Comment créer un vêtement inspiré du végétal ?

Aujourd’hui j’écris un article un peu différent de d’habitude car je ne suis pas guidée par ma thématique du voyage en Asie, mais par un concours proposé par le site Thread and Needles qui consiste à : coudre un vêtement inspiré par le monde végétal.

Ma Démarche de Création

J’aime beaucoup les plantes et dans mes récents articles je me suis inspirée des cerisiers en fleur et de la mousse des arbres pour faire de la customisation ou de la création.

Mais pour ce vêtement, je voulais une approche plus originale et me lancer un vrai défi à moi-même.

Actuellement je lis un livre très inspirant qui s’appelle “Textiles et Vêtements du Monde” de Catherine Legrand.

Quand j’y ai découvert que les femmes Hmong Fleuri du Vietnam avaient été inspirées par une feuille de latanier pour créer leur traditionnelle jupe aux mille plis, j’ai commencé à regarder les plantes de mon jardin sous un autre angle.

Mon yucca m’a particulièrement inspirée.

fleur de yucca

feuille de yucca

Plusieurs idées sont sorties de cette plante :

– reproduire la forme du feuillage sous forme de plis qui épouserait la silhouette

– reprendre l’idée de la superposition que l’on voit sur le bourgeon en superposant le tissu à certains endroits.

J’ai décidé de faire un haut.

En cherchant dans mon stock de tissu, j’ai retrouvé une robe droite commencée il y a plusieurs mois et que j’avais laissé tomber car je n’étais plus inspirée par le modèle. La robe droite très large avait un rendu pas très flatteur sur moi.

Le tissu blanc avec des stries en relief de différentes nuances de marron me fait penser à la couleur de la fleur de yucca ouverte associée aux feuilles mortes qui s’amoncèlent quotidiennement devant mon entrée.

La Réalisation du vêtement

Je me suis lancée dans mon nouveau projet en mode total impro comme les musiciens font un bœuf !

J’ai travaillé sans patron et sans dessin, avec l’idée du yucca en tête, des épingles et mon mannequin de couture qui me servait de guide.

plissage pour créer un vêtement inspiré du végétal

Après plusieurs essais, je suis arrivée à un résultat que j’estimais correcte. J’ai alors fixé les plis avec des coutures provisoires.

coutures provisoires

 

Une fois cousu à la machine, voilà ce que cela donne :

plis du haut inspiré du végétal

On retrouve de façon stylisée le dessin du feuillage du yucca.

J’ai assemblé les parties avant et arrière du haut, puis j’ai décidé de rajouter des manches et un col dans une matière différente et un peu transparente. J’ai récupéré un vieux rideau en coton, telle Scarlett O’Hara dans “Autant emporte le vent” pour les réaliser ! Sourire

Ca faisait un moment que je voulais faire des manches avec une découpe au niveau de l’épaule et comme de tout façon je ne suivais pas de patron ou de règles j’ai décidé de me lancer ! J’ai beaucoup galéré car mon mannequin n’a pas de bras …

Le Résultat

Voici ce que cela donne :

haut inspiré du végétal 1

haut inspiré du végétal 3

haut inspiré du yucca portéArrière du haut inspiré du végétal porté

 

col arrière détail

 

De façon totalement inattendue, ce haut a un petit côté steampunk !

Le résultat est perfectible, mais cette partie de couture expérimentale m’a ouvert de nouvelles perspectives de création.

Pour Conclure

Si vous ne connaissez pas le site Thread and Needles, je vous recommande d’y aller car vous y pouvez mettre les photos de vos réalisations et c’est toujours stimulant de voir les beaux ouvrages que font les autres Sourire !

Une dernière chose, si vous ne voulez pas perdre une miette de mes actualités, je vous invite pas à vous abonner à ma newsletter si cela n’est pas déjà fait ! J’ai en tête quelques surprises pour vous … Alors tenez-vous prêts ! …

Voici le lien affilié du livre “Textiles et Vêtements du Monde” que je vous conseille :

A Bientôt !

Sophie

Comment coudre une ceinture inspirée des obis ?

L’accessoire indispensable du kimono, celui qui lui donne toute son élégance en structurant la silhouette est sans hésitation la ceinture obi !

Je me suis inspirée du obi pour créer une ceinture que je pourrais intégrer à ma garde-robe. Je vous explique comment dans cet article.

Le Matériel

le tissu : 50 cm en 1,5m de large.

