Découverte de la Broderie Chinoise dite Xiang

 

Cette année, j’ai eu la chance de m’initier à la broderie chinoise, plus exactement la broderie Xiang de la sublime région du Hunan. Cette broderie date de plus de 2000 ans et les points retrouvés sur les broderies antiques sont les même que ceux utilisés aujourd’hui. Il existe plusieurs écoles de broderie en Chine et chacune à son thème de prédilection. Celui de la broderie Xiang est le tigre, cela n’empêche pas de retrouver toutes sortes de motifs, notamment ceux en rapport avec la nature !

Prunus sous la neige Broderie Xiang

La première fois que j’ai vu ce type de broderie j’étais sidérée ! Je pensais que c’était de la peinture. En fait, je ne suis pas loin de la vérité car il s’agit de peinture à l’aiguille, où les fils de soie remplacent la peinture. Les motifs sont très réalistes, très précis.

orchidées en broderie Xiang

Pour arriver à faire ce type de broderie il faut faire un dégradé de couleur comme en peinture. Cela à la nuance près que l’orientation du fil va faire varier la couleur. En effet, il ne faut pas oublier que les fils de soie accrochent subtilement la lumière. La broderie chinoise fait donc appel à un grand sens artistique, à la créativité et à la prise d’initiative.

broderie Xiang oiseaux détail

Le cour s’est fait avec mon agréable professeur Xig Xig, ce qui signifie étoile ! Xig Xig travaille pour Hunan Embroidery Research Institute qui est situé dans la ville de Changsha. Le cour s’est déroulé en anglais. (Et oui, je suis très motivée !…)

Xig Xig professeur de broderie chinoise

Elle a utilisé la pédagogie chinoise basée sur l’observation. L’objectif était de broder un lotus qui était déjà imprimé sur un morceau de satin.

broderie Xiang Lotus

Comme il s’agit d’une initiation le modèle proposé était un peu plus simple que celui de la photo, mais ça fait rêver de voir des ouvrages comme ça !

Le matériel :

– un cadre de broderie pour que le tissu soit bien tendu

– une aiguille de broderie extrêmement fine

– un tissu de satin ou de la soie

– des fils de soie avec des camaïeux de couleurs qui vont permettre de faire des dégradés de couleur. Il est très important de ne prendre que les fils de soie conçus pour la broderie chinoise ceux utilisés pour d’autre type de broderie ne seront pas adaptés.

Le principe : Le point utilisé pour la broderie chinoise est le passé empiétant. La clé est de combiner des points longs à des points courts et de ne pas de concentrer sur un seul point. L’idée est donc d’arriver à emboiter les points entre eux, tout en laissant un certain espace entre les points. Si jamais il y a un trou, on peut revenir dessus avec un fil plus fin.

La réalisation : Avant de commencer, il faut séparer les fils de soie en un nombre précis de brins (plus fins que des cheveux). Pour réaliser le lotus, il fallait utiliser 4 brins ce qui, mine de rien, constitue un immense chalenge ! Pour ma part, j’ai réussi à prendre 8 brins, de ce fait le résultat est moins élégant que prévu … 

On débute la broderie sans faire de nœud, pour fixer le fil on fait plusieurs petits points sur place.

Au moment de la réalisation il faut être parfaitement calme, autrement les fils se vengent (ils s’emmêlent, se vrillent, se cassent …). C’est une véritable école du zen de pratiquer la broderie chinoise ! Rapidement, on atteint une grande sérénité (en même temps on n’a pas trop le choix Sourire) !

mon ouvrage de broderie chinoise

Ci-dessus vous pouvez voir où j’en suis actuellement dans mon ouvrage. J’essaie de le continuer dès que je prends le train, quand celui-ci ne bouge pas trop…

Pour ma part, la broderie chinoise est mon gros coup de cœur de l’année ! Le hasard fait bien les choses car lors de cet atelier j’étais assise à côté de Jacqueline Poirier qui pratique depuis quelques années la broderie Su (qui vient de la région de Suzhou en Chine) et qui voulait découvrir une autre école.

Dans un prochain article, je vous raconterais la véritable aventure qu’elle a vécue et continue à vivre pour pouvoir apprendre la broderie chinoise et la promouvoir ! ….

A bientôt !

NEELAM en vidéo

Bonjour, cher Passioné(e) du fil Sourire !

