Le Tissage Japonais

 

Le tissage est une activité qui accompagne la quasi totalité de l’humanité et cela depuis les prémices des civilisations. Je me suis donc intéressée au tissage Japonais en espérant découvrir des choses particulières et je n’ai pas été déçue Sourire

Tissage Japonais Contemporain

Ma découverte du tissage japonais commence par ma rencontre avec Yukiko Yokoyama, créatrice et enseignante Japonaise, qui en 1977 a fondé un atelier de teinture et de tissage Yumeoribito (ce qui signifie : tisseurs de rêve). Dans cet atelier, les fils sont teints à la main avant d’être tissés. Le tissage réalisé est vraiment extraordinaire car il est en forme de vagues ! 

Yukiko Yokoyama tisseuse japonaise

Lors de mon initiation au tissage, j’ai appris que les fils constituant les tissus se croisent de façon perpendiculaires. Mis à part les tissus en maille, la majorité des tissus de notre vie quotidienne sont fabriqués comme j’ai appris à le faire avec Olivia Lopez. Je me demandais comment cela était possible de réaliser ce type de vagues en tissant.

métier à tisser de Yukiko Yokoyama

En fait, Yukiko a développé sa propre technique de tissage afin d’obtenir ces fameuses vagues. Elle a inventé des armures différentes dont le très singulier Yorokeori (ori signifiant tisser) . Pour obtenir une ondulation des fils de chaine, elle utilise un peigne spécial : le Yoroke.

Je vous invite à voir cela dans une courte vidéo.

tissage japonais

Face à ses tissus faits à la main aux rayures verticales dansantes, j’ai l’impression d’être face à des œuvres d’art contemporaines.

tissage japonais contemporain

 

Sakiori 

Mon exploration du tissage japonaise se poursuit par la découverte du Sakiori. Il s’agit d’une technique de tissage qui permet de recycler de vieux vêtements.

Les paysans japonais ont inventé cette technique à l’époque Edo où le coton était très cher. Cela leur permettait de faire des couvertures ou des vêtements de travail chauds et résistants.

Le vêtement à recycler est déchiré sous forme de bandes (comme des rubans fins, d’environ 3 mm), puis il est enroulé en pelotes (appelées nuki).

Les nukis vont être utilisés comme fils de trame, les fils de chaines sont constitués de fils de chanvre ou de coton. Ensuite, le tissage se fait de façon classique comme j’ai appris à le faire avec Olivia.

Le tissu obtenu par cette méthode est normalement d’aspect imparfait avec des épaisseurs, des bosses, des couleurs passées… Mais la créatrice Hana Mitsui a utilisé le sakiori pour fabriquer des tissus dignes de la haute couture !

 

Kumihimo

photo de sayo ts tissage

Le kumihimo n’est pas vraiment du tissage au sens strict, car il s’agit d’une technique de tressage. Le principe est de tresser 3 fils ou plus qui se croisent alternativement en oblique. Cet art japonais est extrêmement ancien : il date de 10 000 ans avant JC ! Il est utilisé pour faire des rosaires bouddhiques, pour orner des sculptures et il sert également de cordon pour les obis (ceintures des kimonos). 

Kumihimo

Pour réaliser ce type de tressage il faut un disque central. En DIY, cette technique permet de fabriquer des bijoux comme des bracelets. Si vous habitez proche de Paris, vous pouvez apprendre le kumihimo à l’Atelier Soleil Tissant (www.lesoleiltissant.com).  

Pour Finir …

Voilà cette petite exploration textile au Japon est finie pour aujourd’hui ! A bientôt pour de nouvelles aventures Sourire !

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Le Shibori : de la teinture à la sculpture

 

Teindre le tissu en faisant des réserves est une pratique très ancienne qui existe sur l’ensemble du globe. Les techniques varient en fonction de l’environnement et des sociétés (avec quand même des similitudes) et portent différents noms : Tye and Dye en Europe, Banda en Afrique …

Au Japon, la technique de teinture à réserve s’appelle le Shibori. Les villes nipponnes associées au Shibori sont : Arimatsu, où traditionnellement on travaille le coton et le lin et Kyoto, célèbre pour ses somptueuses soies teintes. Ces étoffes étaient utilisées pour confectionner les kimonos et les habits des samouraïs.