Comme tissu, j’ai choisi de la suédine. Je trouve que cela donne l’illusion d’être du cuir sans les inconvénients de cette matière. Ce type de tissu se coud et s’entretient très facilement.  

la doublure : du satin de 40 cm en 1,5m de large.

imprimé dragon

J’ai pris un imprimé asiatique (j’aime bien cacher ma part de fantaisie … à l’intérieur des vêtements Sourire)

– du fil assorti à la suédine

matériel de couture de base (machine à coudre, aiguille, ciseaux…, pour plus de précisions je vous invite à télécharger mon livre “Le Plaisir de Coudre”)

Le Modèle

mon modèle de ceinture obi

La ceinture que j’ai dessinée fait 15 cm de largueur. Elle se porte au niveau de la taille ou des hanches en fonction de son humeur. Il faut adapter la longueur en fonction de son tour de hanches. La partie centrale est plissée.  J’ai fait 3 plis de largeur inégales pour respecter l’asymétrie de l’esthétisme zen.

Les Etapes de la Couture

Pour réaliser la partie centrale de la ceinture, j’ai pris un rectangle de suédine de 28 cm sur 99 cm que j’ai plissé dans le sens de la largeur.

plissage de la suédine

J’ai accentué la forme des plis en passant au fer à repasser.

Mais afin que les plis restent parfaitement en place à long terme, je les ai fixés à l’aide de petits points (cachés sous les plis) à la main.

J’ai cousu à l’arrière la doublure (un rectangle de 15 cm sur 99 cm). J’ai assemblé les deux types de tissu sur l’envers puis j’ai retourné l’ouvrage. Ensuite, j’ai surpiqué le long des deux grands bords de la ceinture pour que le résultat soit net.

pièces triangulaires pour ceinture obi

J’ai assemblés les parties triangulaires en suédine et en satin entre elles. Puis elles ont été cousues de part et d’autre de la partie centrale de la ceinture.

lanière pour ceinture obi

Pour fabriquer les lanières, j’ai coupé deux longs rectangles de 8 cm sur 56 cm. Je les ai pliés dans le sens de la longueur, j’ai cousu sur l’envers puis je les ai retournés.. Pour que les lanières soient plus élégantes, j’ai fait une couture en courbe au niveau des extrémités qui seront visibles.

Une fois que les lanières étaient fixées aux parties triangulaires, ma ceinture était finie !

ma ceinture obi en suèdine

Je vais la porter de façon décontractée sur les hanches avec un pull et une jupe longue.

ceinture obi portée sur les hanches

Ou bien, je donnerais une touche japonaise à une veste classique…

veste portée avec ceinture obi

Maintenant, à vos aiguilles pour fabriquer vous aussi une ceinture obi Sourire !

A Bientôt !

Sophie 

Comment coudre un pull rapidement et facilement ?

Je suis très frileuse ! Nous ne sommes pas encore en automne mais pourtant j’ai déjà froid ! J’ai acheté il y a quelques temps une belle maille qui me fait penser un peu à la mousse des arbres et aux belles ballades d’automne …

mousse d'arbre (photo de voyageur gourmand)

J’ai décidé d’en faire un pull très confortable, le plus rapidement et le plus facilement sachant que je ne sais pas tricoter …

J’ai dessiné mon propre patron en restant toujours dans la thématique du Japon. Je voulais donc des manches extra-larges un peu comme des manches de kimono.

Je me suis quand même inspirée d’un livre que j’aime bien “La couture en ligne droite” de Sato Watanabe, qui donne des idées pour faire des vêtements stylés même lorsqu’on débute.

livre couture en ligne droite

Je suis partie d’un modèle de robe et je l’ai réinterprété en pull. C’est la forme des manches dite “dolman” que j’ai un peu reprise. J’ai modifié toutes les dimensions également je peux donc vous donner mon schéma dans le respect le plus total des droits d’auteur Sourire

LE MATERIEL

tissu en maille pour pull facile

– du tissu en maille (faisant penser à du tricot) ou du jersey épais, dimension : 75 cm en 1,5 m de large

– du fil assorti, pour ma part je n’avais pas la couleur exacte alors j’ai pris une couleur un peu plus foncée et cela ne se voit (presque) pas

– du matériel basique de couture (machine à coudre, épingles, aiguille, ciseaux ect…)

LES ETAPES DE LA REALISATION

Je vous ai fait un petit film “Comment coudre un pull facilement sans tricoter ?” qui vous montre ce que j’ai fait.

Je vous explique également ci-dessous comment j’ai procédé.

modèle couture pull facile

J’ai utilisé ces mesures adaptées à ma morphologie, n’existez pas à l’adapter à la votre Sourire !

