Broderie et tradition textile au royaume Kuba

congo

République démocratique du Congo

La république démocratique du Congo abrite des traditions textiles exceptionnelles ! Je veux parler des textiles Kuba. Le royaume Kuba existe depuis le XVIIème siècle et regroupe un ensemble de peuple bantous. Depuis de nombreux siècles ils fabriquent du textile à partir de raphia. Les hommes préparent la fibre et la tissent. Ensuite, les textiles sont embellis par les femmes à l’aide de broderies, d’appliqués, ou de teinture. En fonction des ethnies, il existe différents types de textiles. Par exemple, certains tissus en raphia sont fins comme du lin, d’autres sont très lourds. Comme les tissus Kuba sont très longs à réaliser, il sont chers et liés au rang social. La tradition dit que les meilleures brodeuses sont les femmes enceintes car elles peuvent se consacrer pleinement à leur ouvrage. Elles réalisent des motifs géométriques complexes et symboliques. Ces motifs reproduisent les scarifications ethniques. Certains motifs symbolisent le pouvoir et la royauté.

panneau de textiles Kuba

Textiles Kuba

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Jupe de femme Kuba (détail)

Paul Klee

Tableau de Paul Klee

Des artistes européens comme Klimt, Klee, Picasso, Matisse étaient fascinés par les textiles kuba. Cela a influencé et inspiré leurs propres créations artistiques. Matisse possédait des panneaux de textiles Kuba et il en avait accroché aux murs de sa chambre. Dans sa correspondance, il indique que ces textiles lui ont inspiré ses collages.   

Les Shoowas, une petite tribu du royaume Kuba, réalisent un textile particulièrement sophistiqué : le velours Kasaï. En effet, les femmes “surbrodent” leurs motifs avec une fibre de raphia courte qu’elle vont couper à ras de l’étoffe ce qui va donner le toucher velours.

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Velours Kasaï

 

Il existe un ouvrage en anglais qui parle de l’art de ce peuple peu connu. Il s’intitule “Shoowa Design” et il est écrit par Georges Meurant.

 

Je vous invite à vous rendre sur ma page facebook afin de voir plus d’images.

A bientôt !

La Broderie Marocaine

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Villa Majorelle (Maroc)

Après la belle rencontre que j’ai faite avec la brodeuse sénégalaise Gniniane Coly, j’ai voulu en savoir plus sur la broderie en Afrique. Comme l’Afrique est un vaste continent, il me sera difficile de parler des traditions de tous les pays. J’ai donc décidé de choisir un pays dans chaque grande région africaine, que les pays dont je ne parlerais pas me pardonnent, cela n’enlève en rien de la valeur à leurs traditions …

Au nord, j’ai donc choisi de parler de la broderie marocaine.

broderie marocaine sur cuir détail

Broderie Marocaine réalisée sur du cuir

Le Maroc a belles traditions artisanales et les broderies marocaines sont particulièrement raffinées. Pratiquement chaque ville a sa tradition. Ces broderies sont imprégnées par les cultures arabes, berbères et andalouses. Elles ont été une source d’inspiration pour le grand couturier Yves Saint Laurent !

rue yves st laurent

Rue Yves St Laurent au Maroc

Certaines broderies ornent les articles en cuir comme les sacs et les babouches, ce qui fait la joie des touristes dans les souks !  sacs brodés au Maroc

babouches

Il existe une broderie très particulière : la broderie au point de Fès.

La broderie au point de Fès est une broderie à point compté réversible réalisée sur une toile serrée. C’est un travail très fin : le point ne dépasse pas 2 mm ! Les motifs sont un général d’une seule couleur. La couleur bleue rend hommage à la ville de Fès et à la Villa Majorelle.

Cette broderie transmise traditionnellement de mère en fille est très réputée et sert à orner le linge de maison. Autrefois les femmes l’utilisaient pour réaliser leur trousseau de mariage. De nos jours, c’est moins le cas mais des brodeuses professionnelles pratiquent encore cet art exigent depuis leur domicile.

Pour ceux qui voudraient se mettre à la broderie de Fès, il existe un ouvrage intitulé “L’ Art du point compté réversible : Tradition marocaine” écrit par Frédérica Calmettes qui explique comment réaliser ce type de broderie.

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Un autre ouvrage intitulé “Broderie Marocaine” de Sandrine Lefebvre-Reghay et Sandra Bahhadou présente 30 modèles de broderie marocaine qui pourront orner le linge de maison.