Shibori kimono

Kimono teint au Shibori à Arimatsu (photo de Bong Grit)

Le principe du Shibori

Le mot Shibori vient du verbe japonais Shiboru qui signifie “réduire le volume au maximum, tordre, serrer, presser …”

L’objectif du Shibori est de préserver certaines zones du tissu afin qu’elles ne soient pas touchées par la teinture et gardent leur couleur originelle. Pour cela, il existe environ une cinquantaine de techniques qui consistent : à nouer le tissu avec du fil, à faire des boucles, des ligatures, des coutures, des drapés, à le presser contre des morceaux de bois …

Ce qui me fascine dans la Shibori c’est la possibilité de faire des dessins très précis (comme sur la photo du noren en dessous) d’ailleurs l’objectif est de donner l’impression que le tissu a été peint à la main et non pas teint.

Shibori Arimatsu

Noren teint avec la technique du Shibori à Arimatsu (photo de Bong Grit)

Le Shibori : un art en voie de disparition ?

Artisan pratiquant le shibori

Artisan Japonais à Arimatsu (photo de Naukhel)

Hélas, ces techniques ont tendance à disparaitre avec les artisans, qui sont maintenant pour la plupart âgés. En effet, les Japonais portent de moins en moins de kimonos et par conséquent les fabricants d’étoffes traditionnelles ont peu de débouchés économiques.

Comment faire pour que cet art ancestral ne se perde pas ? A cette question, plusieurs réponses émergent : l’art, la mode, le DIY…

En effet, quelques artistes ont décidé de se battre pour promouvoir ces techniques pour éviter qu’elles ne disparaissent. Dans cet objectif, ils ont créé en 1992 le Symposium international de Shibori ce qui donne lieu à des expositions textiles internationales et crée une émulation autour de cette technique.

Le grand styliste japonais Yohji Yamamoto a rendu hommage à cette technique dans les magnifiques collections automne hiver 1994-1995 et printemps été 1995.

Nous aussi, si nous le voulons, nous pouvons contribuer à sauvegarder de l’art de Shibori ! Pour cela c’est très simple : en l’apprenant et en le pratiquant Sourire !

 Une autre façon de pratiquer le Shibori …

J’ai été très surprise de voir que le Shibori pouvait être détourné de sa fonction de teinture afin d’exploiter le coté tridimensionnel qu’il donne aux tissus.

J’ai découvert cela grâce à ma rencontre avec Sabine Hautefeuille, illustratrice et designer textile. Inspirée par ses voyages, elle a exploité l’aspect 3D du Shibori pour en faire de magnifiques sculptures textiles. Elle a eu également la gentillesse de se laisser filmer pour parler elle-même de son travail ! Je vous invite également à voir ses illustrations sur son site www.sabine-hautefeuille.fr.

Shibori par Sabine Hautefeuille

Voile de Chine et Etoiles création textile en Shibori de Sabine Hautefeuille

Le hasard d’internet m’a fait découvrir le travail de l’artiste anglaise Michelle Griffiths. Elle explore les différentes possibilités du Shibori pour créer des sculptures textiles contemporaines. Je vous invite à voir ses œuvres sur le site www.shibori.co.uk.

 

shibori Griffiths

Mantra Griffths

Sculptures en Shibori de Michelle Griffiths

 

Cette utilisation inhabituelle du Shibori n’est pas seulement réservée à l’art mais peut être également appliquée à la décoration. D’ailleurs, l’entreprise Suzusan utilise les propriétés tridimensionnelles du tissu pour créer des luminaires originaux. Le revêtement textile des lampes est en polyester, qui suite à un traitement thermique au cour du “processus Shibori”, garde sa forme même après lavage. Vous pouvez voir leur travail sur leur site www.suzusan.com. Dans la rubrique “download” vous pouvez télécharger leurs catalogues, ils sont intéressants car ils montrent les extraordinaires possibilités décoratives offertes par le Shibori.

Le mot de la fin

Je ne sais pas pour vous, mais tout ça me donne envie d’expérimenter cette technique !  Plusieurs pistes sont à explorer : la couleur, les dessins, la sculpture…. De façon très prosaïque, j’aimerais bien utiliser cette technique pour embellir mon linge de maison ou fabriquer mes propres lampes !  Promis, dès que j’ai le temps de m’y mettre je vous montre ce que cela donne Clignement d'œil

A Bientôt !