J’ai commencé par dessiner mon patron en me basant sur les mesures que j’avais faites sur mon mannequin de couture.

La seule difficulté que j’ai rencontrée était liée à la matière : les mailles s’accrochent entre elles, et le tissu est très extensible… Que du bonheur ! Du coup, il fallait que je sois très vigilante au moment de la coupe et de la couture pour que mon modèle soit parfaitement symétrique.

J’ai donc dû stabiliser mon tissu avec des épingles au moment de la coupe. J’ai plié le tissu en quatre avant la coupe pour que l’avant et l’arrière du pull soit coupé en même temps.

La couture se fait vraiment facilement car il suffit de coudre en dessous des manches et au niveau de la taille (en un seul geste) puis de faire les ourlets (au niveau des manches, du bas du pull et du col) et c’est fini !

Sauf qu’à cause du tissu, j’ai dû faire une couture provisoire avant. De plus, comme je n’avais pas coupé d’arrondi du niveau du col j’ai dû un peu le modifier sur mon mannequin pour qu’il se pose mieux sur le cou. Comme j’ai fait une ouverture plus large que prévue j’ai fait des coutures supplémentaires pour rattraper le coup… Vous n’aurez probablement pas besoin de faire cela si vous suivez les dimensions que je vous ai données.

coudre un pull facilement

Voilà ça donne un modèle très confortable qui peut être porté avec ou sans ceinture (mais je trouve plus joli avec !)

pull facile avec ceinture

LE BONUS : LE CACHE-COL !

Comme je n’aime pas le gaspillage j’ai récupéré les morceaux qui restaient après la coupe du pull. J’en ai fait des rectangles que j’ai assemblés en une longue bande que j’ai repliée sur elle-même et cousue. Et c’est magique, j’ai obtenu un cache-col ! Vous pouvez voir le film “Couture Facile : Comment faire un cache-col ?” où je montre ce que j’ai fait.

pull facile avec cache col

Voilà je suis prête pour les ballades d’automne !

Si vous voulez plus d’idées de couture, je vous recommande le livre “La couture en ligne droite” de Sato Watanabe.

Vous trouverez le lien affilié juste en dessous. Si vous l’utilisez, je toucherai une petite commission, sans que cela vous coute plus, alors si vous le faites merci de tout cœur, ça m’aidera à entretenir ce blog Sourire !

A Bientôt !

Recherches utilisées pour trouver cet article :Coudre pull 2 en 1

Comment customiser une robe dans un style Kawaii ?

Après un long silence, je décide enfin de redonner signe de vie ! Que s’est-il passé ? Tout simplement un déménagement éprouvant et sportif car j’habitais au 6ème étage dans un vieil immeuble sans ascenseur ! Comme du coup je n’ai pas pu continuer mon défi, je vais le poursuivre car j’ai encore plein de choses à partager avec vous sur le thème du “voyage textile”. Je vais encore m’attarder sur le Japon, pays qui m’inspire énormément.

C’est en pensant au Japon, justement, que j’ai customisé une vieille robe austère.

J’ai acheté cette robe sur internet et soyons honnête elle me donnait un côté mémère avec son col lavallière. Mais elle était tellement confortable… que… je la mettais quand même !

Puis, un jour : accident de lavage ! Le col lavallière en jersey s’est déchiré en s’enroulant avec d’autres vêtements.

Que faire ? La mettre à la poubelle ? Cette idée m’embête beaucoup car on produit trop de déchets et autant que possible j’essaie de limiter ma participation à ce phénomène …

robe avant customisation

C’est donc pour cela, que j’ai voulu la customiser et essayer de la rendre moins triste en lui apportant un peu de couleur et de fraicheur.

Je trouvais que l’inspiration kawaii (mot japonais signifiant mignon) était une bonne piste pour donner une nouvelle vie à cette robe. Je vous explique comment j’ai procédé.

Le Matériel 

matériel de customisation

Pour customiser ma robe, j’ai utilisé :

– des fleurs en tissus que j’avais fabriquées dans mon article précédent

– des attaches brandebourg (boutons chinois)

– du ruban

– du tissu noir épais

– du fil blanc spécial sashiko

– une aiguille spécial sashiko

– du matériel de couture classique (fils de coton assortis, aiguille basique, ciseaux, épingles, machine …)

Les Etapes de la customisation

Je vous ai fait un petit film montrant ce que j’ai fait pour customiser ma robe. Il n’est pas parfait car je débute en vidéo, mais je mets quand même en ligne car il est complémentaire de cet article.  