Après une petite semaine où je n’ai pas donné de signe de vie je reviens pour vous donner le lien vers ma nouvelle vidéo où Damien le cofondateur de Neelam nous fait le plaisir de présenter son entreprise avec toute la démarche éthique et écologique qu’il y a derrière.

Ca fait juste plaisir de voir ce beau couple réussir à vivre en accord avec leurs passions (à savoir les voyages et le textile) et leurs valeurs.

Je ne peux que leur souhaiter beaucoup de succès ! 

La prochaine fois nous ferons cap vers la Chine, je ne vous en dis pas plus ….

NEELAM entreprise textile tournée vers l’Inde

Aujourd’hui je fais cap vers l’Asie et j’ai le cœur partagé. J’éprouve entre une certaine frustration de quitter le continent américain car comme d’habitude il y a tellement de choses à dire que c’est impossible de faire le tour de la question en trois mois. En même temps, je ressens un immense enthousiasme à l’idée d’aborder l’Asie Sourire, car c’est un continent aux traditions millénaires et extrêmement riche culturellement !

Je vais commencer ce périple par l’Inde. Le hasard m’a fait croiser la route d’un jeune couple inspirant Damien et Emilie qui ont créé une entreprise textile Neelam, ce qui signifie indigo en sanskrit. Ils sont tous les deux passionnés de voyage et le fait de créer leur entreprise leur permet d’associer cette passion aux compétences d’Emilie qui est styliste de formation.

Cette jeune entreprise propose des articles de loisirs créatifs provenant de l’Inde.

Ce qui m’a particulièrement plu ce sont les tissus imprimés au tampon. Les artisans indiens (originaires principalement de la communauté Khatri) utilisent des méthodes ancestrales basées sur la combinaison de tampons en bois sculpté (les “buntas”) de différentes tailles et formes.

Tissu Indien Neemla

Les artisans utilisent deux méthodes d’impression au tampon :

L’impression directe où le tampon est trempé dans la teinture puis appliqué sur directement sur le tissu.

L’impression indirecte où le tampon est mis dans une pate de réserve (en général à base de noyaux de tamariniers et de chaux). Après l’application du tampon, le tissu est teint. Puis on enlève la pate de réserve et cela permet de retrouver la couleur naturelle du tissus qui garde la trace du tampon. Cette technique ne fait pas de craquelure, contrairement au batik (qui utilise de la cire pour faire la réserve).

Les pigments sont naturels : indigo, garance, curcuma …

Tissu indien Neemla 2

 

Comme le travail est fait à la main, le processus est assez lent. Ce sont vraiment des tissus précieux !

Neelam propose également des tampons de plus petite taille ce qui permet de faire soi-même ses propres impressions textiles sur de petites surfaces.

Tampon pour impression textile

Je me suis laissée tentée par trois tampons : une forme cachemire très typique de l’Inde, un OM et un lotus (c’est vrai que l’Inde, terre très spirituelle, est le berceau du bouddhisme). Pour que l’impression marche il faut que la teinture soit suffisamment épaisse. Si la texture ressemble à celle de l’encre de chine cela ne marchera pas. Je vous tiens au courant de mes essais dès que j’aurais testé bien-sûr Sourire !  

J’ai été très séduite également par les broderies indiennes traditionnelles : chaque région a ses traditions !

Broderie indienne Rabari

Broderie Rabari

Broderie indienne Neran

Broderie Neran

Broderie indienne Jat

Broderie Jat

Ce qui est très typique de la broderie indienne c’est l’insertion de petits miroirs au sein des broderies. Pour les faire tenir sur le tissu, Emilie m’a expliqué qu’il fallait faire un point feston atour du miroir. Bonne nouvelle, ils vendent les petits miroirs sur leur site ! Pour l’instant j’ai trop d’ouvrages en cour pour me lancer dans la broderie indienne mais c’est une expérience qui me tente bien en tout cas ! …  

Ce qui me touche plus particulièrement dans cette entreprise ce sont ses valeurs éthiques. En effet, la vente des broderies aide les brodeuses à améliorer leur indépendance sociale et économique. De plus, Neelam a un partenariat avec l’association Manav Sadhna (située dans l’ashram de Gandhi) qui a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des enfants des bidonvilles.

La prochaine fois, je laisserai la parole à Damien qui m’a eu la gentillesse de se laisser filmer pour parler de son entreprise.

En attendant, si cet article vous inspire, partagez-le avec vos amis Sourire !

A bientôt !

ARTEXTURES

Aujourd’hui, je m’écarte un peu de mon défi mais je reste dans la thématique de l’exploration.