Zoom sur l’artiste textile américain Jason Pollen

Jason Pollen, originaire de New York, vit depuis trois décennies à Kansas City où il a enseigné l’art, notamment dans le département textile. La première fois qu’il a utilisé le textile dans son travail c’était à Paris en 1966. Il n’avait pas assez d’argent pour acheter suffisamment de peinture pour peindre sur une grande toile. En se promenant dans un parc, il a trouvé des brindilles et a eu l’idée de les fixer sur un immense tissu. C’est ainsi qu’il fit la première version de son œuvre “Ancêtres”. En 2014, il reprend ces mêmes brindilles parisiennes stockées depuis plus de quarante ans pour créer la nouvelle version d’“Ancêtres”. 

Jason Pollen Ancêtres

“Ancêtres” de Jason Pollen

Lors d’une séance de Tai Chi en extérieur au milieu de trembles, quelqu’un dit à l’artiste que son énergie ressemblait aux arbres qui les entouraient. Cette réflexion fut comme un déclic. De retour chez lui, l’artiste décida de mettre du mouvement dans son travail. Aussi son œuvre est inspiré par le vacillement des feuilles de trembles et les mobiles d’Alexander Calder.  

Jason Pollen Descendants

“Descendants” de Jason Pollen

Les mobiles réalisés avec du tissu, des graines et des brindilles recouvertes de fils colorés sont accrochés suffisamment loin du mur pour créer des ombres qui font partie elles aussi de l’œuvre.

J Pollen détail

Jason Pollen détail 2

L’artiste est un danseur de tango, qui est une danse qui exprime la connexion entre deux êtres. En regardant les deux œuvres “Ancêtres” et “Descendants” placées à côté, on ressent leur connexion, leur dialogue silencieux. L’absence de mouvement dans “Ancêtres”, les traces blanches des brindilles sur la toile donne l’impression de quelque chose de figé dans le temps, de passé. On a presque l’impression qu’il s’agit du résultat d’une fouille archéologique. Alors que “Descendants”, par son mouvement, exprime la vie. Les couleurs gaies et le côté ludique évoquent l’enfance. Les ombres créées parlent de l’instant présent car elles dépendent du mouvement des mobiles et de la lumière de la pièce ici et maintenant.

Je trouve intéressant de voir comment avec un peu de tissu et des éléments de récupération comme des brindilles, on peut créer une œuvre mystérieuse, comme un code secret, qui mène vers une réflexion sur la vie.

Si vous êtes intéressé par l’œuvre de cet artiste vous pouvez aller visiter son site www.jasonpollen.com, il est vraiment très intéressant.

J’espère que cet article vous aide à stimuler votre créativité et à porter un regard différent sur les petits bouts de tissus qu’il vous reste si vous faites de la couture : pourquoi ne pas en faire une œuvre artistique ?

A bientôt !

Mes premiers pas en Art textile avec Ina Georgeta Statescu

 

résultat cour art textile d'Ina Statescu

Mon premier tableau d’art textile réalisé lors d’un cour avec Ina Statescu

Dernièrement, je vous avais dit que je ne voulais pas “quitter” l’Europe avant de vous parler de certains créateurs qui m’ont beaucoup impactée. Ina Georgeta Statescu fait partie de ces personnes qui ont probablement changé ma vie, ça a l’air exagéré comme propos, pourtant c’est vrai ! La découverte de son travail ont fait qu’après je n’étais plus la même personne ! Déjà l’émerveillement que me procure ses tableaux textiles m’a permis de prendre conscience qu’il était possible de faire des choses extraordinaires avec du simple tissu. Derrière l’artiste, il y aussi la femme de cœur. Il se dégage d’Ina beaucoup de douceur, de chaleur et de générosité. Elle m’a mise en confiance et m’a donné envie de m’y mettre… Avant j’osais à peine toucher à une aiguille et si je le faisais c’était dans un but purement utilitaire.

Tableau textile réalisé lors d'un cour avec Ina Statescu (détail)

En quelques mots, je vous parle un peu d’elle. Ina est née en Roumanie, pays aux grands traditions de broderie, et c’est à Bucarest qu’elle a étudié l’art textile orienté vers la mode. Puis elle est venue vivre en France et a notamment collaboré avec la Maison Azzaro. Je trouve touchant qu’elle cite un dicton de son pays lorsqu’elle parle de son expatriation : “Le premier amour, on ne l’oublie jamais; le deuxième est toujours plus fort que le premier.” Quel honneur pour la France, en tout cas ! En réalité, il y a quelque chose d’universel dans le travail d’Ina, d’ailleurs lors d’une exposition dans les salons de l’UNESCO à Paris les visiteurs étrangers (venant d’Inde, de Turquie, du Japon, de Grèce …) croyaient reconnaitre une vision moderne de la broderie traditionnelle de leur pays.