Le Col

J’ai enlevé le col lavallière déchiré et refait une couture autour du col. Pour faire cette couture, j’ai utilisé du ruban. Il est caché sous la couture. Maintenant que c’est fait, je pense qu’il aurait été mieux d’utiliser du biais (qui aurait mieux épousé la courbe du col). Mais je n’ai pas recommencé ma couture car je trouvais le résultat acceptable malgré tout et je n’avais pas de biais adapté sous la main.

Les Boutons

J’ai cousu à la main des attaches brandebourg pour donner un style asiatique à la robe et lui apporter de la couleur.

La Branche de Cerisier en Appliqué

dessin de la branche

J’ai découpé le tissu noir en lui donnant une forme de branche d’arbre et je l’ai appliqué au niveau du bas de la robe à l’aide de ma machine à coudre.

Le tissu noir appliqué sur du gris anthracite ne se voit presque pas mais cela apporte du relief. Pour que le dessin se voit et pour accentuer sa naïveté j’ai brodé sur mon appliqué un point avant avec un fil et une aiguille de Sashiko (style de broderie japonaise dont je vous parlerai plus tard plus en détail Sourire).

Ensuite, j’ai fixé les fleurs en tissu à l’extrémité des branches à la main.

La branche de cerisier obtenue est naïve, c’est ce qui apporte le côté kawaii à la robe.

robe customisée

Maintenant, il ne reste plus qu’à la porter ! Elle est toujours aussi confortable et en plus elle me va mieux. Je pourrais la porter cet automne avec une veste ou un gilet en maille et des bottines à talons et quand les beaux jours reviendront je l’imagine avec des getas (chaussures japonaises traditionnelles). 

robe customisée bis

J’espère que cet article vous donne envie de customiser vos vieux vêtements plutôt que de les jeter ! Si cela vous inspire, partagez cet article avec vos amis Sourire !

A Bientôt !

Sophie   

Comment faire des fleurs de cerisier en tissu ?

 

Au Japon, il existe un art traditionnel ancien qui permet de fabriquer des fleurs à partir de tissu. Il s’agit du Tsumami. Les fleurs sont réalisées grâce à des pliages de tissu. C’est une sorte d’origami. Cette technique sert à fabriquer le Kanzashi, épingle à cheveux traditionnelle ornant notamment la chevelure des geishas.

Pour ma part, j’ai réalisé des fleurs en origami textile plus simples que celles des Kanzashis. Pour cela, j’ai utilisé un “yoyo maker” de Clover. Il existe de nombreux modèles. J’ai utilisé celui permettant de faire des fleurs à cinq pétales. Ca m’a permis de décorer un porte-monnaie, un jour où j’avais cousu un petit ensemble de maroquinerie.  

sac, pochette et porte monnaie DIY par couture et arts textiles

J’ai voulu un peu détourner la technique pour créer des fleurs de cerisiers. 

matériel pour faire des fleurs origami en tissu

Matériel :

– yoyo maker

– coupons de tissu en camaïeu

– fil assorti

– ciseau

– aiguille très fine

– perle de rocaille (supportant la chaleur pour pouvoir passer à la machine, si les fleurs sont destinées à un vêtement)

Les Etapes

Je vous explique comment procéder pour réaliser les fleurs de cerisier en tissu dans un tuto sur YouTube.

fleur de cerisier en tissu

 

Dès que je peux, je vous montrerai ce que j’ai fait de ces fleurs en tissu. Comme vous l’avez surement constaté, en ce moment c’est compliqué pour moi d’écrire des articles car je suis en plein déménagement. En effet, un gros changement de vie se prépare pour moi : je vais aller vivre dans ce sud-ouest de la France. J’espère que passé cette période un peu compliquée j’aurais plus de temps pour créer, coudre et partager tout cela avec vous ! Sourire

Recherches utilisées pour trouver cet article :comment faire de lart textile, fabriquer des cerisiers

Comment pratiquer le Shibori ?

 

Dans mon précédent article, je vous ai expliqué ce qu’était le Shibori. Maintenant, voyons comment le pratiquer soi-même, grâce à Magali Bontoux, spécialiste des teintures végétales, qui m’a enseigné quelques techniques.

Bien sûr, il ne sera pas possible d’aborder la cinquantaine de techniques de Shibori ! Mais cela vous donnera quelques pistes pour décorer vos tissus grâce à la teinture. 