 

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J’espère que cet article a éveillé votre curiosité au sujet de la broderie marocaine et que vous aurez envie d’approfondir le sujet !

A bientôt !

La Broderie Sorr en vidéo avec Gniniane Coly

Aujourd’hui, je vous annonce que j’ai mis sur ma chaine YouTube une vidéo réalisée avec Gniniane Coly. Dans cette vidéo, Gniniane nous montre en image les bases de la broderie Sorr. Elle nous parle aussi de Ngaay la ville d’origine de cette broderie traditionnelle africaine et de la marque qu’elle a créé Bambidress. 

Pour visionner cette vidéo, je vous invite à cliquer sur le lien suivant :

https://www.youtube.com/watch?v=8-jSIBjd91U

A bientôt !

La Broderie Sorr présentée par Gniniane Coly créatrice sénégalaise

 

Portrait de Gnigniane Coly créatrice sénégalaiseRécemment j’ai eu le plaisir de rencontrer Gniniane Coly, créatrice et brodeuse sénégalaise de talent.

Gniniane Coly est née au Sénégal et habite en région parisienne depuis 2004. Elle a appris auprès de sa mère la broderie Sorr, une broderie traditionnelle originaire de la ville sénégalaise Ngaay. Dans cette région, beaucoup de femmes pratiquent ce style de broderie pour décorer le linge de maison, les pagnes et les vêtements d’adultes.  Après trois ans de pratique de la broderie Sorr, Gniniane a eu l’idée d’utiliser cette technique pour décorer des vêtements pour enfants. Depuis un an, elle a monté son entreprise artisanale de création de vêtements pour enfants, Bambidress. Elle travaille sur commande et elle réalise elle-même la broderie et la couture. Dynamique, elle a déjà réalisé son premier défilé le 17 décembre 2015 à Nanterre.

Gnigniane Coly pratiquant la Broderie Sorr

Gniniane a eu la gentillesse de partager avec nous la technique de la broderie Sorr.

Le Matériel :

Grande aiguille (environ 8 cm de long)

Tissu fin (voile de coton, percale…)

Fil de coton très épais importé du Sénégal. Gniniane préfère les fils bicolores afin d’obtenir un beau dégradé de couleur.

fil de coton pour la broderie Sorr  Fil de coton du Sénégal

Gabarits réalisés dans du carton qui vont permettre de créer ses motifs sur son tissu.

Gabarits pour broderie Sorr Gabarits pour la Broderie Sorr

Crayon et règle pour dessiner les motifs sur le tissu

Réalisation de la broderie Sorr :

Tout d’abord, on dessine les motifs au crayon à l’aide des gabarits et de la règle. Il faut prendre le soin de faire un nœud solide avant de commencer à broder. Puis, le principe de la broderie Sorr consiste à réaliser de grands points avant réguliers.

Début de la broderie SorrDébut de la Broderie Sorr

Ensuite, sur la ligne de points suivante, on décale le point avant d’un cran. De sorte que le fil de la deuxième ligne soit face à l’espace vide de la première ligne. On continue le motif en continuant à respecter cette alternance.

Réalisation des points de broderie Sorr  Réalisation des points de broderie Sorr

Lorsque l’on change de ligne il faut éviter de trop tirer sur les fils, sinon cela va faire froncer le tissu. On prend également soin de bien finir la ligne de sorte que le fil qui se retrouve en dessous du tissu.

 Points de Broderie SorrRésultat obtenu après la petite séance de broderie

Ce qui est agréable avec cette technique c’est que assez rapidement, on a un résultat !

Si le principe de base est assez simple, le résultat est bluffant. Même un simple point réalisé à partir de lignes tracées à la règle donne un résultat très esthétique.

Exemple de Broderie Sorr   Point de Broderie Sorr réalisé à partir de lignes droites

 

Futur collier en Broderie Sorr

Futur collier en Broderie Sorr

Vous pouvez voir les créations de Gniniane sur Instagram (sur le compte _bambidress) et elle est joignable sur Facebook (www.facebook.com/bambidress).

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A bientôt !

Comment décorer un tissu avec des pochoirs ?

 

Ca fait un moment déjà que j’ai posté mon dernier article … En effet, j’ai consacré beaucoup de temps à un projet d’art textile dont je vous parlerais plus tard…  En tout cas, je reviens plus motivée que jamais de partager avec vous ma passion Sourire  !