J’ai donc pris un cour avec elle et c’est là que j’ai réalisé le tableau textile dont vous pouvez voir les photos dans cet article. Le principe technique est simple : il s’agit de superposer différentes couches de tissus, puis de décorer avec de la broderie machine ou main. Sur une base en coton, j’ai mis un morceau de brocard brillant et recouvert le tout d’organza.J’ai assemblé le tout à la machine à coudre (avec des points avant). Ensuite, j’ai appliqué de la dentelle et réalisé de la broderie figurant des branchages avec la machine à coudre. La dernière partie laisse véritablement place à la créativité car chacun décore en fonction de sa fantaisie et je me suis bien lâchée ! J’ai utilisé des fleurs artificielles, de la dentelle vintage, des perles de toutes sortes … J’ai feutré un bout de dentelle avec de la laine cardée et j’ai fait de la broderie ruban de façon pas du tout conventionnelle car je voulais un maximum de volume ! Au final, j’ai peut-être un poil exagéré… J’aurais voulu faire quelque chose de plus épuré. Mais souvent prise dans mon élan j’ai du mal à m’arrêter, je rencontre la même difficulté quand je peins.      

résultat cour art textile d'Ina Statescu détail

La bonne nouvelle c’est qu’Ina donne à nouveau des cours lors du salon de l’Aiguille en Fête qui aura lieu en février 2017. Comme vous pouvez l’imaginer, j’ai déjà pris mon billet et j’ai hâte de réaliser un jardin brodé avec elle !

Si vous voulez voir les créations d’Ina je vous invite à aller sur son site, pour le plus grand plaisir de vos yeux !

Très inspirée par ces fleurs, je montrais la prochaine fois comme faire un collier qui semble s’être échappé d’un jardin d’hiver…

En attendant, si vous avez aimé cet article, partagez-le avec vos amis !

A bientôt !

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Isabel Consigliere, sculpteur Italien et Artiste Textile

 

Aujourd’hui, je voudrais porter mon attention sur une autre artiste italienne. Oui, je sais…, je suis en train de bloquer sur l’Italie, mais ce pays est tellement riche au niveau artistique !… J’y peux rien …. Clignement d'œil

Donc, je voudrais vous parler d’Isabel Consigliere.

Consigliere

Isabel Consigliere (Per la sopravvivanza N°9) “Pour la Survie”

Isabel Consigliere est née à Gênes en 1968. Elle a étudié le design de scène et a commencé sa carrière professionnelle en tant qu’assistante dans un théâtre de Gênes avant de devenir sculptrice.

Elle s’est penché sur le textile pour travailler sur la transparence et la légèreté. Inspirée par une phrase de Victor Hugo “L’âme aide le corps et parfois le soulève. Elle est le seul oiseau qui prend en charge sa cage”, elle a voulu travaillé autour de la notion d’âme.

Dans une société basée sur des images artificielles parfois éloignées de notre monde intérieur, l’artiste voudrait attirer l’attention sur l’âme et la mettre à la première place.

La série “pour la survie” est un travail sur la protection de ce que nous sommes réellement, de notre soi le plus profond.

Parallèlement à ses sculptures en papier de soie, elle a réalisé différentes pièces de vêtements avec pour principe d’utiliser du tissu transparent et des graines de pissenlit. C’est un travail de patience titanesque qui lui a pris plusieurs mois.

Ces œuvres sont une invitation à ne pas avoir peur de se connaitre, à retrouver cette âme débarrassée des différentes couches supérieures et à en prendre soin. 

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Isabel Consigliere (Per la sopravvivanza N°9) “Pour la Survie”

Ce que j’aime dans son œuvre c’est la poésie et le message qu’elle transmet. Elle m’a transportée dans une profonde rêverie.

A bientôt !

Silvia Beccaria, Artiste Textile Tisseuse Contemporaine

 

Silvia Beccaria est une artiste textile italienne originaire de Turin. Elle a tout d’abord étudié la philosophie, puis l’art thérapeutique pour enfin se consacrer à l’étude de la conception textile sous la direction de l’artiste Martha Nieuwenhuijs.

Son travail en tant qu’artiste textile a plusieurs dimensions. Tout d’abord, il a une dimension sociale car elle a conçu des projets utilisant l’art textile comme outil pour aider les handicapés, les prisonniers et les enfants à risque. Ensuite, il a une dimension éducative et culturelle car Silvia a collaboré avec le Musée d’Art contemporain du Castello di Rivoli. Actuellement, elle expose dans des galeries d’art et des musées en Europe.