Marie Wolf Eclat de Corail

Qu’est qu’il y a derrière le mot étrange d’Artextures ? En fait, il s’agit d’une association qui a pour but de promouvoir l’innovation et l’évolution dans de domaine de l’art textile. Elle est une sorte de filiale de France Patchwork, et s’adresse plus particulièrement aux personnes qui aiment transgresser les règles des techniques textiles traditionnelles. 

Que fait cette association ? Elle organise tous les deux ans un concours international sans thème imposé qui permet à chaque artiste d’exprimer, comme il le souhaite, son propre univers. Toutes les techniques et matières sont autorisées à condition bien sûr qu’il y ait un lien avec le textile.

Par exemple, l’artiste Ezster Bornemisza a choisi du papier de murier, du papier journal déchiré, des câbles et de la peinture pour s’exprimer.

Ezster Bornemisza 

Anne Guibert Lassale a réalisé un portait à l’huile sur des bandes de tissus tricoté, et le résultat est impressionnant !  

Anne Guibert Lassale Portrait de Pierre

Dans son œuvre “Crossing times”, l’artiste Chiaki Dosho a utilisé des kimonos anciens en soie pour créer une œuvre à l’aspect très végétal, pour moi.

Chiaki Dosho Crossing times 7

Les œuvres en 3D sont également possibles ! C’est la piste suivie par Diane Bonan pour réaliser sa sculpture “Tatouage” en fil de fer et en fil à coudre.

Diane Bonan Tatouage

J’aime beaucoup ces approches axées sur la liberté et la créativité !

Jusqu’au 31 mars il est possible de participer à la neuvième édition de leur concours. Pour avoir plus d’information sur les modalités, je vous invite à aller sur leur site de France Patchwork.

J’espère que cet article vous a donné envie d’explorer de nouvelles pistes textiles !

A Bientôt !

Le Mola

Le mola a été créé et est pratiqué par les Kunas, un peuple qui habite le petit archipel coralien paradisiaque des San Blas (Panama).

oiseaux en mola

Actuellement la situation des Kunas est précaire car ils feront parti des premiers touchés par les conséquences du réchauffement climatique. C’est pourquoi cela me touche plus particulièrement de parler de cet artisanat. De plus, c’est la première technique de patchwork que j’ai découverte et que j’ai pratiquée. C’est probablement cette technique qui a initié, chez moi, la passion textile.  

mola plumage d'oiseaux

Le mot mola signifie littéralement “plumage d’oiseau” et effectivement certaines pièces font penser à des plumage d’oiseaux exotiques. En effet, l’utilisation de tissus de couleurs vives et franches est une des caractéristiques des molas traditionnelles. C’est cet aspect extrêmement coloré qui a déclenché un immense coup de cœur chez moi.

Christ en Mola

Cet art est né de la rencontre entre les Kunas et les blancs, car jusqu’à leur arrivée les femmes vivaient seins nus et se peignaient le corps. En adoptant le vêtement occidental (de gré ou de force), elles ne renoncèrent pas pour autant à leur culture en créant non seulement des habits originaux mais aussi un nouveau mode d’expression pictural. Les molas racontent, telles des livres ouverts, des mythes et des récits traditionnels en rapport avec les rites, les animaux, les plantes ect…

mola et mythe

Pour faire un mola, on utilise les techniques d’appliqué et surtout d’appliqué inversé

Petit point définition 

– L’appliqué qui est une technique très utilisée en patchwork qui consiste à coudre un morceau de tissu sur un autre tissu qui sert de base.

broderie et mola

– L’appliqué inversé comme son nom l’indique, consiste à faire l’inverse ! On place différents tissus en dessous du tissu de base. On découpe les tissus supérieurs en suivant le tracé d’un dessin : ce qui va révéler progressivement les tissus inférieurs. La couture se fait progressivement  après chaque découpage soit à la main, soit à la machine.

mola appliqué inversé

 

Une des dernières étapes du travail est de réaliser des broderies qui permettent de faire des dessins plus fins. Avec ces techniques, le moindre dessin géométrique devient beau et sophistiqué.

Une fois qu’on a compris le principe, on peut faire le dessin que l’on veut ! Chacun peut raconter sa propre histoire. Pour ma part la première histoire que j’ai raconté grâce à la mola est celle du jardin créole en référence mon enfance.

mon premier panneau en mola

Voilà, j’espère que cet article vous a donné envie décrire votre propre histoire à l’aide d’un fil et d’une aiguille Sourire !