Comme promis la dernière fois, je vais vous montrer comment décorer du tissu avec des pochoirs en s’inspirant des motifs de bogolan.

Matériel utilisé :

Tissu en coton parfaitement lavé et repassé

Pochoir “maison” : découpé dans du papier aquarelle (sur lequel j’avais dessiné à main levée des motifs) pochoir fait-main

Pochoir “fait-main”

Peinture textile : qui se fixe au fer à repasser sur des fibres naturelles comme le coton

peinture textile

Peinture textile

Brosses pour pochoir : leurs poils sont rigides et coupés en biais

brosse pour pochoir

Brosses pour pochoir

Petite astuce : mettre en dessus du tissus à peindre un carton épais pour protéger le sol ou la table où on travaille

Le Principe :

Le principe de cette technique est de positionner le pochoir sur le tissu et de peindre par dessus en tapotant . Lorsqu’on enlève le pochoir, on découvre le motif peint sur le tissus. Pour avoir un meilleur résultat, il faut une surface de travail parfaitement plane (ce qui n’était pas mon cas et cela m’a beaucoup compliqué la tâche) et éviter aussi de mettre trop de peinture.

. peinture au pochoir

Réalisation d’un motif au pochoir

 

Réalisation d’une frise :

L’intérêt de la technique du pochoir est de pouvoir facilement reproduire le même dessin autant que l’on souhaite sur une surface donnée. J’ai donc décidé de réaliser une frise sur une bande de tissu. Il suffit pour cela de déplacer le pochoir après la réalisation de chaque motif.

réalisation d'une frise au pochoir 

Réalisation d’une frise au pochoir

Effets “spéciaux” :

Il est tout à fait possible de réaliser des motifs au pochoir en utilisant la même couleur en faisant en sorte qu’elle soit parfaitement uniforme.

Mais vous pouvez également vous amuser à créer des dégradés de couleurs. Pour cela j’ai peint la couleur que je voulais dominante avec la plus grosse brosse, ensuite j’ai utilisé la petite brosse pour apporter en petites touches l’autre couleur. dégradé de peinture au pochoir

Dégradé de couleurs des motifs réalisés au pochoir

Il est possible également de peindre un contour net autour des motifs réalisés au pochoir. Pour cela j’ai utilisé un pinceau fin (que j’utilise habituellement pour faire des tableaux à l’acrylique). J’ai cherché à apporter du contraste en utilisant une couleur qui tranche.

résultat final détail

Contours peints autour de motifs réalisés au pochoir

 

Dans la photo en dessous, vous pouvez voir la frise obtenue.

résultat final

Frise réalisée au pochoir

Une fois que la peinture sera bien sèche, je fixerais les motifs à l’aide d’un fer à repasser (sans vapeur), que je passerais sur le revers du tissu pendant environ 5 minutes. Après fixation, le dessin sera résistant au lavage et je pourrais coudre cette bande de tissu sur un drap ou un rideau pour leur apporter une touche d’originalité.

Si vous avez la curiosité de voir mes autres essais, je vous invite à vous rendre sur ma page Facebook.

A bientôt !

Comment créer son propre motif de bogolan ?

 

Comme j’habite en ville à côté de Paris, je n’ai pas à ma disposition le matériel pour faire un vrai bogolan. Néanmoins, je trouve intéressante la démarche artistique qui permet la création des motifs. J’ai voulu me mettre dans la peau d’un créateur de bogolan et créer mon propre motif porteur d’un message personnel.

Les motifs de bogolan sont symboliques. Ils possèdent un message secret accessible seulement à ceux qui savent le déchiffrer et ont pour vocation la protection de la personne qui porte le bogolan. Ce tissus permet aussi de transmettre une culture à travers des mythes, des récits historiques ou des conseils moraux. Créer un motif de bogolan c’est comme écrire une métaphore avec une sorte de code. Les traces stylisés des animaux ou des hommes sont un élément important dans les bogolans. Ces empreintes sont même la base du vocabulaire graphique.

Pour créer mon motif, je me suis inspirée d’un épisode de la vie du grand sage malien Tierno Bokar. Je voudrais faire un aparté pour partager cette petite histoire avec vous.