Mais avant tout, Silvia est une exploratrice ! En effet, elle s’est basée sur l’ancienne technique du tissage à la main pour créer des œuvres résolument contemporaines, de part les matériaux qu’elle emploie. En effet, elle utilise tout ce qui peut être tissé : pvc, caoutchouc, plastique, ballon de baudruche, fibres végétales brutes …. Elle les utilise pour leur couleur, leur transparence, leur consistance, leur flexibilité… Elle réalise ainsi des tapis et des sculptures mais aussi des bijoux très originaux inspirés des gorgerettes historiques du XVIème siècle.

Les photos de Mariano Dallago et de Silvia Paganino, ci-dessous, montrent ces bijoux en version “food art”.   

La Speziale S Becarria

La Speziale de Silvia Beccaria

Détail La Speziale S Becarria

La Speziale, détail de Silvia Beccaria

“La Speziale” est un bijou dont l’objectif est de griser le corps grâce aux arômes. Pour le fabriquer, Silvia a emprisonné des épices (poivre rose, cardamome, coriandre, poivre de Jamaïque) dans des gousses réalisées avec du tulle et du fil de fer et a tissé le tout à la main. 

Bijou aux pains S Beccaria

Bijou aux pains de Silvia Beccaria

Le pain précieux symbole de nourriture devient un majestueux bijou. Pour le faire, il a fallu utiliser 22 variétés de pains (pain au potiron, de seigle, aux noix, pain finlandais, tyrolien, sicilien …) pour créer différentes nuances chromatiques autour du brun.

 

Bijou du jardin Beccaria

Bijou du jardin de Silvia Beccaria

Détail Bijou du jardin Beccaria

Bijou du jardin, détail de Silvia Beccaria 

Pour réaliser le “Bijou du jardin”, Silvia a tissé des tubes de pvc transparent contenant des graines de légumes (chicoré, carotte, persil, aubergine, laitue…) pour mettre en avant la beauté de leurs formes.

Bijou en fruit Beccaria

Bijou en fruit de Silvia Beccaria

Détail Bijou en fruit Beccaria

Bijou en fruit, détail de Silvia Beccaria

Pour créer “Bijou en fruit”, il a fallu utiliser le jus de 34 fruits différents (ananas, melon, fraise …) et les embouteiller dans des tubes de pvc transparents. Ils ont été ensuite tissés sur cadre en fonction de leur couleur. Ils ne sont plus alors nourriture pour le corps mais pour l’imagination ! 

J’espère que cet article a stimulé votre créativité et vous a donné envie de devenir “un explorateur” vous aussi !

A bientôt !

Sophie Touret, Artiste Textile

Maison de Sophie Touret

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une artiste textile française qui vit à côté de Saumur et que j’ai rencontrée lors d’un salon. Il s’agit de Sophie Touret.

Oiseau 2 Sophie Touret

Fille de parents artistes et formée à l’histoire de l’art, elle a appris la sculpture de façon autodidacte. Elle a commencé par utiliser du plâtre et du papier mâché puis elle s’est mise au textile. Elle puisse son inspiration de la nature, plus particulièrement de son grand jardin. Par exemple le potentiel de croissance des graines est, pour elle, une source de fascination.

Oiseau 1 Sophie Touret

Sophie réalise des sculptures textiles à partir de tissu ancien et recyclé, de l’organdi, de la tarlatane … Elle réalise une structure creuse en papier mâché et le tissu est peint à la main avec tout simplement de la gouache. Cela lui permet de créer exactement les couleurs qu’elle souhaite.

Elle crée un univers onirique empreint de sensibilité, tout en subtilité et douceur. Cet univers est à son image car l’artiste extrêmement pudique et réservée est quelqu’un qui s’intéresse réellement aux autres. Chaque œuvre au delà de sa beauté recèle en son sein un message universel ou fait référence à l’histoire personnelle de l’artiste.

Ile de Sophie Touret

Par exemple, cette maison sur l’ile fait référence à son enfance.

Arbre de Sophie Touret

La sculpture de l’arbre raconte que la force de vie prendra toujours le dessus sur la mort, la force destructrice …

Je vous invite à visiter son site

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A Bientôt !

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Zoom sur Danielle Clough artiste “Street Brodeuse”

 

Je poursuis mon voyage virtuel en Afrique du Sud et mes pas m’amènent vers l’atelier de Danielle Clough. Je sens alors comme un vent de fraicheur et de dynamisme très vivifiant … Et ça me plait énormément !