LE MATERIEL

La teinture

Pour pouvoir teindre vos tissus, il faut tout d’abord une cuve de teinture. Le pigment phare du Shibori est l’indigo ! Mais d’autres couleurs sont possibles. Si vous êtes un puriste et que avez du temps devant vous, vous pouvez faire votre propre cuve d’indigo naturelle, pour vous aider, je vous renvoie à mon article Comment faire un bain de teinture d’indigo naturel.

Autrement, vous avez d’autres possibilités comme par exemple les teintures en machine prête à l’emploi ou les teintures au procion (c’est une teinture à faire soi-même à partir de pigments en poudre, ça demande du temps aussi mais c’est un peu moins long que les cuves naturelles). 

Les outils pour réaliser les dessins sont multiples :

Shibori matériel

des formes en bois  : Vous pouvez détourner celles destinées au scrapbooking. Pour créer un style japonais, vous choisirez des éléments qui rappellent leurs dessins traditionnels comme par exemple des papillons de forme épurée… 

des grosses pinces

de la ficelle

des élastiques

des morceaux de tube de PVC

des pinces à linges en bois

 

QUELQUES TECHNIQUES DE SHIBORI

Une fois que la cuve de teinture est prête, il est temps de préparer les tissus grâce aux techniques de Shibori.

La première chose à faire est de mouiller le tissu à teindre avec de l’eau claire. Ensuite, plusieurs techniques sont possibles en fonction de ce que l’on souhaite faire. 

Pour créer des effets de vagues :

On roule le tissu mouillé autour du tube de PVC. On entoure l’ensemble avec des élastiques, ce qui permet de maintenir le tissu sur le tube. Puis on fait glisser le tissu sur le tube (de l’extérieur vers l’intérieur) de façon à créer des plis. Au moment de la teinture, les élastiques et les plis protègeront certaines zones du tissu qui garderont leur couleur initiale. A la fin du processus de teinture, des motifs en forme de vagues apparaitront.

Faire du shibori avec un tube de PVC

 

Pour créer des dessins symétriques :

On plie le tissu de façon symétrique. Une fois qu’il est plié, on applique des pièces en bois de différentes formes (papillons, fleurs ect…). On maintient fermement les formes en bois grâce à de grosses pinces. Cela va empêcher la teinture d’atteindre le tissu en dessous du bois et après la teinture le dessin va apparaitre, en négatif.

Les pinces à linge en bois vont non seulement maintenir les plis mais en plus créer des motifs à l’endroit où ils sont en contact avec le tissu. Il est important de prendre du bois car le bois absorbe la teinture, ce qui n’est pas le cas du plastique.  

Shibori préparation

 

Pour créer des dessins en forme de toile d’araignée :

On coiffe une tige en bois (de type pique à brochette en bois) d’un petit carré de tissu, en faisant correspondre la pointe de la tige au milieu du carré. On enroule la tige avec le tissu en le tordant bien et on enlève cette tige. En maintenant la tension du tissu, on l’enroule avec de la ficelle en commençant par la pointe. Il s’agit de la technique du Kumo Shibori typique d’Arimatsu où l’on crée un dessin régulier en forme de toile d’araignée (kumo signifiant toile d’araignée en japonais) qui se révèle après la teinture. 

Les étapes finales :

Une fois que le tissu a été préparé par la technique de votre choix, on le met dans la cuve de teinture ou à la machine à laver en fonction de la méthode de teinture choisie. Je déconseillerais la teinture à la machine avec les formes en bois, par contre.

Une fois que la teinture est faite et fixée, on le remet le tissu à plat. On le rince à l’eau claire et on le laisse sécher. Ce qui est génial c’est le résultat sera toujours unique et plein de surprises …

tissu teint avec la technique du Shibori

 

Pour conclure …

Je trouve génial de pouvoir rendre unique le plus humble morceau de tissu. Dommage que je manque de temps actuellement car j’ai très envie de faire toute sortes d’expérimentations avec la teinture.

Je voudrais adresser un immense MERCI à Magali Bontoux pour tout ce qu’elle m’a appris, pour sa gentillesse et sa générosité Sourire ! Si cela vous intéresse, elle réalise des stages et des ateliers de teinture végétales. Elle vend également ses tissus teints à la main. Vous pouvez retrouver toutes les informations sur son site www.lherbieracouleur.com.

De notre côté, on se dit à bientôt !

