est aussi l’occasion pour moi de partager cette belle expérience Sourire !

modèle Nature brodée de Ina Statescu

Le modèle réalisé par Ina Statescu

Ina a réalisé cet atelier suite à la publication de son dernier livre qui s’intitule “Nature brodée”, l’objectif étant de faire un paysage brodé. Je vais vous raconter cela en différentes étapes, qui ressemblent à celles que l’on suit traditionnellement quand on fait un tableau avec de la peinture.

Première étape : Peindre le Fond

Avant toute chose, il faut préparer le tissu. Pour gagner du temps, Ina avait préparé des tissus, car avant de broder il faut attendre que ça sèche !

Elle nous a montré comment elle avait fait. Comme en peinture, il faut faire un fond avec des couleurs qui évoquent le ciel et la végétation. Pour cela, elle utilise de la peinture adaptée au tissu qui se fixe au fer à repasser.

– Petite astuce d’Ina : préparer plusieurs tissu à l’avance, pour pouvoir avoir un stock de tissus pour différents projets.

– Mon point de vue : c’est une bonne idée d’activité à faire avec les enfants les dimanches après-midi pluvieux Sourire !

Deuxième étape : Structurer le Paysage

nat br

Une fois que le tissu est sec et repassé, on va planter le décor avec des formes comme des feuillages, des branches, des fleurs …

On obtient ces éléments avec du tissu préalablement fixé sur du support thermocollant (utilisé normalement pour l’entoilage).

Les supports double face sont très pratiques car on peut les fixer sur le tissu de fond facilement au fer à repasser. Il sera quand même nécessaire de faire une petite couture à la main le long de l’appliqué pour que l’ouvrage résiste au temps !

Une autre source de feuillage provient de morceaux de dentelles que l’on découpe. On peut utiliser également de la feutrine, du tissu imprimé ect…

Cette étape permet de dessiner et de structurer son paysage.

Pour ma part, j’ai eu envie de faire un paysage aquatique, j’ai donc découpé le tissu et la dentelle de façon à avoir des nénuphars. Mais tout est possible, il faut se laisser guider par son imagination Sourire !

Troisième étape : Réaliser les Détails

paysage brodé détail Sophie Malet

Si la deuxième étape est assez rapide, la troisième étape qui consiste à réaliser les détails par de la broderie est plus longue.

Ce que nous a montré Ina a changé ma conception de la broderie. En effet, elle nous a montré comment modifier les points de broderie car l’idée est d’agir comme une artiste, et non pas comme une brodeuse. Donc le point de broderie n’a pas à être parfait ou régulier mais il doit être au service de ce que l’on veut créer.

Très humblement, Ina nous disait : “Je vous apprends à faire des bêtises !” avec son bel accent que j’aime beaucoup. En réalité, pour moi, elle a ouvert des portes et des possibilités infinies de créations.

Une autre phrase d’Ina était : “Surtout, si vous avez une meilleure idée que moi, n’hésitez pas à la suivre !” Cela m’a vraiment beaucoup marqué.

paysage brodée Sophie Malet

Son attitude est vraiment propice à l’éclosion de la créativité et de l’originalité de chaque élève ! Alors chapeau bas, Ina, en plus d’être une grande artiste c’est également un grand professeur, voir un mentor !

Pour conclure …

Je suis vraiment ravie de cette expérience car j’ai appris beaucoup de choses et, plus important encore, cela me donne envie de faire mes propres expériences.

De plus, cela a été un réel plaisir de réaliser ce paysage brodé : cela a représenté de nombreux moments de détente.

Je n’hésiterais pas à refaire un atelier avec Ina ! J’ai également acheté son livre “Nature Brodée” et c’est un bon investissement car il regorge d’informations techniques et de pistes de travail !

Bon maintenant, il faut que je trouve le moyen de réparer ma machine pour pouvoir coudre le tour de mon paysage brodé et le monter en tableau.

A Bientôt !

Sophie

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Comment faire des fleurs de cerisier en tissu ?

 

Au Japon, il existe un art traditionnel ancien qui permet de fabriquer des fleurs à partir de tissu. Il s’agit du Tsumami. Les fleurs sont réalisées grâce à des pliages de tissu. C’est une sorte d’origami. Cette technique sert à fabriquer le Kanzashi, épingle à cheveux traditionnelle ornant notamment la chevelure des geishas.