Tierno Bokar, grand maitre soufi, était en train d’enseigner la théologie lorsqu’un poussin d’hirondelle tomba de son nid. Personne ne vient en aide au poussin, ce qui peina beaucoup Tierno Bokar qui demanda à ce qu’on lui donne “ce fils d’autrui”. Voyant que le nid était fendu et que d’autres poussins pouvaient tomber, il montât sur une caisse et raccommoda le nid avec du fil et une aiguille. Puis, il remis le poussin dans son nid. Au lieu de poursuivre le cour de théologie, il fit un enseignement sur la charité. Il dit à ces disciples que si leur cœur était rempli de charité, il leur aurait été impossible de continuer à écouter le cour alors qu’un petit être dans la détresse criait à l’aide. Voici ce qu’il ajouta : “Celui qui apprendrait par cœur toutes les théologies de toutes les confessions, s’il n’a pas la charité dans son cœur, il pourra considérer ses connaissances comme un bagage sans valeur.” (Cette phrase et cette histoire sont tirées du livre “Vie et enseignement de Tierno Bokar” de Amadou Hampaté Bâ, que je vous recommande car il est rempli de sagesse universelle et s’adresse à tout le monde que l’on croit en quelque chose ou pas.)

Ayant en tête cette histoire, j’ai voulu donc faire des motifs stylisés en rapport avec l’hirondelle. J’ai donc commencé par dessiner un nid d’hirondelle symbolique.

motif bogolan nid d'hirondelle

Mon premier motif de bogolan : le nid d’hirondelle

 

Ensuite, j’ai voulu voir ce que donnaient des plumes d’hirondelles d’un point de vue graphique.

plumes d'hirondelle motif bogolan

Mon deuxième motif bogolan : les plumes d’hirondelle

 

Puis, j’ai voulu utilisé un motif utilisé traditionnellement par certaines ethnies africaines qui symbolise la spiritualité.

spiritualité bogolan

Motif de bogolan symbolisant traditionnellement la spiritualité

 

Mon motif doit aussi utiliser une empreinte, j’ai donc dessiné la trace du pas d’une hirondelle sur le sol. En regardant différemment, ce motif ressemble à un oiseau en plein vol vu de dessus. Ce motif symbolise l’empreinte matérielle (dans le sol) et spirituelle (dans le ciel) de l’hirondelle.

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Motif de bogolan symbolisant l’empreinte de l’hirondelle

Puis en combinant ces éléments, je peux créer des motifs plus complexes. J’appelle ces motifs : “le message de l’hirondelle”. Je vous révèle le sens caché que je lui donne : “La vie est une expérience spirituelle”.

Voici ci-dessous deux exemples de combinaisons, mais d’autres sont possibles.

message de l'hirondelle bogolan frise

Motif de bogolan personnel appelé “Le message de l’hirondelle”

 

message de l'hirondelle bogolan motif

Autre combinaison possible pour le motif de bogolan appelé “Le message de l’hirondelle”

J’espère que cet article vous donne envie de créer vos propres motifs en laissant libre cour à votre imagination.

L’objectif de ces motifs c’est de décorer des tissus pour ensuite en faire des objets. C’est pourquoi je les ai dessinés sur du papier aquarelle suffisamment “costaud” pour pouvoir en faire des pochoirs. Cela fera l’objet de mon prochain article.

En attendant, si vous avez aimé cet article je vous invite à le partager avec vos amis en cliquant sur “j’aime” juste en dessous !

A bientôt !

Le Bogolan

Bogolan Mali 1

Bogolan dans un village dogon au Mali (photo de Rogoyski)

Le bogolan est un tissus traditionnel qui trouve son origine au Mali et qui s’est propagé dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Ce tissus montre à quel point l’être humain est capable de  tirer partie de son environnement. En effet, il s’agit d’un tissus en coton teint naturellement avec des matériaux locaux. D’ailleurs son nom signifie “fait de terre” en bambara, qui est la langue la plus répandue au Mali.

La première caractéristique de ce tissus est qu’il est tissé à la main. Traditionnellement, les bandes de coton tissées sont étroites. Puis ces bandes sont cousues entre elles pour fabriquer des pièces plus grandes. Maintenant que les artisans utilisent des métiers à tisser, ils ont la possibilité de faire des pièces de tissus de plus grande largeur.

Métier à tisser au Mali

Métier à tisser au Mali (photo de Mary Newcombe)

Le tissu est d’abord teint en jaune avec une décoction de n’galama ou encore appelé bouleau d’Afrique.

