Mon premier article invité

 

Bonjour, Cher Passionné du Fil !

Cette semaine, et c’est une première pour moi, j’ai écrit un article sur le blog Patience et Petits Points. Il s’agit du blog de Marie, une bloggeuse passionnée par les arts textiles et plus particulièrement par la broderie.

Broche Lesage couture-et-artstextiles

Dans cet article, je parle de mon initiation à la broderie de Lunéville à l’école Lesage, où j’ai réalisé une broche. Je vous laisse découvrir mon article sur son blog

Pour faire un lien entre mon thème (à savoir l’Asie) et mon article sur Lesage, je voudrais vous faire découvrir le brodeur japonais Satoshi Sekimoto, né à Hiroshima.

En 2005 il étudie à l’école Lesage. Un an après, il collabore avec la maison de broderie pour l’édition de l’excellent livre “L’Ecole Lesage chez Vous” !

L'Ecole Lesage chez Vous

Ensuite, il démarre sa carrière dans la broderie haute couture. Récemment, en 2015, c’est la consécration : il est nommé meilleur ouvrier de France en créant une sublime veste sur le thème de l’Inde des Maharadjah.

J’ai rencontré dernièrement des Français passionnés par les arts textiles de l’Asie. Je trouve génial aussi de voir qu’un Japonais ait trouvé sa voie à travers les traditions textiles françaises. Finalement, le textile permet de tisser des liens entre les peuples et je trouve que cela donne de l’espoir ! Rien que pour cela, on devrait tous s’y mettre Sourire !

broderie chinoise contemporaine

Voici une autre information qui s’adresse à ceux qui voudraient commencer à pratiquer la broderie chinoise : j’ai mis en ligne deux vidéos (en anglais) sur You Tube pour vous aider :

l’Art de séparer les fils en broderie chinoise

Broderie Chinoise : le passé empiétant

Je ne suis pas hyper satisfaite de mes vidéos (j’ai de gros progrès à faire dans ce domaine) mais j’ai décidé de les publier quand même car je trouve qu’elles permettent de voir des gestes utiles pour débuter dans ce type de broderie.

Au niveau du blog, je dois prochainement passer en “https”, car c’est une nouvelle norme sur internet. Donc, il est possible que mon blog soit, par conséquent, en maintenance le temps que je fasse les modifications. Mais pas de panique : je reviens <3  !

A Bientôt ! 

Comment Pratiquer la Broderie Chinoise SU en France ?

 

Jacqueline Poirier portrait

Après mon initiation à la broderie Xiang, je suis allée voir Jacqueline Poirier qui m’a racontée ses aventures pour pouvoir pratiquer la broderie chinoise ! Elle pratique depuis quelques années la broderie Su qui vient de la région chinoise de Suzhou. Cette école de broderie aime particulièrement représenter le chat !

chat en broderie chinoise Su

Jacqueline pratique la broderie depuis toujours. Mais quand on a une vie de famille et professionnelle bien remplies, ce n’est pas simple de trouver un temps pour s’adonner à ses passions et souvent elles sont mises en veille… Une fois que ses enfants sont partis de la maison, elle a ressenti le besoin d’apprendre la broderie avec quelqu’un. C’est alors qu’elle prend ses premiers cours avec Pascal Jaouen.

Par hasard, à l’occasion d’une exposition, elle a découvert la broderie chinoise. L’envie de pratiquer cet art prend alors naissance en elle. Mais elle se heurte à un obstacle de taille : il n’y a pas de professeur de broderie chinoise en dehors de la Chine ! 

Par le biais d’une publicité, elle découvre que Mireille Amar donne des cours de broderie japonaise pour la première fois en France, plus exactement à Nice. Jacqueline habite à Nantes mais à côté d’un voyage au Japon, Nice c’est à côté ! Ce n’est pas de la broderie chinoise mais elle s’implique tellement dans cette activité qu’elle gravie tous les échelons et devient elle-même professeur de broderie japonaise ! 