Pour ma part, j’ai réalisé des fleurs en origami textile plus simples que celles des Kanzashis. Pour cela, j’ai utilisé un “yoyo maker” de Clover. Il existe de nombreux modèles. J’ai utilisé celui permettant de faire des fleurs à cinq pétales. Ca m’a permis de décorer un porte-monnaie, un jour où j’avais cousu un petit ensemble de maroquinerie.  

sac, pochette et porte monnaie DIY par couture et arts textiles

J’ai voulu un peu détourner la technique pour créer des fleurs de cerisiers. 

matériel pour faire des fleurs origami en tissu

Matériel :

– yoyo maker

– coupons de tissu en camaïeu

– fil assorti

– ciseau

– aiguille très fine

– perle de rocaille (supportant la chaleur pour pouvoir passer à la machine, si les fleurs sont destinées à un vêtement)

Les Etapes

Je vous explique comment procéder pour réaliser les fleurs de cerisier en tissu dans un tuto sur YouTube.

fleur de cerisier en tissu

 

Dès que je peux, je vous montrerai ce que j’ai fait de ces fleurs en tissu. Comme vous l’avez surement constaté, en ce moment c’est compliqué pour moi d’écrire des articles car je suis en plein déménagement. En effet, un gros changement de vie se prépare pour moi : je vais aller vivre dans ce sud-ouest de la France. J’espère que passé cette période un peu compliquée j’aurais plus de temps pour créer, coudre et partager tout cela avec vous ! Sourire

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La Broderie Ruban vue par les Japonaises Michiko Nomura et Yukiko Ogura

 

Ma rencontre avec Michiko Nomura

Je ne pouvais pas parler du Japon sans vous raconter ma rencontre inoubliable avec l’artiste textile japonaise Michiko Nomura.

Fleurs en broderie ruban par Michiko Nomura 2

Cette rencontre date de plus de 10 ans, mais elle m’a tellement impactée que j’ai l’impression que c’était hier ! A l’époque, j’intéressais énormément à la peinture japonaise et je commençais à découvrir l’art textile. Quand je suis allée à cette exposition où Michiko Nomura exposait avec son amie Ina Statescu, je ne m’attendais pas à vivre ce que j’allais vivre. L’exposition avait lieu à Paris et j’y allais par pure curiosité, pour me détendre après le travail.

Ce jour là, j’ai reçu une véritable claque visuelle en découvrant l’œuvre de Madame Nomura. Je ne pensais pas que c’était possible de faire de la poésie avec une aiguille ! Et pourtant … c’est le cas ! La technique utilisée par l’artiste est la broderie au ruban de soie. Elle intègre également la feuille d’or dans ces œuvres. Sur ce dernier point, on sent l’influence de sa culture japonaise car utilisation de l’or dans l’art japonais est assez courante et permet de jouer avec la lumière. 

Sa rencontre avec Ina Statescu a commencé autour d’un peintre que j’aime énormément : Claude Monet, lors de l’exposition “Dans la lumière de Giverny” qui rendait hommage au peintre français. Je reconnais d’ailleurs le jardin de Claude Monet à Giverny dans cette magnifique broderie ci-dessous. 

Jardin de Giverny en broderie ruban Michiko Nomura

A partir de là, s’est créée une véritable amitié entre les deux femmes.   

Quand j’ai rencontré Michiko Nomura, je me suis sentie tout de suite à l’aise. Ce qui est assez facile quand quelqu’un vous accueille avec un immense sourire chaleureux. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui incarne autant la gentillesse qu’elle ! Nous avons discuté en anglais, j’ai tenté de dire quelques mots en japonais, mais visiblement la prononciation était trop mauvaise pour qu’elle puisse comprendre … Mais ça l’a fait beaucoup rire ! Elle m’a donné sa carte de visite, ce qui m’a fait un peu paniquer car je savais qu’il y a tout un protocole à respecter quand on reçoit une carte de visite japonaise mais je ne me rappelais plus de ce qu’il fallait faire. Donc j’ai reçu cette carte de façon probablement très maladroite, mais étant une femme intelligente, elle ne m’en a pas tenue rigueur. Elle m’a dit de venir la voir au Japon. Hélas, je n’ai pas eu le temps de le faire car depuis l’artiste s’en est allée. Elle a quitté notre planète bleue et je l’imagine maintenant enchanter d’autres mondes. 