Vous pouvez aller sur ma page facebook pour voir l’album photo consacré au mola et je vous invite à “liker” la page pour pouvoir être tenu au courant des news !

Merci d’avoir lu cet article et à Bientôt !

PS : les molas photographiées (mis à part celle que j’ai cousue) sont issues des collections particulières de JL Baconnier, R. Aknin, M. Simmons et M De Leon. Merci à eux !

Comment coudre une blouse facile en s’inspirant des vêtements mayas ?

Je trouve intéressant l’idée de partir de la coupe d’un vêtement traditionnel et l’interpréter d’une façon différente.

vêtement maya

Je me suis inspirée des hauts de vêtements mayas qui ont une coupe très simple. Il s’agit d’un simple tissus plié en deux, au centre duquel  on fait une ouverture pour laisser passer la tête. Cette ouverture peut être de forme arrondie ou rectangulaire. Le tissu est cousu soit assez proche du corps en laissant un espace pour les bras, soit sur les bords du tissu.

vêtement maya en laine

J’ai donc utilisé ce principe pour faire une blouse mais en faisant une ouverture très large au niveau de la tête pour avoir un effet épaules nues. J’ai utilisé un tissu en décalage avec le style maya : de la panne de velours ! J’utilise donc une matière très fluide et extensible alors que les matières utilisées normalement pour les vêtement mayas sont assez rigides. Je vais mixer ce tissu avec du ruban de satin assorti ce qui va me permettre de faire des bretelles et une ceinture. 

Voici en dessous le schéma de ma blouse avec les dimensions, pour que vous puissiez faire pareil si l’envie vous prends Sourire ! schéma blouse diy facile

Il vous faut donc un tissu de 99 cm de large et de 150 cm de long en comptant les marges de couture (de 2 cm) et l’ourlet (de 3 cm).

Pour faire les bretelles, vous avez besoin de 32 cm de ruban (en comptant une marge de couture de 2 cm). La longueur du ruban pour faire la ceinture va dépendre de votre tour de taille. Un conseil : coupez votre ruban en biais pour qu’il s’effiloche moins au niveau de la ceinture !

La réalisation est très simple.

– Pour réaliser le col, on plie le tissu en deux dans le sens de la longueur, puis dans le sens de la largeur. On coupe en ligne droite du centre du tissu vers le bord en s’arrêtant à 23,5 cm du bord.

– Pour réaliser les manches, il faut coudre sur l’envers du tissu (pour que la couture de retrouve à l’intérieur de la blouse) et laisser une ouverture de 34 cm de long. 

La petite difficulté c’est que la panne de velours s’enroule sur elle-même quand on la coupe. J’ai donc dû faire une couture provisoire à la main avant de passer à la machine.

Voilà ce que ça donne :

– sans la ceinture

blouse diy niveau débutant

– avec la ceinture

blouse diy débutant

 

 

Une petite remarque sur les accessoires : ils peuvent être faits maison Sourire !

J’ai fabriqué la broche moi-même. Il s’agit d’un petit papillon en dentelle de Venise (que j’ai acheté, mais avec un peu de temps on peut le faire soi-même) à l’arrière duquel j’ai fixé à la main une petite épingle de sureté.

Le collier peut être fait soi-même aussi avec un peu de patience ….

Voilà en deux temps trois mouvements, un petit haut pour aller dans une soirée est fabriqué ! Je trouve qu’il a un côté années folles…

Je trouve ça marrant de voir qu’en changeant de matière et en modifiant un peu la coupe on obtient quelque chose d’un style totalement différent : la couture c’est magique !

A bientôt !  

Zoom sur l’artiste textile américain Jason Pollen

Jason Pollen, originaire de New York, vit depuis trois décennies à Kansas City où il a enseigné l’art, notamment dans le département textile. La première fois qu’il a utilisé le textile dans son travail c’était à Paris en 1966. Il n’avait pas assez d’argent pour acheter suffisamment de peinture pour peindre sur une grande toile. En se promenant dans un parc, il a trouvé des brindilles et a eu l’idée de les fixer sur un immense tissu. C’est ainsi qu’il fit la première version de son œuvre “Ancêtres”. En 2014, il reprend ces mêmes brindilles parisiennes stockées depuis plus de quarante ans pour créer la nouvelle version d’“Ancêtres”. 