Mais la broderie japonaise et la broderie chinoise sont vraiment très différentes. Aussi, Jacqueline garde toujours en tête son désir d’apprendre la broderie chinoise.

C’est alors que le miracle d’internet se produit Sourire ! Par le biais de You Tube, Jacqueline découvre qu’une Australienne d’origine Chinoise Margaret Lee donne des cours de broderie chinoise en Hollande. Ce n’est pas en France mais ce qui est quand plus facile que de se rendre en Chine ou en Australie, me dit-elle. Evidemment le cour est en anglais, il y a la barrière de la langue mais ce n’est qu’un détail par rapport à la motivation de Jacqueline !

Broderie chinoise avec Magaret Lee

Jacqueline apprend donc la broderie avec Margaret mais l’histoire ne s’arrête pas là ! En effet, elle décide d’organiser les stages de broderie de Margaret à Nantes. Or, elle n’avait jamais organisé de stage avec toute la logistique et le travail de communication que cela implique ! Jacqueline se trouve donc lancée dans une toute nouvelle aventure. Elle cherche également à promouvoir la broderie chinoise et japonaise en participant à des salons. Elle a commencé par essuyer des refus, où les organisateurs ne prenaient même pas la peine de lui répondre ! Mais la persévérance finit toujours par payer ! Après une phase où elle a produit beaucoup d’effort sans résultats, maintenant c’est elle qui est sollicitée pour participer aux salons.

jonque en broderie chinoise par Jacqueline Poirier

Maintenant, Jacqueline fait des merveilles en broderie chinoise comme vous pouvez le voir la photo de la broderie représentant une jonque. La photographie ne peut pas rendre, hélas, l’effet de miroitement que donnent les fils de soie.

Jacqueline a eu la gentillesse de me révéler le secret de ce tableau. Il est réalisé en utilisant trois couches de fils. Dans la première couche, elle a pris 6 brins dans son fil de soie. Dans la deuxième couche, elle n’en a pris que 4 (pour remplir les premier trous). Dans la dernière couche, elle n’a pris que 2 brins. Le point utilisé est une sorte de point de croix plus ou moins fermé et plus ou moins grand !

Il y a plusieurs choses que j’ai admiré dans l’histoire que m’a racontée Jacqueline : la force de sa passion, sa persévérance, sa générosité. J’aime sa démarche d’amélioration personnelle continue car malgré ses prouesses elle cherche toujours à apprendre et à se dépasser. C’est une véritable pionnière de la broderie chinoise en France et pour tout cela j’ai envie de lui dire un immense MERCI ! 

Si vous êtes intéressé par la broderie chinoise, je vais vous donner des informations qui pourraient vous être utiles.

Les stages de Broderie Chinoise avec Margaret Lee sont organisés à Nantes en général au printemps et en automne. Cette année 2017, ils ont lieu du 15 au 23 mai , puis du 13 au 21 novembre.

Voici le type d’ouvrage que vous pourrez y faire : de magnifiques orchidées !

Broderie chinoise SU niveau débutant

Vous pouvez vous inscrire avec Jacqueline par mail à broderlasoie44@gmail.com. Jacqueline a également son blog broderlasoie, où elle nous donne des informations très intéressantes sur la broderie SU. 

Sur le site de Margaret Lee vous pouvez acheter du matériel de qualité et adapté à la broderie chinoise, ce qui apparemment est très compliqué à trouver en France. Elle a également écrit des livres et j’ai hâte qu’ils soient à nouveau disponibles !

Je vous remercie d’avoir lu cet article et si l’avez apprécié partagez-le Sourire !

A Bientôt !

Découverte de la Broderie Chinoise dite Xiang

 

Cette année, j’ai eu la chance de m’initier à la broderie chinoise, plus exactement la broderie Xiang de la sublime région du Hunan. Cette broderie date de plus de 2000 ans et les points retrouvés sur les broderies antiques sont les même que ceux utilisés aujourd’hui. Il existe plusieurs écoles de broderie en Chine et chacune à son thème de prédilection. Celui de la broderie Xiang est le tigre, cela n’empêche pas de retrouver toutes sortes de motifs, notamment ceux en rapport avec la nature !