Oiseau en broderie ruban par Michiko Nomura

Ina Statescu lui a rendu hommage dans son livre “La Cinquième Saison” dont sont tirées les photos des œuvres de Michiko, et je remercie beaucoup Ina de m’avoir donné l’autorisation de les utiliser pour écrire cet article.

 

Faire ses premiers pas en Broderie Ruban grâce à Yukiko Ogura

En voyant les magnifiques créations de Michiko, j’ai eu envie de pratiquer la broderie au ruban. C’est en cherchant un livre permettant d’apprendre les bases de cette technique que j’ai découvert une autre brodeuse japonaise : Yukiko Ogura. Grand maitre de broderie au Japon, Yukiko Ogura est très connue dans son pays.

Yukiko Ogura a également une belle histoire d’amitié avec la France, en effet elle a entretenu une correspondance textile avec l’artiste plasticienne Fanny Viollet. Cette correspondance a donné lieu par la suite à une exposition “De Fil en Aiguille, au Fil de la Plume”.  

Elle a écrit de nombreux livres. Celui que j’ai acheté s’appelle : “Broderie Ruban, les points de base”.  Son livre m’a l’air très clair et est très beau.

D’après mes petits essais en broderie ruban, je retiens que le matériel joue un rôle considérable. Il faut vraiment utiliser des rubans “spécial broderie” (et non pas les rubans ordinaires) et une aiguille spécialement conçue pour ce type d’ouvrage. Sinon beaucoup de points sont semblables à la broderie traditionnelle sauf que le rendu est plus spectaculaire car le ruban est plus volumineux que le fil.

Après je vous avoue que pour l’instant je n’ai pas encore utilisé ce livre très sérieusement, par manque de temps. Ce sera probablement mon prochain défi : utiliser réellement les livres que j’ai achetés Sourire et il y en a … !  

A Bientôt !

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Le Tissage Japonais

 

Le tissage est une activité qui accompagne la quasi totalité de l’humanité et cela depuis les prémices des civilisations. Je me suis donc intéressée au tissage Japonais en espérant découvrir des choses particulières et je n’ai pas été déçue Sourire

Tissage Japonais Contemporain

Ma découverte du tissage japonais commence par ma rencontre avec Yukiko Yokoyama, créatrice et enseignante Japonaise, qui en 1977 a fondé un atelier de teinture et de tissage Yumeoribito (ce qui signifie : tisseurs de rêve). Dans cet atelier, les fils sont teints à la main avant d’être tissés. Le tissage réalisé est vraiment extraordinaire car il est en forme de vagues ! 

Yukiko Yokoyama tisseuse japonaise

Lors de mon initiation au tissage, j’ai appris que les fils constituant les tissus se croisent de façon perpendiculaires. Mis à part les tissus en maille, la majorité des tissus de notre vie quotidienne sont fabriqués comme j’ai appris à le faire avec Olivia Lopez. Je me demandais comment cela était possible de réaliser ce type de vagues en tissant.

métier à tisser de Yukiko Yokoyama

En fait, Yukiko a développé sa propre technique de tissage afin d’obtenir ces fameuses vagues. Elle a inventé des armures différentes dont le très singulier Yorokeori (ori signifiant tisser) . Pour obtenir une ondulation des fils de chaine, elle utilise un peigne spécial : le Yoroke.

Je vous invite à voir cela dans une courte vidéo.

tissage japonais

Face à ses tissus faits à la main aux rayures verticales dansantes, j’ai l’impression d’être face à des œuvres d’art contemporaines.

tissage japonais contemporain

 

Sakiori 

Mon exploration du tissage japonaise se poursuit par la découverte du Sakiori. Il s’agit d’une technique de tissage qui permet de recycler de vieux vêtements.