Ecorces et feuilles utilisés pour la coloration

Feuilles et écorces utilisées pour teindre le tissu (photo de Rébecca)

 

Puis, il est séché au soleil.

Premier séchage du bogolan

Séchage après la première teinture à N’Domo (photo de Marian Bijlenga)

Après cette étape de séchage, le tissu jaune obtenu est appelé basilan. La teinture jaune issue des feuilles a la réputation d’avoir de nombreuses vertus médicinales. C’est pourquoi, le basilan est aussi surnommé le “medicine cloth” littéralement le “tissus médicament” !

Une fois le basilan séché, les artisans vont réaliser des dessins avec de l’argile ferrugineuse (c’est à dire contenant naturellement du fer). Il existe deux techniques pour obtenir cette argile. La première consiste à laisser fermenter l’argile pendant plusieurs semaines dans des jarres mises en terre. La deuxième consiste tout simplement à utiliser la boue du lit du fleuve Niger. Cette argile va colorer le tissus en noir grâce à une réaction chimique naturelle. Les dessins faits à l’argile seront indélébiles et auront une couleur noire intense. Ce n’est que lorsque le basilan est teint en noir, que le tissu est appelé le bogolan.

Plusieurs méthodes sont utilisées pour réaliser ces dessins. Ils peuvent être fait au moyen d’un pinceau :

– à main levée

Dessin de Bogolan réalisé au pinceau

Réalisation des dessins au pinceau (photo de Marian Bijlenga)

– ou à l’aide de pochoirs.

Réalisation de dessins au pochoir

Touristes réalisant des dessins au pochoir lors d’un atelier de formation (photo de Mary Newcombe)

Les autres outils utilisés pour réaliser les dessins sont des “stylets” en plastique.

réalisation dessin au stylé

Réalisation de dessins à l’aide d’un “stylet” en plastique (photo de Marian Bijlenga)

Parfois des animaux séchés (comme des poissons ou des grenouilles) sont recouverts d’argile et utilisés comme des tampons.

Les bogolans traditionnels sont noirs et jaunes. De nos jours, d’autres couleurs ont fait leur apparition. Le marron clair est obtenu avec des décoctions d’écorces de néré (arbre local). Le marron foncé provient du mélange du n’galama avec de l’argile. La décoloration, réalisée avec de l’eau de javel et de la lessive, donne les tons clairs ou blancs. Parfois même, on trouve du rouge fabriqué à partir de décoction d’écorce de raisin sauvage.

 

Bogolan de Ségou

Bogolan à Ségou (photo de Mary Newcombe)

En Côte D’ivoire, les Sheynas de Khorogo procèdent de façon inverse pour réaliser les motifs. Plusieurs couches de teinture jaune sont appliquées au niveau des tracés et des surfaces des motifs. Les artisans redessinent ensuite les dessins avec de la boue avec une tige de palmier, ou bien le tissu est plongé entièrement dans un bain de boue diluée. Après lavage, seules les zones du tissu au préalable teintes en jaune devient noires, le reste du tissu redevient blanc (c’est à dire reprend la couleur d’origine du coton).

Les motifs sont inspirés de la nature et de la vie quotidienne en Afrique. Jusqu’aux années 70, le bogolan était réservé aux cérémonies rituelles tribales qui marquaient les différentes étapes de la vie d’un homme ou d’une femme. Les dessins protecteurs avaient donc un usage rituel précis. Maintenant que le bogolan est connu au de-là de ses frontières, les dessins symboliques ont laissé place à des motifs géométriques à fonction plus décorative. La fabrication du bogolan a donc dû évoluer pour répondre à un demande croissante, mais reste encore artisanale. 

Au Mali, la ville de Ségou est réputée en matière de bogolan.

L’atelier N’Domo véritable référence pour le bogolan contemporain, est situé dans cette ville. L’entreprise a été fondé par le designer Boubacar Doumbia en 2004. Avant cette création, le fondateur avait créé avec des amis le groupe Kasobane qui a contribué à faire reconnaitre la technique du bogolan comme une forme d’art. Bien plus que cela, il s’agit d’une entreprise sociale dont l’objectif est d’aider l’insertion de jeunes en difficultés. De plus, la démarche est respectueuse de l’environnement. Le coton utilisé est bio. Tout est recyclé, par exemple, l’eau des teintures est utilisé comme eau d’arrosage après décantation. Cet atelier, centre de conservation des arts traditionnels, voudrait transmettre l’art du bogolan et offre des formations au Mali ou à l’extérieur.