Recherches utilisées pour trouver cet article :comment faire du shibori, teinture shibori stage 2017

Le Shibori : de la teinture à la sculpture

 

Teindre le tissu en faisant des réserves est une pratique très ancienne qui existe sur l’ensemble du globe. Les techniques varient en fonction de l’environnement et des sociétés (avec quand même des similitudes) et portent différents noms : Tye and Dye en Europe, Banda en Afrique …

Au Japon, la technique de teinture à réserve s’appelle le Shibori. Les villes nipponnes associées au Shibori sont : Arimatsu, où traditionnellement on travaille le coton et le lin et Kyoto, célèbre pour ses somptueuses soies teintes. Ces étoffes étaient utilisées pour confectionner les kimonos et les habits des samouraïs.

Shibori kimono

Kimono teint au Shibori à Arimatsu (photo de Bong Grit)

Le principe du Shibori

Le mot Shibori vient du verbe japonais Shiboru qui signifie “réduire le volume au maximum, tordre, serrer, presser …”

L’objectif du Shibori est de préserver certaines zones du tissu afin qu’elles ne soient pas touchées par la teinture et gardent leur couleur originelle. Pour cela, il existe environ une cinquantaine de techniques qui consistent : à nouer le tissu avec du fil, à faire des boucles, des ligatures, des coutures, des drapés, à le presser contre des morceaux de bois …

Ce qui me fascine dans la Shibori c’est la possibilité de faire des dessins très précis (comme sur la photo du noren en dessous) d’ailleurs l’objectif est de donner l’impression que le tissu a été peint à la main et non pas teint.

Shibori Arimatsu

Noren teint avec la technique du Shibori à Arimatsu (photo de Bong Grit)

Le Shibori : un art en voie de disparition ?

Artisan pratiquant le shibori

Artisan Japonais à Arimatsu (photo de Naukhel)

Hélas, ces techniques ont tendance à disparaitre avec les artisans, qui sont maintenant pour la plupart âgés. En effet, les Japonais portent de moins en moins de kimonos et par conséquent les fabricants d’étoffes traditionnelles ont peu de débouchés économiques.

Comment faire pour que cet art ancestral ne se perde pas ? A cette question, plusieurs réponses émergent : l’art, la mode, le DIY…

En effet, quelques artistes ont décidé de se battre pour promouvoir ces techniques pour éviter qu’elles ne disparaissent. Dans cet objectif, ils ont créé en 1992 le Symposium international de Shibori ce qui donne lieu à des expositions textiles internationales et crée une émulation autour de cette technique.

Le grand styliste japonais Yohji Yamamoto a rendu hommage à cette technique dans les magnifiques collections automne hiver 1994-1995 et printemps été 1995.

Nous aussi, si nous le voulons, nous pouvons contribuer à sauvegarder de l’art de Shibori ! Pour cela c’est très simple : en l’apprenant et en le pratiquant Sourire !

 Une autre façon de pratiquer le Shibori …

J’ai été très surprise de voir que le Shibori pouvait être détourné de sa fonction de teinture afin d’exploiter le coté tridimensionnel qu’il donne aux tissus.

J’ai découvert cela grâce à ma rencontre avec Sabine Hautefeuille, illustratrice et designer textile. Inspirée par ses voyages, elle a exploité l’aspect 3D du Shibori pour en faire de magnifiques sculptures textiles. Elle a eu également la gentillesse de se laisser filmer pour parler elle-même de son travail ! Je vous invite également à voir ses illustrations sur son site www.sabine-hautefeuille.fr.

Shibori par Sabine Hautefeuille

Voile de Chine et Etoiles création textile en Shibori de Sabine Hautefeuille

Le hasard d’internet m’a fait découvrir le travail de l’artiste anglaise Michelle Griffiths. Elle explore les différentes possibilités du Shibori pour créer des sculptures textiles contemporaines. Je vous invite à voir ses œuvres sur le site www.shibori.co.uk.

 

shibori Griffiths

Mantra Griffths

Sculptures en Shibori de Michelle Griffiths

 

Cette utilisation inhabituelle du Shibori n’est pas seulement réservée à l’art mais peut être également appliquée à la décoration. D’ailleurs, l’entreprise Suzusan utilise les propriétés tridimensionnelles du tissu pour créer des luminaires originaux. Le revêtement textile des lampes est en polyester, qui suite à un traitement thermique au cour du “processus Shibori”, garde sa forme même après lavage. Vous pouvez voir leur travail sur leur site www.suzusan.com. Dans la rubrique “download” vous pouvez télécharger leurs catalogues, ils sont intéressants car ils montrent les extraordinaires possibilités décoratives offertes par le Shibori.

Le mot de la fin

Je ne sais pas pour vous, mais tout ça me donne envie d’expérimenter cette technique !  Plusieurs pistes sont à explorer : la couleur, les dessins, la sculpture…. De façon très prosaïque, j’aimerais bien utiliser cette technique pour embellir mon linge de maison ou fabriquer mes propres lampes !  Promis, dès que j’ai le temps de m’y mettre je vous montre ce que cela donne Clignement d'œil

A Bientôt !