Jason Pollen Ancêtres

“Ancêtres” de Jason Pollen

Lors d’une séance de Tai Chi en extérieur au milieu de trembles, quelqu’un dit à l’artiste que son énergie ressemblait aux arbres qui les entouraient. Cette réflexion fut comme un déclic. De retour chez lui, l’artiste décida de mettre du mouvement dans son travail. Aussi son œuvre est inspiré par le vacillement des feuilles de trembles et les mobiles d’Alexander Calder.  

Jason Pollen Descendants

“Descendants” de Jason Pollen

Les mobiles réalisés avec du tissu, des graines et des brindilles recouvertes de fils colorés sont accrochés suffisamment loin du mur pour créer des ombres qui font partie elles aussi de l’œuvre.

J Pollen détail

Jason Pollen détail 2

L’artiste est un danseur de tango, qui est une danse qui exprime la connexion entre deux êtres. En regardant les deux œuvres “Ancêtres” et “Descendants” placées à côté, on ressent leur connexion, leur dialogue silencieux. L’absence de mouvement dans “Ancêtres”, les traces blanches des brindilles sur la toile donne l’impression de quelque chose de figé dans le temps, de passé. On a presque l’impression qu’il s’agit du résultat d’une fouille archéologique. Alors que “Descendants”, par son mouvement, exprime la vie. Les couleurs gaies et le côté ludique évoquent l’enfance. Les ombres créées parlent de l’instant présent car elles dépendent du mouvement des mobiles et de la lumière de la pièce ici et maintenant.

Je trouve intéressant de voir comment avec un peu de tissu et des éléments de récupération comme des brindilles, on peut créer une œuvre mystérieuse, comme un code secret, qui mène vers une réflexion sur la vie.

Si vous êtes intéressé par l’œuvre de cet artiste vous pouvez aller visiter son site www.jasonpollen.com, il est vraiment très intéressant.

J’espère que cet article vous aide à stimuler votre créativité et à porter un regard différent sur les petits bouts de tissus qu’il vous reste si vous faites de la couture : pourquoi ne pas en faire une œuvre artistique ?

A bientôt !

Initiation à la broderie Maya avec Sylvie Breton

 

Aujourd’hui j’ai envie de couleur, alors j’ai décidé de m’évader au Guatemala et de vous parler de la broderie Maya.

Ce type de broderie orne les huipils, blouses traditionnelles, que portent les femmes mayas.

 Broderie maya sur un Huipil

J’ai été initiée à cette technique par Sylvie Breton (dont je vous ai déjà parlé dans l’article sur le projet patch) qui entretient des relations profondes avec ce pays depuis de nombreuses années. L’ambiance de l’atelier était vraiment sympathique, il y régnait une atmosphère familiale. Mes voisines, qui brodaient à côté de moi, me parlaient de leur expérience en tant que bénévoles lors d’un projet humanitaire au Guatémala, après la guerre. Elles me disaient qu’elles ne savaient pas si elles avaient pu apporter une aide efficace à l’époque mais en tout cas cette expérience les avaient transformées. Au fil de leurs paroles, j’éprouvais une immense sympathie pour le peuple Maya qui a dû faire face à tant d’épreuves et qui a toujours su résister et préserver leur identité.

L’objectif de cet atelier est de réaliser un cadre avec du tissu typique de la région sur lequel on brode des fleurs au point de poste.

atelier de broderie Maya avec Sylvie Breton

Le matériel :

– du tissu

– du fil coton mouliné

– un aiguille suffisamment longue avec un large chas.

Le point de poste est très technique et m’a donné du fil à retordre… J’ai eu beaucoup de ratés avant de comprendre comment il fallait s’y prendre…

Pour faciliter sa réalisation, on peut décomposer le point de poste en plusieurs étapes.

Etape 1

 point de poste etape 1

On commence par faire un nœud sur le fil, on pique dans le tissu sur l’envers et on fait ressortir complètement le fil et l’aiguille.

Etape 2 

point de poste étape 2

On pique l’aiguille dans le tissu, en sens inverse, de sorte que sa pointe arrive à l’endroit d’où sort le fil. On avance l’aiguille et on l’arrête avant que le chas ne traverse le tissu. La taille du point correspond à celle du tissu au-dessus de l’aiguille.

Etape 3

point de poste étape 3

On enroule le fil autour de l’aiguille et on le tasse.

Etape 4

point de poste étape 4

On fait passer l’aiguille à travers le fil enroulé.