Soroble Centre est un autre atelier incontournable de Ségou. Il a été créé par l’artiste Souleymane Coulibaly qui a promu le bogolan dans la mode féminine et les accessoires. Il a reçu le prix de l’innovation par l’UNESCO en 2009. En plus de son activité, l’artiste a créé une école gratuite pour éduquer des enfants déshérités d’un village de brousse.

 

T-shirt bogolan

T-Shirt en bogolan (photo de Marian Bijlenga)

L’art ancestral du bogolan, en plus de son esthétisme, est vraiment un atout pour le développement de pays comme le Mali. J’espère que le travail accompli en la matière continuera son expansion…

Pour le plaisir des yeux, vous pouvez poursuivre le voyage sur ma page Facebook où j’ai créé un album photo au sujet du bogolan. Et si cela vous plait, vous invite à la “liker”… A bientôt !   

Comment faire un bain de teinture d’indigo naturel ?

J’ai appris à faire une cuve d’indigo naturel avec Magali Bontoux, spécialiste des teintures naturelles. Dans cet article, j’aimerais partager cette expérience avec vous.

L’indigo en poudre est insoluble dans l’eau. L’objectif sera donc de le rendre soluble afin qu’il puisse imprégner les fibres textiles. Pour cela, il faudra créer un milieu basique (pH supérieur à 7) et anaérobie (sans oxygène), afin que l’indigo se retrouve sous sa forme réduite.

Pour réaliser cette cuve, il faudra comme matériel :

– 30 g d’indigo naturel en poudre (pour environ 10 l d’eau)

– 60 g de chaux aérienne

– 90 g de feuilles de henné ou de fructose

– une grande marmite en inox (il faut une matière inerte et ne pas utiliser d’aluminium par exemple)

– des bocaux

– des billes de verre ou un vieux mortier

– une vieille cuillère

– une balance

– deux grandes bassines

– du tissus en fibres naturelles (laine, coton, soie)

– des gants et un tablier

– un réchaud

En utilisant cette recette, vous pouvez avec 60 litres de teinture teindre 4 m de tissus (en 1,5 m de large).

1ère étape : Mettre le tissus à teindre dans l’eau

tissus dans une cuve d'eau

Cela va permettre au tissus de bien s’imprégner d’eau pour que par la suite la teinture remplace l’eau.

2ème étape : Faire une décoction de henné

Décoction de Henné

Pour cela, il faudra faire bouillir des feuilles de henné dans l’eau pendant 30 minutes. Le henné va servir d’antioxydant et empêcher l’indigo de s’oxyder dans la cuve. Il peut être remplacé par du fructose qui aura le même rôle.

3ème étape : Commencer à solubiliser l’indigo

Pour commencer à solubiliser l’indigo, la moitié de la poudre (soit 15 g) est mise dans un bocal contenant des billes de verres et on y rajoute un peu d’eau. Il faut ensuite secouer le bocal comme des maracas, comme le montre la vidéo suivante.

https://www.youtube.com/watch?v=G-dQW7IT3hk

Les billes de verres servent à écraser la poudre d’indigo. C’est pourquoi vous pouvez utiliser un mortier, si vous n’avez pas de billes de verre.

A la fin de cette étape, la consistance obtenue doit être celle de la crème anglaise. Il faut alors vider la préparation dans un petit récipient puis recommencer l’opération avec l’autre moitié de la poudre.

consistance de crème anglaise

4ème étape : Mélanger les ingrédients

La cuve contenant le henné est enlevé du feu. On peut alors y ajouter la solution d’indigo qui vient d’être préparée.

mélange des ingrédients

On mélange avec un grand bâton en bois en faisant un mouvement de vortex qui permet d’éviter d’ajouter de l’oxygène à la cuve (voir la vidéo ci-dessous).

https://www.youtube.com/watch?v=3ZU40kiRbNw

Ensuite, on ajoute la chaux qui va augmenter le pH à 12,5 et par la même occasion bruler le colorant rouge du henné. (Soyez très prudent lors de l’utilisation de la chaux et oubliez pas de mettre vos gants !) On attend 3 à 4 min, puis on peut recommencer à tourner.

Quand la cuve est prête, le liquide devient vert, de plus des bulles bleues et une pellicule cuivrée apparaissent à la surface.

bulles bleues et pellicule cuivrée

 

Il est conseillé, cependant, d’utiliser la cuve d’indigo le lendemain afin d’avoir un bleu limpide.