Les paysans japonais ont inventé cette technique à l’époque Edo où le coton était très cher. Cela leur permettait de faire des couvertures ou des vêtements de travail chauds et résistants.

Le vêtement à recycler est déchiré sous forme de bandes (comme des rubans fins, d’environ 3 mm), puis il est enroulé en pelotes (appelées nuki).

Les nukis vont être utilisés comme fils de trame, les fils de chaines sont constitués de fils de chanvre ou de coton. Ensuite, le tissage se fait de façon classique comme j’ai appris à le faire avec Olivia.

Le tissu obtenu par cette méthode est normalement d’aspect imparfait avec des épaisseurs, des bosses, des couleurs passées… Mais la créatrice Hana Mitsui a utilisé le sakiori pour fabriquer des tissus dignes de la haute couture !

 

Kumihimo

photo de sayo ts tissage

Le kumihimo n’est pas vraiment du tissage au sens strict, car il s’agit d’une technique de tressage. Le principe est de tresser 3 fils ou plus qui se croisent alternativement en oblique. Cet art japonais est extrêmement ancien : il date de 10 000 ans avant JC ! Il est utilisé pour faire des rosaires bouddhiques, pour orner des sculptures et il sert également de cordon pour les obis (ceintures des kimonos). 

Kumihimo

Pour réaliser ce type de tressage il faut un disque central. En DIY, cette technique permet de fabriquer des bijoux comme des bracelets. Si vous habitez proche de Paris, vous pouvez apprendre le kumihimo à l’Atelier Soleil Tissant (www.lesoleiltissant.com).  

Pour Finir …

Voilà cette petite exploration textile au Japon est finie pour aujourd’hui ! A bientôt pour de nouvelles aventures Sourire !

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Comment pratiquer le Shibori ?

 

Dans mon précédent article, je vous ai expliqué ce qu’était le Shibori. Maintenant, voyons comment le pratiquer soi-même, grâce à Magali Bontoux, spécialiste des teintures végétales, qui m’a enseigné quelques techniques.

Bien sûr, il ne sera pas possible d’aborder la cinquantaine de techniques de Shibori ! Mais cela vous donnera quelques pistes pour décorer vos tissus grâce à la teinture. 

LE MATERIEL

La teinture

Pour pouvoir teindre vos tissus, il faut tout d’abord une cuve de teinture. Le pigment phare du Shibori est l’indigo ! Mais d’autres couleurs sont possibles. Si vous êtes un puriste et que avez du temps devant vous, vous pouvez faire votre propre cuve d’indigo naturelle, pour vous aider, je vous renvoie à mon article Comment faire un bain de teinture d’indigo naturel.

Autrement, vous avez d’autres possibilités comme par exemple les teintures en machine prête à l’emploi ou les teintures au procion (c’est une teinture à faire soi-même à partir de pigments en poudre, ça demande du temps aussi mais c’est un peu moins long que les cuves naturelles). 

Les outils pour réaliser les dessins sont multiples :

Shibori matériel

des formes en bois  : Vous pouvez détourner celles destinées au scrapbooking. Pour créer un style japonais, vous choisirez des éléments qui rappellent leurs dessins traditionnels comme par exemple des papillons de forme épurée… 

des grosses pinces

de la ficelle

des élastiques

des morceaux de tube de PVC

des pinces à linges en bois

 

QUELQUES TECHNIQUES DE SHIBORI

Une fois que la cuve de teinture est prête, il est temps de préparer les tissus grâce aux techniques de Shibori.

La première chose à faire est de mouiller le tissu à teindre avec de l’eau claire. Ensuite, plusieurs techniques sont possibles en fonction de ce que l’on souhaite faire. 

Pour créer des effets de vagues :

On roule le tissu mouillé autour du tube de PVC. On entoure l’ensemble avec des élastiques, ce qui permet de maintenir le tissu sur le tube. Puis on fait glisser le tissu sur le tube (de l’extérieur vers l’intérieur) de façon à créer des plis. Au moment de la teinture, les élastiques et les plis protègeront certaines zones du tissu qui garderont leur couleur initiale. A la fin du processus de teinture, des motifs en forme de vagues apparaitront.