Prunus sous la neige Broderie Xiang

La première fois que j’ai vu ce type de broderie j’étais sidérée ! Je pensais que c’était de la peinture. En fait, je ne suis pas loin de la vérité car il s’agit de peinture à l’aiguille, où les fils de soie remplacent la peinture. Les motifs sont très réalistes, très précis.

orchidées en broderie Xiang

Pour arriver à faire ce type de broderie il faut faire un dégradé de couleur comme en peinture. Cela à la nuance près que l’orientation du fil va faire varier la couleur. En effet, il ne faut pas oublier que les fils de soie accrochent subtilement la lumière. La broderie chinoise fait donc appel à un grand sens artistique, à la créativité et à la prise d’initiative.

broderie Xiang oiseaux détail

Le cour s’est fait avec mon agréable professeur Xig Xig, ce qui signifie étoile ! Xig Xig travaille pour Hunan Embroidery Research Institute qui est situé dans la ville de Changsha. Le cour s’est déroulé en anglais. (Et oui, je suis très motivée !…)

Xig Xig professeur de broderie chinoise

Elle a utilisé la pédagogie chinoise basée sur l’observation. L’objectif était de broder un lotus qui était déjà imprimé sur un morceau de satin.

broderie Xiang Lotus

Comme il s’agit d’une initiation le modèle proposé était un peu plus simple que celui de la photo, mais ça fait rêver de voir des ouvrages comme ça !

Le matériel :

– un cadre de broderie pour que le tissu soit bien tendu

– une aiguille de broderie extrêmement fine

– un tissu de satin ou de la soie

– des fils de soie avec des camaïeux de couleurs qui vont permettre de faire des dégradés de couleur. Il est très important de ne prendre que les fils de soie conçus pour la broderie chinoise ceux utilisés pour d’autre type de broderie ne seront pas adaptés.

Le principe : Le point utilisé pour la broderie chinoise est le passé empiétant. La clé est de combiner des points longs à des points courts et de ne pas de concentrer sur un seul point. L’idée est donc d’arriver à emboiter les points entre eux, tout en laissant un certain espace entre les points. Si jamais il y a un trou, on peut revenir dessus avec un fil plus fin.

La réalisation : Avant de commencer, il faut séparer les fils de soie en un nombre précis de brins (plus fins que des cheveux). Pour réaliser le lotus, il fallait utiliser 4 brins ce qui, mine de rien, constitue un immense chalenge ! Pour ma part, j’ai réussi à prendre 8 brins, de ce fait le résultat est moins élégant que prévu … 

On débute la broderie sans faire de nœud, pour fixer le fil on fait plusieurs petits points sur place.

Au moment de la réalisation il faut être parfaitement calme, autrement les fils se vengent (ils s’emmêlent, se vrillent, se cassent …). C’est une véritable école du zen de pratiquer la broderie chinoise ! Rapidement, on atteint une grande sérénité (en même temps on n’a pas trop le choix Sourire) !

mon ouvrage de broderie chinoise

Ci-dessus vous pouvez voir où j’en suis actuellement dans mon ouvrage. J’essaie de le continuer dès que je prends le train, quand celui-ci ne bouge pas trop…

Pour ma part, la broderie chinoise est mon gros coup de cœur de l’année ! Le hasard fait bien les choses car lors de cet atelier j’étais assise à côté de Jacqueline Poirier qui pratique depuis quelques années la broderie Su (qui vient de la région de Suzhou en Chine) et qui voulait découvrir une autre école.

Dans un prochain article, je vous raconterais la véritable aventure qu’elle a vécue et continue à vivre pour pouvoir apprendre la broderie chinoise et la promouvoir ! ….

A bientôt !

NEELAM en vidéo

Bonjour, cher Passioné(e) du fil Sourire !