Comment coudre une blouse facile en s’inspirant des vêtements mayas ?

Je trouve intéressant l’idée de partir de la coupe d’un vêtement traditionnel et l’interpréter d’une façon différente.

vêtement maya

Je me suis inspirée des hauts de vêtements mayas qui ont une coupe très simple. Il s’agit d’un simple tissus plié en deux, au centre duquel  on fait une ouverture pour laisser passer la tête. Cette ouverture peut être de forme arrondie ou rectangulaire. Le tissu est cousu soit assez proche du corps en laissant un espace pour les bras, soit sur les bords du tissu.

vêtement maya en laine

J’ai donc utilisé ce principe pour faire une blouse mais en faisant une ouverture très large au niveau de la tête pour avoir un effet épaules nues. J’ai utilisé un tissu en décalage avec le style maya : de la panne de velours ! J’utilise donc une matière très fluide et extensible alors que les matières utilisées normalement pour les vêtement mayas sont assez rigides. Je vais mixer ce tissu avec du ruban de satin assorti ce qui va me permettre de faire des bretelles et une ceinture. 

Voici en dessous le schéma de ma blouse avec les dimensions, pour que vous puissiez faire pareil si l’envie vous prends Sourire ! schéma blouse diy facile

Il vous faut donc un tissu de 99 cm de large et de 150 cm de long en comptant les marges de couture (de 2 cm) et l’ourlet (de 3 cm).

Pour faire les bretelles, vous avez besoin de 32 cm de ruban (en comptant une marge de couture de 2 cm). La longueur du ruban pour faire la ceinture va dépendre de votre tour de taille. Un conseil : coupez votre ruban en biais pour qu’il s’effiloche moins au niveau de la ceinture !

La réalisation est très simple.

– Pour réaliser le col, on plie le tissu en deux dans le sens de la longueur, puis dans le sens de la largeur. On coupe en ligne droite du centre du tissu vers le bord en s’arrêtant à 23,5 cm du bord.

– Pour réaliser les manches, il faut coudre sur l’envers du tissu (pour que la couture de retrouve à l’intérieur de la blouse) et laisser une ouverture de 34 cm de long. 

La petite difficulté c’est que la panne de velours s’enroule sur elle-même quand on la coupe. J’ai donc dû faire une couture provisoire à la main avant de passer à la machine.

Voilà ce que ça donne :

– sans la ceinture

blouse diy niveau débutant

– avec la ceinture

blouse diy débutant

 

 

Une petite remarque sur les accessoires : ils peuvent être faits maison Sourire !

J’ai fabriqué la broche moi-même. Il s’agit d’un petit papillon en dentelle de Venise (que j’ai acheté, mais avec un peu de temps on peut le faire soi-même) à l’arrière duquel j’ai fixé à la main une petite épingle de sureté.

Le collier peut être fait soi-même aussi avec un peu de patience ….

Voilà en deux temps trois mouvements, un petit haut pour aller dans une soirée est fabriqué ! Je trouve qu’il a un côté années folles…

Je trouve ça marrant de voir qu’en changeant de matière et en modifiant un peu la coupe on obtient quelque chose d’un style totalement différent : la couture c’est magique !

A bientôt !  

Recherches utilisées pour trouver cet article :blouse facile à réaliser, blouse traditionnelle, comment faire des plis sur une blouse, coupe d\une blouse

Comment faire un collier avec de la dentelle et de la laine ?

Pour la fin de l’année, j’avais envie de me faire un collier d’hiver qui me réchauffe avec sa texture et sa couleur et en même temps qui me fasse rêver. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de marier la dentelle et la laine cardée.

Collier d'hiver en laine feutrée et dentelle Noyon

Voici le matériel utilisé :

– Un coupon de dentelle Noyon

Dentelle Noyon

– de la laine cardée

laine à feutrer

– une aiguille à feutrer la laine et une plaque de mousse adaptée

aiguille à feutrer et plaque de mousse

– des perles

Perles

– une aiguille de couture et du fil à broder

– du ruban en satin

Réalisation :

J’ai commencé à découper la dentelle en suivant les dessins des fleurs. 

dentelle noyon découpée

Puis, j’ai assemblé différents morceaux de dentelle de façon à créer la forme du collier.

assemblage dentelle noyon

Ensuite, j’ai feutré de la laine sur certaines parties de la dentelle. Le geste du feutrage est simple : il s’agit de faire des mouvements de va et vient avec l’aiguille pour que la laine s’accroche à la dentelle. Pour que ce soit plus facile à faire, il faut prendre de petites quantité de laine à chaque fois.