Danielle Clough photo de Sarah Nankin

Danielle Clough est une jeune artiste Sud Africaine. Plus exactement, elle vient de la ville du Cap. Elle a plusieurs casquettes : photographe, designer, VJ (vidéo jockey : c’est à dire qu’elle réalise des performances vidéos lors de concerts en collaboration avec des DJ) et brodeuse ! Sa rencontre avec la broderie s’est faite de façon presque accidentelle. A l’époque où elle était étudiante en art, elle faisait un job d’étudiant où elle fabriquait des jouets en peluche. Au travail elle était toujours couverte de fils et de feutre. Un jour où elle s’ennuyait elle a “dessiné” un lapin sur un morceau de feutre. Par la suite elle a continué à réaliser ces croquis de fils. Ce n’est qu’après coup qu’elle a réalisé qu’elle faisait de la broderie !

flamant rose Danielle Clough

Elle trouve cette activité très méditative et aime prendre son temps pour réaliser ses pièces. Selon ses dires, trouver une activité qui lui donne la sensation d’être une femme de 70 ans lui a permis de trouver son équilibre ! Son travail de brodeuse et de VJ s’enrichissent mutuellement.

Brodeuse autodidacte, elle réalise des œuvres superbes seulement 3 ans après avoir appris à broder ! Sa façon de procéder est de prendre une photo, la transformer en dessin noir et blanc ensuite de faire un dessin sur la surface désirée, elle colore son dessin à l’aiguille avec de la laine et les fils de coton épais aux couleurs pop et acidulées.

Hand Naai Danielle Cl

Elle manie le fil comme un peintre utilise la peinture. D’ailleurs sa façon de travailler la couleur me fait penser à certains tableaux de Van Gogh. Elle réalise des broderies très réalistes : portraits, animaux, plantes, aliments du fast food … Mais elle brode également des émoticônes. Son inspiration provient de la musique et de la “Street” culture. Je sens aussi beaucoup d’humour dans son travail. 

dougnut- Danielle Clough

Danielle brode sur différents supports, parmi les plus surprenants : des raquettes de tennis, squash, badminton vintage qu’elle a récupérées dans un magasin de bric à brac.

RACKET ALOE Danielle Clough

Dès le début, Danielle s’est sentie soutenue par la communauté d’artistes de sa ville. Les réseaux sociaux et plus particulièrement Instagram lui ont servi de tremplin. Elle a donc créée un petit business. Son conseil aux autres créateurs d’entreprise est de rester authentique afin que son audience se sente incluse dans son univers. 

Pour tous ceux qui voudraient se lancer et qui n’osent pas, l’attitude de Danielle est aussi très inspirante car elle revendique le droit à l’erreur. En effet, parfois avant d’arriver à un beau résultat, il faut passer par quelques loupés. Le tout c’est d’en rire et de continuer à avancer Sourire !

RAT van customisé par Danielle Cl

Son aventure l’amène à réaliser différentes collaborations comme par exemple avec Van pour les 50 ans de la marque.

Danielle en train de broder

Récemment, on lui a demandé de participer au premier sommet humanitaire organisé par les Nations Unies dont l’objectif est de réduire les souffrances de l’humanité. Ce sommet a eu lieu en mai 2016 à Istanbul. A cette occasion, elle a brodé sur une clôture rouillée d’un ancien magasin de voiture incendié dans la rue de Canterbury.

Barrière Brodée par Danielle Clough

Voici ce que dit Danielle au sujet de ce travail sur la clôture : L’idée des frontières et des clôtures est très intéressante de nos jours. Selon qu’on se sente attaché ou piégé par elles; notre bonté et notre compréhension dépend de quelle côté de la barrière on se trouve. Pour moi, cela signifie “Prévenir et mettre fin aux conflits”. Si nous regardons les choses qui nous divisent différemment, si nous voyons nos différences comme des opportunités nous pouvons voir que nous sommes tous liés les uns aux autres. Nous pouvons trouver la paix. 

Elle fait également partie des artistes du Upfest, le plus grand festival européen de Street Art, qui se déroule à Bristol (Royaume Uni) du 23 au 25 juillet 2016.

Je voudrais dire un immense merci à Danielle Clough pour m’avoir permis d’utiliser ses photos réalisées par son ami By Jono. J’ai créé un album avec mes photos préférées sur ma page Facebook que je vous invite à voir. Je vous invite à vous rendre également sur le site de Danielle Clough.

A bientôt !