Faire du shibori avec un tube de PVC

 

Pour créer des dessins symétriques :

On plie le tissu de façon symétrique. Une fois qu’il est plié, on applique des pièces en bois de différentes formes (papillons, fleurs ect…). On maintient fermement les formes en bois grâce à de grosses pinces. Cela va empêcher la teinture d’atteindre le tissu en dessous du bois et après la teinture le dessin va apparaitre, en négatif.

Les pinces à linge en bois vont non seulement maintenir les plis mais en plus créer des motifs à l’endroit où ils sont en contact avec le tissu. Il est important de prendre du bois car le bois absorbe la teinture, ce qui n’est pas le cas du plastique.  

Shibori préparation

 

Pour créer des dessins en forme de toile d’araignée :

On coiffe une tige en bois (de type pique à brochette en bois) d’un petit carré de tissu, en faisant correspondre la pointe de la tige au milieu du carré. On enroule la tige avec le tissu en le tordant bien et on enlève cette tige. En maintenant la tension du tissu, on l’enroule avec de la ficelle en commençant par la pointe. Il s’agit de la technique du Kumo Shibori typique d’Arimatsu où l’on crée un dessin régulier en forme de toile d’araignée (kumo signifiant toile d’araignée en japonais) qui se révèle après la teinture. 

Les étapes finales :

Une fois que le tissu a été préparé par la technique de votre choix, on le met dans la cuve de teinture ou à la machine à laver en fonction de la méthode de teinture choisie. Je déconseillerais la teinture à la machine avec les formes en bois, par contre.

Une fois que la teinture est faite et fixée, on le remet le tissu à plat. On le rince à l’eau claire et on le laisse sécher. Ce qui est génial c’est le résultat sera toujours unique et plein de surprises …

tissu teint avec la technique du Shibori

 

Pour conclure …

Je trouve génial de pouvoir rendre unique le plus humble morceau de tissu. Dommage que je manque de temps actuellement car j’ai très envie de faire toute sortes d’expérimentations avec la teinture.

Je voudrais adresser un immense MERCI à Magali Bontoux pour tout ce qu’elle m’a appris, pour sa gentillesse et sa générosité Sourire ! Si cela vous intéresse, elle réalise des stages et des ateliers de teinture végétales. Elle vend également ses tissus teints à la main. Vous pouvez retrouver toutes les informations sur son site www.lherbieracouleur.com.

De notre côté, on se dit à bientôt !

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Le Shibori : de la teinture à la sculpture

 

Teindre le tissu en faisant des réserves est une pratique très ancienne qui existe sur l’ensemble du globe. Les techniques varient en fonction de l’environnement et des sociétés (avec quand même des similitudes) et portent différents noms : Tye and Dye en Europe, Banda en Afrique …

Au Japon, la technique de teinture à réserve s’appelle le Shibori. Les villes nipponnes associées au Shibori sont : Arimatsu, où traditionnellement on travaille le coton et le lin et Kyoto, célèbre pour ses somptueuses soies teintes. Ces étoffes étaient utilisées pour confectionner les kimonos et les habits des samouraïs.

Shibori kimono

Kimono teint au Shibori à Arimatsu (photo de Bong Grit)

Le principe du Shibori

Le mot Shibori vient du verbe japonais Shiboru qui signifie “réduire le volume au maximum, tordre, serrer, presser …”

L’objectif du Shibori est de préserver certaines zones du tissu afin qu’elles ne soient pas touchées par la teinture et gardent leur couleur originelle. Pour cela, il existe environ une cinquantaine de techniques qui consistent : à nouer le tissu avec du fil, à faire des boucles, des ligatures, des coutures, des drapés, à le presser contre des morceaux de bois …

Ce qui me fascine dans la Shibori c’est la possibilité de faire des dessins très précis (comme sur la photo du noren en dessous) d’ailleurs l’objectif est de donner l’impression que le tissu a été peint à la main et non pas teint.

Shibori Arimatsu

Noren teint avec la technique du Shibori à Arimatsu (photo de Bong Grit)

Le Shibori : un art en voie de disparition ?