Après une petite semaine où je n’ai pas donné de signe de vie je reviens pour vous donner le lien vers ma nouvelle vidéo où Damien le cofondateur de Neelam nous fait le plaisir de présenter son entreprise avec toute la démarche éthique et écologique qu’il y a derrière.

Ca fait juste plaisir de voir ce beau couple réussir à vivre en accord avec leurs passions (à savoir les voyages et le textile) et leurs valeurs.

Je ne peux que leur souhaiter beaucoup de succès ! 

La prochaine fois nous ferons cap vers la Chine, je ne vous en dis pas plus ….

NEELAM entreprise textile tournée vers l’Inde

Aujourd’hui je fais cap vers l’Asie et j’ai le cœur partagé. J’éprouve entre une certaine frustration de quitter le continent américain car comme d’habitude il y a tellement de choses à dire que c’est impossible de faire le tour de la question en trois mois. En même temps, je ressens un immense enthousiasme à l’idée d’aborder l’Asie Sourire, car c’est un continent aux traditions millénaires et extrêmement riche culturellement !

Je vais commencer ce périple par l’Inde. Le hasard m’a fait croiser la route d’un jeune couple inspirant Damien et Emilie qui ont créé une entreprise textile Neelam, ce qui signifie indigo en sanskrit. Ils sont tous les deux passionnés de voyage et le fait de créer leur entreprise leur permet d’associer cette passion aux compétences d’Emilie qui est styliste de formation.

Cette jeune entreprise propose des articles de loisirs créatifs provenant de l’Inde.

Ce qui m’a particulièrement plu ce sont les tissus imprimés au tampon. Les artisans indiens (originaires principalement de la communauté Khatri) utilisent des méthodes ancestrales basées sur la combinaison de tampons en bois sculpté (les “buntas”) de différentes tailles et formes.

Tissu Indien Neemla

Les artisans utilisent deux méthodes d’impression au tampon :

L’impression directe où le tampon est trempé dans la teinture puis appliqué sur directement sur le tissu.

L’impression indirecte où le tampon est mis dans une pate de réserve (en général à base de noyaux de tamariniers et de chaux). Après l’application du tampon, le tissu est teint. Puis on enlève la pate de réserve et cela permet de retrouver la couleur naturelle du tissus qui garde la trace du tampon. Cette technique ne fait pas de craquelure, contrairement au batik (qui utilise de la cire pour faire la réserve).

Les pigments sont naturels : indigo, garance, curcuma …

Tissu indien Neemla 2

 

Comme le travail est fait à la main, le processus est assez lent. Ce sont vraiment des tissus précieux !

Neelam propose également des tampons de plus petite taille ce qui permet de faire soi-même ses propres impressions textiles sur de petites surfaces.

Tampon pour impression textile

Je me suis laissée tentée par trois tampons : une forme cachemire très typique de l’Inde, un OM et un lotus (c’est vrai que l’Inde, terre très spirituelle, est le berceau du bouddhisme). Pour que l’impression marche il faut que la teinture soit suffisamment épaisse. Si la texture ressemble à celle de l’encre de chine cela ne marchera pas. Je vous tiens au courant de mes essais dès que j’aurais testé bien-sûr Sourire !  

J’ai été très séduite également par les broderies indiennes traditionnelles : chaque région a ses traditions !

Broderie indienne Rabari

Broderie Rabari

Broderie indienne Neran

Broderie Neran

Broderie indienne Jat

Broderie Jat

Ce qui est très typique de la broderie indienne c’est l’insertion de petits miroirs au sein des broderies. Pour les faire tenir sur le tissu, Emilie m’a expliqué qu’il fallait faire un point feston atour du miroir. Bonne nouvelle, ils vendent les petits miroirs sur leur site ! Pour l’instant j’ai trop d’ouvrages en cour pour me lancer dans la broderie indienne mais c’est une expérience qui me tente bien en tout cas ! …  

Ce qui me touche plus particulièrement dans cette entreprise ce sont ses valeurs éthiques. En effet, la vente des broderies aide les brodeuses à améliorer leur indépendance sociale et économique. De plus, Neelam a un partenariat avec l’association Manav Sadhna (située dans l’ashram de Gandhi) qui a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des enfants des bidonvilles.