5ème étape : La teinture

Le lendemain de la préparation, le tissus est trempé une vingtaine de minutes dans la cuve d’indigo puis rincé à l’eau claire. Pour avoir une couleur solide, il faut recommencer cette opération au moins trois fois. A début la couleur obtenue est verte, mais au court du séchage la couleur devient bleue grâce à l’oxygène qui vient oxyder l’indigo fixé sur le tissu.

L’indigo se stabilise au bout de 2 à 3 jours, donc il est nécessaire d’attendre ce laps de temps avant de laver le tissus teint.

Cette recette est bien adaptée pour teindre la laine et la soie. Cela marche sur le coton mais le résultat est moins intense.

La recette d’indigo adaptée au coton est la suivante : 1 part d’indigo (30g), 2 parts de sulfate de fer (60g) qui remplace le henné, 3 part de chaux (90g). Le mélange se fait dans l’eau chaude du robinet (50°C), il n’est pas nécessaire de la faire bouillir.

Maintenant, à vous de jouer pour teindre naturellement vos tissus en bleu indigo !

Comme vous avez pu le voir je viens de créer une chaine You tube à laquelle vous pouvez vous abonner pour recevoir toutes les prochaines vidéos.

A bientôt !

L’Indigo pigment emblématique de l’Afrique de l’Ouest

L’indigo, pigment naturel utilisé traditionnellement dans le monde entier depuis l’antiquité, me fascine particulièrement. En Afrique de l’ouest, c’est le pigment le plus couramment utilisé. 

Il est produit par différentes variétés de plantes à indigo. Dans les régions chaudes du globe, c’est l’indigotier qui va fournir ce précieux pigment. Il existe plusieurs variétés d’indigotier, mais c’est l’Indigofera tinctoria qui est le plus commun.

 indigotier (indigofera tinctoria)

Indigotier (Indigofera tinctoria)

De nombreux pays africains fabriquent et utilisent ce pigment de façon ancestrale, chacun bien entendu le fait à sa façon. 

cuve d'indigo Nigeria

Cuves d’indigo au Nigéria

femme fabricant de l'indigo

Femme fabricant de l’indigo au Mali

 

Au Mali, la méthode traditionnelle consiste à faire fermenter des feuilles d’indigo dans un milieu rendu alcalin grâce à de la cendre et d’y ajouter des substances sucrées comme du miel, des dattes ou de la mélasse. Cette cuve est légèrement chauffée à moins de 50°C. Cette méthode est longue et prend plusieurs semaines.

Le coton teint à l’indigo est très présent dans l’habillement traditionnel de l’Afrique de l’ouest. Il est utilisé, par exemple, dans la tenue traditionnelle des Dogons au Mali.

tenue traditionelle Dogon indigo

Tenue traditionnelle au Pays Dogon (Mali)

 

vêtements indigo

Marché au Pays Dogon (Mali)

Le coton indigo est porté à tout âge par les hommes, comme par les femmes. La pratique de la teinture à réserve permet d’agrémenter le bleu indigo jugé austère en créant des motifs. Les motifs sont obtenus par nouage, couture, pliage réalisés avant la teinture. Ces actions vont empêcher l’indigo de se fixer sur ces zones et cela va créer des motifs blancs. Ces motifs reflètent l’environnement des teinturiers.  Par exemple, les V superposés symbolisent les tresses des femmes. Dans la photo en dessous, le tissus du milieu comporte trois “paniers” qui symbolisent l’argent, l’éducation et le pouvoir. Certains motifs ont même des significations secrètes réservées aux initiés.

textile indigo nigeria

Indigo au Nigéria (photo d’Eugène Kim) 

Actuellement, l’indigo de synthèse supplante l’indigo naturel pour des raisons de rentabilité. Heureusement que des personnes comme le designer textile malien Aboubakar Fofana luttent pour que les savoir-faire ancestraux ne meurent pas.

J’ai eu la chance d’apprendre à faire une cuve d’indigo naturel avec l’artisan de talent Magali Bontoux. Je partagerais cette expérience avec vous la prochaine fois.

En attendant, si vous avez aimé cet article, cliquez sur “j’aime” pour le partager avec vos amis ! A bientôt !

Comment relooker un fauteuil BZ grâce au Wax ?