Etape 5

point de poste étape 5

On pique l’aiguille dans le tissu. On peut réaliser un autre point ou bien l’arrêter en faisant un nœud à l’arrière du tissu.

broderie Maya fleurs au point de poste

Avec le point de poste, on obtient une broderie en relief, dont l’aspect va dépendre du nombre de brins pris et du nombre de tours du fil autour de l’aiguille. Les points peuvent être combinés de différentes façons pour réaliser des motifs différents. 

Voilà le cadre en tissu que j’ai obtenu, parfait pour mettre en valeur une petite aquarelle que j’ai récupérée. C’est la première fois que je réalisais le point de poste, donc les points ne sont pas parfaitement maitrisés. Mais je trouve que ça donne un coté tropical à mes fleurs, c’est pourquoi je les ai laissées comme cela. En effet, la bonne nouvelle avec le point de poste, c’est que quand on n’est pas satisfait du résultat on peut facilement défaire le point et le recommencer (à condition que le tissu ne soit pas trop fragile).

cadre textile brodé 

J’ai trouvé également une petite vidéo You Tube qui explique bien comment réaliser le point de poste. Cette vidéo m’a permis de me rafraichir la mémoire, car j’ai repris ce petit ouvrage longtemps après avoir pris le cours de broderie avec Sylvie et j’avais donc oublié une grosse partie de l’information. Cette expérience me sert également de leçon : quand on apprend quelque chose il faut tout de suite le mettre en application et répéter le geste jusqu’à ce que le cerveau l’intègre. Le fait de faire plusieurs fleurs est un bon exercice : pour la première c’est la galère et la sixième se fait presque sans réfléchir. Après, ça donne envie d’essayer d’autres motifs !  

J’espère que cet article vous a donné envie d’activer vos doigts et de vous mettre à broderie Maya, si c’est le cas lancez-vous et partagez cet article avec vos amis Sourire, car broder en groupe c’est encore plus marrant !

A Bientôt !  

Comment booster sa créativité ?

 

Cet article fait partie d’un carnaval d’article qui est à l’initiative de Céline Dulac créatrice du blog La Musique et Vous. Comme l’explique Céline sur son blog l’objectif est de laisser des blogueurs de divers horizons s’exprimer sur la créativité. J’ai voulu participer à ce carnaval car je trouve cette approche pluridisciplinaire enrichissante, plus particulièrement pour les personnes qui aiment fabriquer des choses de leurs mains !

La créativité est à la base de toute invention. Cela est vrai dans le domaine de l’art, des technologies, des sciences, de la littérature et même des sports ! Sans créativité, nous n’aurions pratiquement rien de ce qui fait notre quotidien. Nous sommes les bénéficiaires de la créativité de personnes qui ont inventé la roue, l’irrigation, l’écriture, l’architecture, internet … La liste est longue ! Etre créatif permet de rendre ce que l’on fait unique et impactant, et parfois même (dans le meilleur des cas) rendre service aux générations suivantes. Etre créatif c’est aussi le plaisir d’exprimer ce qu’il y a d’unique en nous !

Pourtant une croyance commune semble dire que la créativité est réservée à des personnes spéciales dites “créatives”. Une expérience a montré que la grande majorité des enfants en bas âge se sentent (et sont) créatifs et plus ils grandissent et moins ils se pensent créatifs. Avec le temps, l’éducation et les différents conditionnements, les personnes ont perdu confiance en leur propre créativité et certains même se savent plus comment y avoir accès !

Comment faire si on ne se croit pas créatif ou si on traverse une période de manque d’inspiration ?

1- Prendre soin de son cerveau

Cerveau de Rose, Cerveau Parisien par Smot photo de Jeanne Menjoulet et cie

La créativité nous vient grâce à un merveilleux outil extrêmement puissant appelé : le cerveau ! Donc le premier pas sur le chemin de la créativité est de faire en sorte qu’il fonctionne le mieux possible. Déjà il faut bien le nourrir comme par exemple lui donner des bonnes graisses comme les fameux oméga-3 (trouvé dans les noix, noisettes, amandes…).

Une autre façon de nourrir votre cerveau est de lui donner quelque chose d’intellectuel à se mettre sous la dent ! Lisez régulièrement un bon bouquin (du genre qui active les neurones), continuer à apprendre de nouvelles choses… Le cerveau c’est comme un muscle, s’il n’est jamais stimulé : il se ratatine !