La prochaine fois, je laisserai la parole à Damien qui m’a eu la gentillesse de se laisser filmer pour parler de son entreprise.

En attendant, si cet article vous inspire, partagez-le avec vos amis Sourire !

A bientôt !

ARTEXTURES

Aujourd’hui, je m’écarte un peu de mon défi mais je reste dans la thématique de l’exploration.

Marie Wolf Eclat de Corail

Qu’est qu’il y a derrière le mot étrange d’Artextures ? En fait, il s’agit d’une association qui a pour but de promouvoir l’innovation et l’évolution dans de domaine de l’art textile. Elle est une sorte de filiale de France Patchwork, et s’adresse plus particulièrement aux personnes qui aiment transgresser les règles des techniques textiles traditionnelles. 

Que fait cette association ? Elle organise tous les deux ans un concours international sans thème imposé qui permet à chaque artiste d’exprimer, comme il le souhaite, son propre univers. Toutes les techniques et matières sont autorisées à condition bien sûr qu’il y ait un lien avec le textile.

Par exemple, l’artiste Ezster Bornemisza a choisi du papier de murier, du papier journal déchiré, des câbles et de la peinture pour s’exprimer.

Ezster Bornemisza 

Anne Guibert Lassale a réalisé un portait à l’huile sur des bandes de tissus tricoté, et le résultat est impressionnant !  

Anne Guibert Lassale Portrait de Pierre

Dans son œuvre “Crossing times”, l’artiste Chiaki Dosho a utilisé des kimonos anciens en soie pour créer une œuvre à l’aspect très végétal, pour moi.

Chiaki Dosho Crossing times 7

Les œuvres en 3D sont également possibles ! C’est la piste suivie par Diane Bonan pour réaliser sa sculpture “Tatouage” en fil de fer et en fil à coudre.

Diane Bonan Tatouage

J’aime beaucoup ces approches axées sur la liberté et la créativité !

Jusqu’au 31 mars il est possible de participer à la neuvième édition de leur concours. Pour avoir plus d’information sur les modalités, je vous invite à aller sur leur site de France Patchwork.

J’espère que cet article vous a donné envie d’explorer de nouvelles pistes textiles !

A Bientôt !

Le Mola

Le mola a été créé et est pratiqué par les Kunas, un peuple qui habite le petit archipel coralien paradisiaque des San Blas (Panama).

oiseaux en mola

Actuellement la situation des Kunas est précaire car ils feront parti des premiers touchés par les conséquences du réchauffement climatique. C’est pourquoi cela me touche plus particulièrement de parler de cet artisanat. De plus, c’est la première technique de patchwork que j’ai découverte et que j’ai pratiquée. C’est probablement cette technique qui a initié, chez moi, la passion textile.  

mola plumage d'oiseaux

Le mot mola signifie littéralement “plumage d’oiseau” et effectivement certaines pièces font penser à des plumage d’oiseaux exotiques. En effet, l’utilisation de tissus de couleurs vives et franches est une des caractéristiques des molas traditionnelles. C’est cet aspect extrêmement coloré qui a déclenché un immense coup de cœur chez moi.