Feutrage de la laine sur de la dentelle

Il possible de faire des dégradés de couleur. Les personnes qui aiment les couleurs, comme moi, se régalent avec cette technique !  

Laine feutrée sur dentelle Noyon

Une fois que j’ai estimé que mon feutrage était fini, j’ai cousu quelques perles pour apporter un peu de lumière et de fantaisie. Puis j’ai cousu deux bandes de ruban suffisamment longues pour me permettre d’accrocher le collier autour de mon cou.

Après, il n’y a plus qu’à le porter ! Sourire

collier d'hiver

J’espère que mon premier collier en dentelle et en laine vous a inspiré et qu’il vous a donné envie de faire de même !

Si vous voulez être au courant de mes nouvelles publications, je vous invite à “liker” ma page Facebook !

Je vous souhaite d’excellentes fêtes et je vous dis à très bientôt !

Recherches utilisées pour trouver cet article :comment faire un collier en broderie d\art, comment faire un collier avec de la laine, tuto comment faire un bracelet avec de la dentelle

Schiaparelli, Dali et Sfar : quand la haute couture rencontre l’art surréaliste et la BD

Sculpture de Dali

Montre molle sur cintre, Dali

Je suis allée voir l’exposition “Une seconde avant l’Eveil” qui se tient à l’espace Dali à Paris jusqu’au 31 mars 2017. Le dessinateur Joann Sfar a revisité l’œuvre de Dali en demandant à quatre jeunes femmes de redire ses tableaux en geste, danse et théâtre et en a fait une BD.

sfar 3

Fin de la parenthèse, Sfar

Le dessinateur est entré en intimité avec les peintures du maitre catalan ce qui l’a profondément changé. Selon Sfar, Dali n’est pas mort : il est réincarné dans ses œuvres. “Rien n’est plus vivant que l’émotion qui vous retourne au moment où vous comprenez enfin une peinture que vous avez sous les yeux depuis toujours” dixit Sfar.

Robe verte Schiaparelli de dos

Fin de la parenthèse, Sfar

Le dernier jour de ce travail, les jeunes femmes ont porté des robes de la créatrice italienne Elsa Schiaparelli.

exposition robes Schiaparelli

Robes Schiaparelli

La célèbre styliste est une contemporaine de Dali et elle a collaboré avec de nombreux artistes de son époque. De sa collaboration avec Dali, sont nées des pièces devenues légendaires : le tailleur à poches tiroir inspiré du “Cabinet anthropomorphique” de Dali, le chapeau chaussure, la robe imprimée homard, la robe Larmes inspirée du tableau “Trois jeunes femmes surréalistes tenant dans leur bras les peaux d’un orchestre”, le flacon de parfum le Roy Soleil ect …

femme en flammes Dali

Femme en flamme, Dali

Voici ce que disait Dali de sa collaboration avec Schiaparelli : “La constante tragique de la vie humaine c’est la mode et c’est pourquoi j’ai toujours aimé collaborer avec (…) Madame Schiaparelli, pour prouver justement que l’idée de s’habiller, l’idée de se déguiser n’étaient que les conséquences du traumatisme de la naissance, qui est le plus fort de tous les traumatismes que l’être humain puisse expérimenter puisque c’est le premier.”

licorne dali

La Licorne, Dali

Pour Schiaparelli le stylisme est un art “très difficile et frustrant, car à peine une robe est née qu’elle appartient déjà au passé. Une robe ne peut être accrochée au mur comme un tableau”.

sculpture Dali la danseuse dalinienne

La Danseuse, Dali

Pour ma part, je n’ai peut-être pas atteint l’éveil lors de cette exposition mais j’ai été interpelée par une phrase tiré de “Fin de la parenthèse” de Sfar inscrite sur le mur : “Et moi je fais juste des dessins, je ne sais pas si ça va provoquer le grain de magie nécessaire”. Au fond c’est ce qu’essaie de créer tout artiste (dessinateur de BD, sculpture, styliste, musicien …) : cette étincelle de magie qui fait basculer notre vie ordinaire vers l’extraordinaire et l’illumine !

Sfar fin de la parenthese

Fin de la parenthèse, Sfar

Voilà, nous arrivons à la fin de cette parenthèse. N’hésitez pas à partager cet article avec vos amis !

A Bientôt !