Ensuite, offrez du repos à votre cerveau : dormez suffisamment, méditez, bullez (si possible loin des écrans de toutes sortes)…

2- Aimer ses erreurs

Ce qui va  suivre va être peut être un scoop pour vous ! Dès que que entrez dans un processus de créativité, vous allez vous mettre à faire plein erreurs et d’essais infructueux. On s’imagine quand on voit une belle œuvre d’art, quand on entend un beau morceau de musique que les personnes qui sont derrière tout ça l’on fait sans faire d’erreur, du premier coup ! Et bien, en fait, pas du tout !… Elles ont fait des brouillons, elles ont tâtonné, elles ont répété, elles ont échoué encore et encore avant d’arriver au résultat final !

De plus certaines erreurs sont à la base de grandes découvertes, comme le vaccin. Mais mon erreur préférée est celle à l’origine de la découverte de la tarte tatin Sourire  !

 tarte tatin par Alain Papin

La peur de se tromper est vraiment un frein à la créativité ! Alors quand cette peur vous envahit, pensez au délicieux parfum de la tarte tatin car vous êtes peut-être en train de faire une merveilleuse erreur à l’origine d’une merveilleuse découverte…

3- S’affranchir du regard des autres

Liberté par Christian Mayrhofer

Un autre frein puissant à la créativité est la peur d’être jugé. Or, forcément, quand vous êtes dans un processus créatif vous allez vous attirer les critiques et jugements d’autrui. C’est normal, vous essayer de faire quelque chose de différent de d’habitude, de la “norme”. Donc les gens qui veulent que les choses restent comme elles sont ne vont pas être contents. Tous les créateurs sont passés par cette phase de critique et d’incompréhension. Avez-vous envie de rester prisonnier du regard des autres toute votre vie ? Donc le jour ou on vous critiquera car vous essayer de faire quelque chose de nouveau, dites vous : “Cool, je suis dans un processus créatif !…” Et célébrez ce grand moment !

4- Etre curieux

La créativité a besoin d’une base, car il est quand même extrêmement rare de créer quelque chose à partir de rien. D’ailleurs la première étape en Recherche est de répertorier tout ce qui a été déjà fait sur son sujet d’étude. Ca permet d’éviter de perdre du temps à tenter de réinventer la roue et donne des pistes sur ce qui n’a pas encore été fait. 

Donc plus être plus créatif dans son domaine, il est important d’ailleurs une culture la plus vaste possible. 

Il ne suffit pas d’avoir une vaste culture, mais il faut être aussi capable de “vraiment” percevoir le monde qui nous entoure. Par exemple la nature recèle une mine d’informations et d’inspiration extraordinaire. C’est cette attitude qui a permis à Leonard de Vinci d’imaginer ses avions.

Carnet de Leonard de Vinci par Andreas Hobi

 

Cette capacité de perception est souvent émoussée par les habitudes et la routine. On est tellement habitué de voir quelque chose qu’on ne le voit plus ! C’est pourquoi changer de temps en temps ses habitudes permet de donner un coup de fouet à sa créativité. Cela peut passer par emprunter un autre chemin pour aller faire ses courses, parler avec des personnes différentes de son cercle habituel, aller dans un endroit qu’on ne connait pas, aller à une exposition où on irait pas habituellement, faire des voyages à l’étranger…

5- Changer de perspective   

Perspective par J Michel

 

Parfois il suffit de changer de perspective, d’angle de vue pour être plus créatif ! C’est simple, mais efficace.

Dans le domaine de l’art, le peintre David Hockney utilise ce principe lorsqu’il peint selon le principe de la perspective inversée.

Dans le domaine de la mode cela peut se traduire par la transformation d’un pantalon en veste, ce qu’a fait d’ailleurs la styliste Anne Valérie Hash au début de sa carrière. C’est ce que fait également Olivier Petigny lors de ses ateliers de recyclage. 

recyclage veste réalisée dans un pantalon par Olivier Petigny 

 

6- Ne plus penser en “mode silo”

silo par Doc searls

Créativité est synonyme de pensée divergente, c’est-à-dire capable faire éclater continuellement les schémas de l’expérience” disait Gianni Rodari dans son excellent livre Grammaire de l’imagination. Les entreprises qui veulent innover l’ont bien compris …

Le mode fonctionnement traditionnel d’une entreprise est le “mode silo” : les différents domaines d’expertises (juristes, comptable, ingénieurs, vendeurs …) ne se côtoient pas et chacun reste cloisonné dans son univers. Les entreprises qui ont l’ambition d’innover oublie se mode de fonctionnement.

D’accord, mais en quoi cela nous intéresse ?