Artisan pratiquant le shibori

Artisan Japonais à Arimatsu (photo de Naukhel)

Hélas, ces techniques ont tendance à disparaitre avec les artisans, qui sont maintenant pour la plupart âgés. En effet, les Japonais portent de moins en moins de kimonos et par conséquent les fabricants d’étoffes traditionnelles ont peu de débouchés économiques.

Comment faire pour que cet art ancestral ne se perde pas ? A cette question, plusieurs réponses émergent : l’art, la mode, le DIY…

En effet, quelques artistes ont décidé de se battre pour promouvoir ces techniques pour éviter qu’elles ne disparaissent. Dans cet objectif, ils ont créé en 1992 le Symposium international de Shibori ce qui donne lieu à des expositions textiles internationales et crée une émulation autour de cette technique.

Le grand styliste japonais Yohji Yamamoto a rendu hommage à cette technique dans les magnifiques collections automne hiver 1994-1995 et printemps été 1995.

Nous aussi, si nous le voulons, nous pouvons contribuer à sauvegarder de l’art de Shibori ! Pour cela c’est très simple : en l’apprenant et en le pratiquant Sourire !

 Une autre façon de pratiquer le Shibori …

J’ai été très surprise de voir que le Shibori pouvait être détourné de sa fonction de teinture afin d’exploiter le coté tridimensionnel qu’il donne aux tissus.

J’ai découvert cela grâce à ma rencontre avec Sabine Hautefeuille, illustratrice et designer textile. Inspirée par ses voyages, elle a exploité l’aspect 3D du Shibori pour en faire de magnifiques sculptures textiles. Elle a eu également la gentillesse de se laisser filmer pour parler elle-même de son travail ! Je vous invite également à voir ses illustrations sur son site www.sabine-hautefeuille.fr.

Shibori par Sabine Hautefeuille

Voile de Chine et Etoiles création textile en Shibori de Sabine Hautefeuille

Le hasard d’internet m’a fait découvrir le travail de l’artiste anglaise Michelle Griffiths. Elle explore les différentes possibilités du Shibori pour créer des sculptures textiles contemporaines. Je vous invite à voir ses œuvres sur le site www.shibori.co.uk.

 

shibori Griffiths

Mantra Griffths

Sculptures en Shibori de Michelle Griffiths

 

Cette utilisation inhabituelle du Shibori n’est pas seulement réservée à l’art mais peut être également appliquée à la décoration. D’ailleurs, l’entreprise Suzusan utilise les propriétés tridimensionnelles du tissu pour créer des luminaires originaux. Le revêtement textile des lampes est en polyester, qui suite à un traitement thermique au cour du “processus Shibori”, garde sa forme même après lavage. Vous pouvez voir leur travail sur leur site www.suzusan.com. Dans la rubrique “download” vous pouvez télécharger leurs catalogues, ils sont intéressants car ils montrent les extraordinaires possibilités décoratives offertes par le Shibori.

Le mot de la fin

Je ne sais pas pour vous, mais tout ça me donne envie d’expérimenter cette technique !  Plusieurs pistes sont à explorer : la couleur, les dessins, la sculpture…. De façon très prosaïque, j’aimerais bien utiliser cette technique pour embellir mon linge de maison ou fabriquer mes propres lampes !  Promis, dès que j’ai le temps de m’y mettre je vous montre ce que cela donne Clignement d'œil

A Bientôt !

ARTEXTURES

Aujourd’hui, je m’écarte un peu de mon défi mais je reste dans la thématique de l’exploration.

Marie Wolf Eclat de Corail

Qu’est qu’il y a derrière le mot étrange d’Artextures ? En fait, il s’agit d’une association qui a pour but de promouvoir l’innovation et l’évolution dans de domaine de l’art textile. Elle est une sorte de filiale de France Patchwork, et s’adresse plus particulièrement aux personnes qui aiment transgresser les règles des techniques textiles traditionnelles. 

Que fait cette association ? Elle organise tous les deux ans un concours international sans thème imposé qui permet à chaque artiste d’exprimer, comme il le souhaite, son propre univers. Toutes les techniques et matières sont autorisées à condition bien sûr qu’il y ait un lien avec le textile.

Par exemple, l’artiste Ezster Bornemisza a choisi du papier de murier, du papier journal déchiré, des câbles et de la peinture pour s’exprimer.