Christ en Mola

Cet art est né de la rencontre entre les Kunas et les blancs, car jusqu’à leur arrivée les femmes vivaient seins nus et se peignaient le corps. En adoptant le vêtement occidental (de gré ou de force), elles ne renoncèrent pas pour autant à leur culture en créant non seulement des habits originaux mais aussi un nouveau mode d’expression pictural. Les molas racontent, telles des livres ouverts, des mythes et des récits traditionnels en rapport avec les rites, les animaux, les plantes ect…

mola et mythe

Pour faire un mola, on utilise les techniques d’appliqué et surtout d’appliqué inversé

Petit point définition 

– L’appliqué qui est une technique très utilisée en patchwork qui consiste à coudre un morceau de tissu sur un autre tissu qui sert de base.

broderie et mola

– L’appliqué inversé comme son nom l’indique, consiste à faire l’inverse ! On place différents tissus en dessous du tissu de base. On découpe les tissus supérieurs en suivant le tracé d’un dessin : ce qui va révéler progressivement les tissus inférieurs. La couture se fait progressivement  après chaque découpage soit à la main, soit à la machine.

mola appliqué inversé

 

Une des dernières étapes du travail est de réaliser des broderies qui permettent de faire des dessins plus fins. Avec ces techniques, le moindre dessin géométrique devient beau et sophistiqué.

Une fois qu’on a compris le principe, on peut faire le dessin que l’on veut ! Chacun peut raconter sa propre histoire. Pour ma part la première histoire que j’ai raconté grâce à la mola est celle du jardin créole en référence mon enfance.

mon premier panneau en mola

Voilà, j’espère que cet article vous a donné envie décrire votre propre histoire à l’aide d’un fil et d’une aiguille Sourire !

Vous pouvez aller sur ma page facebook pour voir l’album photo consacré au mola et je vous invite à “liker” la page pour pouvoir être tenu au courant des news !

Merci d’avoir lu cet article et à Bientôt !

PS : les molas photographiées (mis à part celle que j’ai cousue) sont issues des collections particulières de JL Baconnier, R. Aknin, M. Simmons et M De Leon. Merci à eux !

Comment coudre une blouse facile en s’inspirant des vêtements mayas ?

Je trouve intéressant l’idée de partir de la coupe d’un vêtement traditionnel et l’interpréter d’une façon différente.

vêtement maya

Je me suis inspirée des hauts de vêtements mayas qui ont une coupe très simple. Il s’agit d’un simple tissus plié en deux, au centre duquel  on fait une ouverture pour laisser passer la tête. Cette ouverture peut être de forme arrondie ou rectangulaire. Le tissu est cousu soit assez proche du corps en laissant un espace pour les bras, soit sur les bords du tissu.

vêtement maya en laine

J’ai donc utilisé ce principe pour faire une blouse mais en faisant une ouverture très large au niveau de la tête pour avoir un effet épaules nues. J’ai utilisé un tissu en décalage avec le style maya : de la panne de velours ! J’utilise donc une matière très fluide et extensible alors que les matières utilisées normalement pour les vêtement mayas sont assez rigides. Je vais mixer ce tissu avec du ruban de satin assorti ce qui va me permettre de faire des bretelles et une ceinture. 

Voici en dessous le schéma de ma blouse avec les dimensions, pour que vous puissiez faire pareil si l’envie vous prends Sourire ! schéma blouse diy facile

Il vous faut donc un tissu de 99 cm de large et de 150 cm de long en comptant les marges de couture (de 2 cm) et l’ourlet (de 3 cm).

Pour faire les bretelles, vous avez besoin de 32 cm de ruban (en comptant une marge de couture de 2 cm). La longueur du ruban pour faire la ceinture va dépendre de votre tour de taille. Un conseil : coupez votre ruban en biais pour qu’il s’effiloche moins au niveau de la ceinture !

La réalisation est très simple.

– Pour réaliser le col, on plie le tissu en deux dans le sens de la longueur, puis dans le sens de la largeur. On coupe en ligne droite du centre du tissu vers le bord en s’arrêtant à 23,5 cm du bord.

– Pour réaliser les manches, il faut coudre sur l’envers du tissu (pour que la couture de retrouve à l’intérieur de la blouse) et laisser une ouverture de 34 cm de long. 

La petite difficulté c’est que la panne de velours s’enroule sur elle-même quand on la coupe. J’ai donc dû faire une couture provisoire à la main avant de passer à la machine.