L’idée dans cela est que le faire d’arrêter d’enfermer les choses dans des catégories hermétiques permet d’être plus créatif

Ce principe est utilisé fréquemment dans le domaine de la mode.

Par exemple, Gabrielle Chanel a utilisé le jersey pour faire ses premiers vêtements de sportwear à l’époque où ce tissu était exclusivement réservé aux sous-vêtements masculins. La saharienne de Yves Saint Laurent est à la base un vêtement militaire. La Maison Schiaparelli dans une de ses dernières collections a utilisé des torchons et de la faïence comme matériaux alors que ce sont des éléments réservés à normalement à la cuisine. 

7- Considérer que tout est possible

Ils ne savaient pas que cela était impossible, alors ils l’ont fait” Mark Twain. Cette citation est plus qu’inspirante, elle est vraie ! La vie regorge d’exemple !

Le bourdon selon les lois de l’aérodynamiques ne devrait pas voler, pourtant il vole … ! 

Selon les lois de la physique, l’humain ne devrait pas pouvoir voler, ni marcher sur la lune … Il ne devrait pas pouvoir être à Paris et parler avec quelqu’un qui se trouve en Australie, non plus. Ce qui était impossible au 18ème siècle est de nos jours d’une banalité affligeante !

Donc, ne balayer pas vos rêves et votre envie de faire des choses d’une revers de main car elles sont sensées être impossible ! Ayez une confiance énorme en vous, en vos rêves, en la vie et surtout : AGISSEZ !

Chemin par Roland Brunner

 

Pour conclure, je dirais que la créativité n’est pas le but c’est le chemin. Décider d’être plus créatif c’est devenir un explorateur comme Indiana Jones cela présuppose une bonne dose de courage, un brin d’humour et une grande soif de liberté. Imaginez qu’Indiana Jones ait découvert le graal en cinq minutes sans rencontrer la moindre difficulté, ce serait un film pas très passionnant … !

Alors, prenez plaisir à l’aventure qui s’offre à vous quand vous décidez d’être créatif. Cela en vaut la peine, car exprimer l’unicité du merveilleux être humain que vous êtes est probablement le graal !  

Le Tissage Maya contemporain vu par l’association El Camino

 

Lors de mon initiation au tissage Maya avec Olivia Ruiz, j’ai été impressionnée par le travail des tisserands. C’est pourquoi j’ai voulu aller à la découverte de l’entreprise solidaire El Camino qui fabrique du textile en employant les techniques ancestrales mayas.

En effet, leur tissu est tissé par des tisserands mayas de la région du sud du Mexique. Ces femmes utilisent le métier à tisser à ceinture préhispanique.

Métier à tisser traditionel utilisé par El Camino

L’originalité de cette association est liée à la rencontre de designers françaises avec les communautés mayas du Mexique. Cela donne un tissu à la fois traditionnel et contemporain.

Textile Maya contemporain par El Camino

L’objectif de ces passionnées de textiles mayas et françaises est de :

– Sauvegarder la technique de tissage maya traditionnel.

– Sauvegarder l’iconographie maya. En effet, les motifs retrouvés sur les textiles mayas sont riches en symboles. Or, ce savoir s’est perdu au fil du temps. L’association permet aux tisserands d’aller dans les musées textiles pour connaitre et comprendre la signification de ces symboles.

– Contribuer à l’amélioration des conditions de vie des femmes mayas en leur permettant de vivre de leur travail. 

El Camino de Los Altos

Christine Rojas, qui s’occupe de la partie commerciale, a eu la gentillesse de nous parler de son association. Sur ma chaine Youtube, elle nous présente El Camino.

El Camino réalise pour l’instant deux ventes annuelles en France. Pour être invité à ces ventes, vous pouvez vous inscrire sur leur site www.el-camino.fr. Sur leur site, vous allez pouvoir voir également leurs collections et leurs points de vente.

En tant que passionnée de textile, je peux passer une journée entière dans des magasins de tissus pour les choisir. Je n’avais, jusqu’à l’heure, jamais pris réellement conscience du travail des personnes qui me permettent d’avoir ces tissus. La rencontre avec El Camino m’a aidé à en prendre conscience. Ce que j’aime dans cette association, c’est que derrière chaque tissu il y a : une histoire, une tradition et surtout beaucoup de cœur.

Avant de vous quitter, je vous annonce une petite nouveauté : je suis maintenant sur Instagram ! Alors, n’hésitez pas à vous abonner et à “liker” les photos que vous aimez !

A Bientôt !