Ezster Bornemisza 

Anne Guibert Lassale a réalisé un portait à l’huile sur des bandes de tissus tricoté, et le résultat est impressionnant !  

Anne Guibert Lassale Portrait de Pierre

Dans son œuvre “Crossing times”, l’artiste Chiaki Dosho a utilisé des kimonos anciens en soie pour créer une œuvre à l’aspect très végétal, pour moi.

Chiaki Dosho Crossing times 7

Les œuvres en 3D sont également possibles ! C’est la piste suivie par Diane Bonan pour réaliser sa sculpture “Tatouage” en fil de fer et en fil à coudre.

Diane Bonan Tatouage

J’aime beaucoup ces approches axées sur la liberté et la créativité !

Jusqu’au 31 mars il est possible de participer à la neuvième édition de leur concours. Pour avoir plus d’information sur les modalités, je vous invite à aller sur leur site de France Patchwork.

J’espère que cet article vous a donné envie d’explorer de nouvelles pistes textiles !

A Bientôt !

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Zoom sur l’artiste textile américain Jason Pollen

Jason Pollen, originaire de New York, vit depuis trois décennies à Kansas City où il a enseigné l’art, notamment dans le département textile. La première fois qu’il a utilisé le textile dans son travail c’était à Paris en 1966. Il n’avait pas assez d’argent pour acheter suffisamment de peinture pour peindre sur une grande toile. En se promenant dans un parc, il a trouvé des brindilles et a eu l’idée de les fixer sur un immense tissu. C’est ainsi qu’il fit la première version de son œuvre “Ancêtres”. En 2014, il reprend ces mêmes brindilles parisiennes stockées depuis plus de quarante ans pour créer la nouvelle version d’“Ancêtres”. 

Jason Pollen Ancêtres

“Ancêtres” de Jason Pollen

Lors d’une séance de Tai Chi en extérieur au milieu de trembles, quelqu’un dit à l’artiste que son énergie ressemblait aux arbres qui les entouraient. Cette réflexion fut comme un déclic. De retour chez lui, l’artiste décida de mettre du mouvement dans son travail. Aussi son œuvre est inspiré par le vacillement des feuilles de trembles et les mobiles d’Alexander Calder.  

Jason Pollen Descendants

“Descendants” de Jason Pollen

Les mobiles réalisés avec du tissu, des graines et des brindilles recouvertes de fils colorés sont accrochés suffisamment loin du mur pour créer des ombres qui font partie elles aussi de l’œuvre.

J Pollen détail

Jason Pollen détail 2

L’artiste est un danseur de tango, qui est une danse qui exprime la connexion entre deux êtres. En regardant les deux œuvres “Ancêtres” et “Descendants” placées à côté, on ressent leur connexion, leur dialogue silencieux. L’absence de mouvement dans “Ancêtres”, les traces blanches des brindilles sur la toile donne l’impression de quelque chose de figé dans le temps, de passé. On a presque l’impression qu’il s’agit du résultat d’une fouille archéologique. Alors que “Descendants”, par son mouvement, exprime la vie. Les couleurs gaies et le côté ludique évoquent l’enfance. Les ombres créées parlent de l’instant présent car elles dépendent du mouvement des mobiles et de la lumière de la pièce ici et maintenant.

Je trouve intéressant de voir comment avec un peu de tissu et des éléments de récupération comme des brindilles, on peut créer une œuvre mystérieuse, comme un code secret, qui mène vers une réflexion sur la vie.

Si vous êtes intéressé par l’œuvre de cet artiste vous pouvez aller visiter son site www.jasonpollen.com, il est vraiment très intéressant.

J’espère que cet article vous aide à stimuler votre créativité et à porter un regard différent sur les petits bouts de tissus qu’il vous reste si vous faites de la couture : pourquoi ne pas en faire une œuvre artistique ?

A bientôt !

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Le Tissage Maya avec Olivia Lopez

 

Je vous propose une escale en Amérique Centrale plus particulièrement chez les Mayas. Cela fait 3000 ans que les femmes mayas tissent de superbes étoffes à l’aide d’un métier à tisser qui s’attache à la taille et à un poteau. Le tissage est pour ce peuple un acte sacré.