Les fauteuils BZ sont pratiques et peu couteux mais leur potentiel décoratif est assez limité. Mon idée est de donner une touche d’originalité à cet objet banal. Je vais donc vous montrer comment j’ai réalisé une housse en wax pour mon fauteuil BZ.

Voulant créer une atmosphère calme, je me suis dirigée vers des couleurs sombres. Mais une touche d’anis apporte de la gaieté. Le wax que j’ai acheté provient du Nigéria. Pour connaitre la provenance du wax et être sûr de sa qualité, c’est facile : c’est écrit dessus !

Wax du NigeriaWax du Nigéria

A l’époque où j’ai acheté ce tissu, j’ignorais que les motifs avaient une signification. Pour moi, les motifs de mon tissu ressemblent à des cabosses de cacao et cela réjouit mon côté gourmand !

J’avais décidé de mixer mon morceau de wax avec des tissus en coton unis assortis pour différentes raisons. D’une part, je trouvais cette association agréable à l’œil . D’autre part, cela me permet d’avoir suffisamment de tissus pour faire la housse et d’autres projets.

Pour réaliser cette housse, j’ai utilisé directement le fauteuil comme gabarit. Tout d’abord, j’ai fixé le tissu (en double exemplaire) sur le coté du fauteuil grâce à des épingles. (Pour des raisons de sécurité, il faut bien veiller à ce que votre entourage ne s’approche pas du fauteuil tant qu’il y a des épingles dessus !)

 prise de dimension

Puis, j’ai coupé les deux tissus en gardant une marge de couture d’environ 3 cm. En un seul geste, j’ai donc coupé la partie droite et gauche de la housse.

                                                    tissu coupé              ajustement

La partie la plus délicate de cette coupe, c’est l’angle de l’assise. Il faut veuillez à ce que cette partie soit bien ajustée pour que la forme de la housse épouse bien celle du fauteuil. Pour cela, j’ai fait une petite entaille au ciseau pour faire l’ajustement nécessaire et bien ouvrir le tissus  au niveau de cet angle.

Une fois les tissus correspondant aux cotés du fauteuil coupés, il faut couper les tissus qui vont être dans la partie centrale, toujours en gardant une marge de couture d’environ 3 cm au niveau de la longueur et de la largeur.   

J’ai ensuite assemblé les pièces de tissus (composant la partie centrale de la housse) à la surjeteuse.

Surjeteuse Brother Surjeteuse Brother

Cela m’a permis de réaliser l’assemblage en un temps record. En effet, le tissu est assemblé, coupé et surpiqué en un seul geste. La surjeteuse permet vraiment d’avoir une finition impeccable avec peu d’efforts. 

                                                       assemblage à la surjeteuse       couture à la surjeteuse

 

Cet assemblage se fait sur l’envers du tissus. Mais comme vous le voyez, il y a peu de différence entre l’endroit et l’envers d’un wax de qualité.

Il faut ensuite vérifier si l’assemblage de tissus réalisé recouvre bien la partie centrale du fauteuil : à l’avant, à l’arrière et cela jusqu’au sol. Une marge de couture d’environ 5 cm doit être également prévue pour pouvoir réaliser un ourlet tout en bas de la housse. 

assemblage wax et coton

Ensuite, j’ai assemblé la partie centrale avec les cotés de la housse. Comme l’opération était un peu délicate et que c’était la première fois que je réalisais ce type d’ouvrage, je n’ai pas directement assemblé à la machine. J’ai tout d’abord fait une couture provisoire à la main avec un fil à bâtir.

assemblage de la housse en wax 

J’ai ensuite passé cette couture provisoire à la machine et retiré le fil à bâtir tout simplement en tirant dessus. Une fois l’assemblage et les finitions faites, il ne reste plus qu’à réaliser l’ourlet, en repliant le tissus sur lui-même. Pour plus de maitrise, j’ai d’abord cousu à la main. Puis, j’ai fait un point avant à la machine au-dessus de cette couture provisoire.

ourlet de la housse Ourlet de la housse en wax

 

Une fois l’ourlet cousu, la housse est finie et il ne reste plus qu’à profiter du résultat !… Mais comme j’étais lancée, dans la foulée j’ai également cousu des coussins assortis et recouvert une petite méridienne.

Cela m’a pris un après-midi pour réaliser cela et relooker mon salon.

 fauteuil BZ et  Wax

 

 

J’espère que cet article vous donne envie de faire la même chose chez vous.

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