Voilà ce que ça donne :

– sans la ceinture

blouse diy niveau débutant

– avec la ceinture

blouse diy débutant

 

 

Une petite remarque sur les accessoires : ils peuvent être faits maison Sourire !

J’ai fabriqué la broche moi-même. Il s’agit d’un petit papillon en dentelle de Venise (que j’ai acheté, mais avec un peu de temps on peut le faire soi-même) à l’arrière duquel j’ai fixé à la main une petite épingle de sureté.

Le collier peut être fait soi-même aussi avec un peu de patience ….

Voilà en deux temps trois mouvements, un petit haut pour aller dans une soirée est fabriqué ! Je trouve qu’il a un côté années folles…

Je trouve ça marrant de voir qu’en changeant de matière et en modifiant un peu la coupe on obtient quelque chose d’un style totalement différent : la couture c’est magique !

A bientôt !  

Zoom sur l’artiste textile américain Jason Pollen

Jason Pollen, originaire de New York, vit depuis trois décennies à Kansas City où il a enseigné l’art, notamment dans le département textile. La première fois qu’il a utilisé le textile dans son travail c’était à Paris en 1966. Il n’avait pas assez d’argent pour acheter suffisamment de peinture pour peindre sur une grande toile. En se promenant dans un parc, il a trouvé des brindilles et a eu l’idée de les fixer sur un immense tissu. C’est ainsi qu’il fit la première version de son œuvre “Ancêtres”. En 2014, il reprend ces mêmes brindilles parisiennes stockées depuis plus de quarante ans pour créer la nouvelle version d’“Ancêtres”. 

Jason Pollen Ancêtres

“Ancêtres” de Jason Pollen

Lors d’une séance de Tai Chi en extérieur au milieu de trembles, quelqu’un dit à l’artiste que son énergie ressemblait aux arbres qui les entouraient. Cette réflexion fut comme un déclic. De retour chez lui, l’artiste décida de mettre du mouvement dans son travail. Aussi son œuvre est inspiré par le vacillement des feuilles de trembles et les mobiles d’Alexander Calder.  

Jason Pollen Descendants

“Descendants” de Jason Pollen

Les mobiles réalisés avec du tissu, des graines et des brindilles recouvertes de fils colorés sont accrochés suffisamment loin du mur pour créer des ombres qui font partie elles aussi de l’œuvre.

J Pollen détail

Jason Pollen détail 2

L’artiste est un danseur de tango, qui est une danse qui exprime la connexion entre deux êtres. En regardant les deux œuvres “Ancêtres” et “Descendants” placées à côté, on ressent leur connexion, leur dialogue silencieux. L’absence de mouvement dans “Ancêtres”, les traces blanches des brindilles sur la toile donne l’impression de quelque chose de figé dans le temps, de passé. On a presque l’impression qu’il s’agit du résultat d’une fouille archéologique. Alors que “Descendants”, par son mouvement, exprime la vie. Les couleurs gaies et le côté ludique évoquent l’enfance. Les ombres créées parlent de l’instant présent car elles dépendent du mouvement des mobiles et de la lumière de la pièce ici et maintenant.

Je trouve intéressant de voir comment avec un peu de tissu et des éléments de récupération comme des brindilles, on peut créer une œuvre mystérieuse, comme un code secret, qui mène vers une réflexion sur la vie.

Si vous êtes intéressé par l’œuvre de cet artiste vous pouvez aller visiter son site www.jasonpollen.com, il est vraiment très intéressant.

J’espère que cet article vous aide à stimuler votre créativité et à porter un regard différent sur les petits bouts de tissus qu’il vous reste si vous faites de la couture : pourquoi ne pas en faire une œuvre artistique ?

A bientôt !

Initiation à la broderie Maya avec Sylvie Breton

 

Aujourd’hui j’ai envie de couleur, alors j’ai décidé de m’évader au Guatemala et de vous parler de la broderie Maya.

Ce type de broderie orne les huipils, blouses traditionnelles, que portent les femmes mayas.