Tisseuses Mayas Tisseuses Mayas photo de Miquel Dewever

Je me suis donc initiée au tissage maya avec l’artiste textile Olivia Lopez.

Tissage avec Olivia Lopez

Olivia Lopez

Mon objectif était de mieux comprendre comment on fabrique un tissu et aussi de gouter un peu à la culture maya qui m’a toujours fascinée.

Le Matériel :

– Dans le cadre de l’atelier, nous avons utilisé un petit métier à tisser en bois plus facile à transporter (et à trouver) que les métiers traditionnels mayas

métier à tisser en bois

– de la laine d’Espagne est utilisée comme fil de trame (fils horizontaux)

laine d'espagne

– du fil qui va être le fil de chaine (fils verticaux).

Fils pour tissage

Ce type de fil peut être également utilisé comme fil de trame en début et fin d’ouvrage.

Le principe du tissage : est d’entrecroiser perpendiculairement les fils de chaine et les fils de trame.

Etape 1 : Installation des fils de chaine

tissage installation des fils de chaine

Pour installer les fils de chaines, nous coupons deux lots de 14 fils de même longueurs que nous attachons aux extrémités du métier.

fils de chaine attachés

Voici comment sont organisés les deux séries de fils : les fils supérieurs sont dans les grandes encoches et les fils inférieurs dans les petites.

organisation des fils de chaine

Etape 2 : Réglage de la tension des fils

Avant de tisser il est important que les fils de chaine soient bien tendus. On peut jouer sur la tension de ces fils grâce au cadre, en le tournant légèrement.

réglage de la tension du fil

Etape 3 : Le tissage

Nous commençons à tisser avec du fil, puis nous le faisons avec de la laine. C’est donc l’étape cruciale du choix des couleurs !

début du tissage

L’aiguille à tisser sert faire passer le fil de trame facilement. La navette permet de bien séparer les fils. Nous faisons des lignes de fil de gauche à droite puis de droite à gauche. A chaque changement de sens, nous abaissons ou remontons la partie en bois organisant les fils de chaine.

changement de sens de tissage

Le petit peigne permet de tasser les fils de trame.

Etape 4 : La réalisation des dessins

Une des caractéristiques du tissage Maya est d’intégrer des dessins inspirés de leur vie quotidienne ou de leur mythologie dans la trame du tissu.

Patron dessin tissage maya

Patron du dessin de tissage maya

Pour cela, on s’aide d’un patron pour savoir où on va mettre le fil permettant de faire le dessin.

réaliser un dessin en tissage

Avec la navette, on va soulever uniquement les fils de chaine derrière lesquels on va passer le fil de trame aux endroits définis par la patron.

Comme j’étais un peu lente, je n’ai pas fait le dessin en entier…

Etape 5 : Finition

Lors que le tissage est fini, il faut alors enlever l’ouvrage obtenu du métier et nouer les fils de chaine.

Voici ce que nous avons obtenu à la fin de l’atelier mes voisines et moi :

Tissage Maya à la fin de l'atelier

Pour ma part, même si j’ai été la moins productive, cette activité m’a demandé énormément de concentration. C’est peut-être parce que c’était la première fois que je tissais. En tout cas, je tire mon chapeau aux tisseurs !

J’ai beaucoup aimé ce cour avec Olivia Lopez qui est très chaleureuse et pédagogue. Si vous voulez prendre des cours avec elle, vous pouvez la retrouver à Paris dans la maison artistique Rrose Sélavy qui propose différentes activités artistiques pour les enfants et les adultes, et se trouve au 5 rue Fromentin 75009 Paris.

Elle sera présente également au prochain Salon de l’aiguille en fête pour animer des ateliers et le tissage d’un tapis sur un métier à tisser de plus de 2 m, auquel tout le monde peut participer ! Et comme les passionnés du fil ont en général un grand cœur : ce tapis sera offert à une association.

J’espère que cet article vous a inspiré et vous a donné envie d’activer vos dix doigts ! Si c’est le cas, vous pouvez trouvez le matériel dans la boutique Le Monde du Fil, notamment la laine chunky vous permettra de faire des ouvrages tendances !

A bientôt !

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