 Broderie maya sur un Huipil

J’ai été initiée à cette technique par Sylvie Breton (dont je vous ai déjà parlé dans l’article sur le projet patch) qui entretient des relations profondes avec ce pays depuis de nombreuses années. L’ambiance de l’atelier était vraiment sympathique, il y régnait une atmosphère familiale. Mes voisines, qui brodaient à côté de moi, me parlaient de leur expérience en tant que bénévoles lors d’un projet humanitaire au Guatémala, après la guerre. Elles me disaient qu’elles ne savaient pas si elles avaient pu apporter une aide efficace à l’époque mais en tout cas cette expérience les avaient transformées. Au fil de leurs paroles, j’éprouvais une immense sympathie pour le peuple Maya qui a dû faire face à tant d’épreuves et qui a toujours su résister et préserver leur identité.

L’objectif de cet atelier est de réaliser un cadre avec du tissu typique de la région sur lequel on brode des fleurs au point de poste.

atelier de broderie Maya avec Sylvie Breton

Le matériel :

– du tissu

– du fil coton mouliné

– un aiguille suffisamment longue avec un large chas.

Le point de poste est très technique et m’a donné du fil à retordre… J’ai eu beaucoup de ratés avant de comprendre comment il fallait s’y prendre…

Pour faciliter sa réalisation, on peut décomposer le point de poste en plusieurs étapes.

Etape 1

 point de poste etape 1

On commence par faire un nœud sur le fil, on pique dans le tissu sur l’envers et on fait ressortir complètement le fil et l’aiguille.

Etape 2 

point de poste étape 2

On pique l’aiguille dans le tissu, en sens inverse, de sorte que sa pointe arrive à l’endroit d’où sort le fil. On avance l’aiguille et on l’arrête avant que le chas ne traverse le tissu. La taille du point correspond à celle du tissu au-dessus de l’aiguille.

Etape 3

point de poste étape 3

On enroule le fil autour de l’aiguille et on le tasse.

Etape 4

point de poste étape 4

On fait passer l’aiguille à travers le fil enroulé.

Etape 5

point de poste étape 5

On pique l’aiguille dans le tissu. On peut réaliser un autre point ou bien l’arrêter en faisant un nœud à l’arrière du tissu.

broderie Maya fleurs au point de poste

Avec le point de poste, on obtient une broderie en relief, dont l’aspect va dépendre du nombre de brins pris et du nombre de tours du fil autour de l’aiguille. Les points peuvent être combinés de différentes façons pour réaliser des motifs différents. 

Voilà le cadre en tissu que j’ai obtenu, parfait pour mettre en valeur une petite aquarelle que j’ai récupérée. C’est la première fois que je réalisais le point de poste, donc les points ne sont pas parfaitement maitrisés. Mais je trouve que ça donne un coté tropical à mes fleurs, c’est pourquoi je les ai laissées comme cela. En effet, la bonne nouvelle avec le point de poste, c’est que quand on n’est pas satisfait du résultat on peut facilement défaire le point et le recommencer (à condition que le tissu ne soit pas trop fragile).

cadre textile brodé 

J’ai trouvé également une petite vidéo You Tube qui explique bien comment réaliser le point de poste. Cette vidéo m’a permis de me rafraichir la mémoire, car j’ai repris ce petit ouvrage longtemps après avoir pris le cours de broderie avec Sylvie et j’avais donc oublié une grosse partie de l’information. Cette expérience me sert également de leçon : quand on apprend quelque chose il faut tout de suite le mettre en application et répéter le geste jusqu’à ce que le cerveau l’intègre. Le fait de faire plusieurs fleurs est un bon exercice : pour la première c’est la galère et la sixième se fait presque sans réfléchir. Après, ça donne envie d’essayer d’autres motifs !  

J’espère que cet article vous a donné envie d’activer vos doigts et de vous mettre à broderie Maya, si c’est le cas lancez-vous et partagez cet article avec vos amis Sourire, car broder en groupe c’est encore plus marrant !

A Bientôt !